ღ♥ Mon aire de repos ღ♥

André Gide: "Le plus grand bonheur après qu'Aimer est de confesser son Amour..."... pour sa passion. Mon aire de repos : un temps de pause, des pensées, des écrits (scolaires ou non), du ciné, des livres… I’m lovin’ it !

jeudi 3 décembre 2009

Extrait de René de Chateaubriand, Commentaire

« Je ne sais ce que le ciel me réserve, et s'il a voulu m'avertir que les orages accompagneraient partout mes pas.friedrich L'ordre était donné pour le départ de la flotte; déjà plusieurs vaisseaux avaient appareillé au baisser du soleil; je m'étais arrangé pour passer la dernière nuit à terre, afin d'écrire ma lettre d'adieux à Amélie. Vers minuit, tandis que je m'occupe de ce soin, et que je mouille mon papier de mes larmes, le bruit des vents vient frapper mon oreille. J'écoute; et au milieu de la tempête, je distingue les coups de canon d'alarme, mêlés au glas de la cloche monastique. Je vole sur le rivage où tout était désert, et où l'on n'entendait que le rugissement des flots. Je m'assieds sur un rocher. D'un côté s'étendent les vagues étincelantes, de l'autre les murs sombres du monastère se perdent confusément dans les cieux. Une petite lumière paraissait à la fenêtre grillée. Etait-ce toi, ô mon Amélie, qui prosternée au pied du crucifix, priait le Dieu des orages d'épargner ton malheureux frère? La tempête sur les flots, le calme dans ta retraite; des hommes brisés sur des écueils au pied de l'asile que rien ne peut troubler; l'infini de l'autre côté du mur d'une cellule; les fanaux agités des vaisseaux, le phare immobile du couvent; l'incertitude des destinées du navigateur, la vestale connaissant dans un seul jour tous les jours futurs de sa vie; d'une autre part, une âme telle que la tienne, ô Amélie, orageuse comme l'océan; un naufrage plus affreux que celui du marinier: tout ce tableau est encore profondément gravé dans ma mémoire. Soleil de ce ciel nouveau maintenant témoin de mes larmes, écho du rivage américain qui répétez les accents de René, ce fut le lendemain de cette nuit terrible, qu'appuyé sur le gaillard de mon vaisseau, je vis s'éloigner pour jamais ma terre natale! Je contemplai longtemps sur la côte les derniers balancements des arbres de la patrie, et les faîtes du monastère qui s'abaissaient à l'horizon. »

                             Sous le consulat de 1802, alors que Chateaubriand est en exil à Londres paraît Du vague des passions, d’abord rattaché au Génie du Christianisme, ou de ce mal du siècle dont il est lui-même en proie, et en son sein René. Dans le passage que nous allons étudier, René, qui vient de recevoir une lettre de sa sœur Amélie, réfugiée dans un couvent pour éteindre sa coupable passion, conte sa dernière nuit en sa terre natale avant le départ pour le nouveau monde. René, devenu l’un des types même du personnage romantique fait preuve d’une sensibilité exacerbée en cette dernière nuit. En quoi comme l’a écrit Senancour, ce romantisme ne se résume pas seulement à un paysage mais se produit par la rencontre entre ce paysage et l’émotion ? Dans un premier temps nous relèverons la poétique des sens entre vue et ouïe, ensuite nous noterons la forte emprunte mélancolique et enfin  nous insisterons sur la relation métonymique et ambiguë quand l’âme fusionne avec ce qui l’entoure.

                        Le personnage de René évolue dans un univers de figurations où tout autour de lui n’est que sensations multiples. Personnage seul aux aguets des signes de la nature « j’écoute, je distingue, je contemple », il est toute vue et toute ouïe entretenant une véritable poétique des sens. René avance dans un espace en constant mouvement, où les éléments se déchaînent. On croise au fil des lignes le schème de paysages tourmentés avec « orages, vents, tempêtes, rugissement des flots, vagues, océan ». De cette nature en activité, René réalise une véritable hypotypose, où sous les yeux du lecteur les descriptions s’animent. Les adjectifs prolifèrent « désert, étincelantes, sombres, petite, malheureux, brisés, immobile, orageuse, affreux, terrible, natal »,  toujours dans ce désir d’exhaustivité. Alors que tout autour de René ne semble pourtant que fantôme, l’être le plus réel ici apparaît en cette mer où « s’étendent des vagues étincelantes ». Les phrases courtes, de style parataxique, suivent le mouvement houleux ou saccadé de l’eau et même la ponctuation abondante forme une prose qui en suit le rythme.

En cette atmosphère sombre et tourmentée, René semble réaliser ses pensées en visions d’art. Emprunt d’un réseau sémantique pictural, il offre une trace subjective de ce qu’il appelle lui-même « tableau » : « gravé, je contemplai, je distingue ». Cette ekphrasis n’est pas sans rappeler certaines peintures de G.D Friedrich, « au baisser du soleil, je m’assieds sur un rocher»… Et de nouveau la ponctuation se met au service de la description avec les « : » précédant l’image du tableau. Le figé de ces paysages de peintre transparaît aussi grâce au champ lexical de l’immuable avec « asile que rien ne peut troubler, le phare immobile, la vestale connaissant dans un seul tous les jours de sa vie, tableau gravé ». Le personnage éponyme réalise même un tableau de genre avec le départ de la flotte « Je contemplai longtemps sur la côte les derniers balancements des arbres de la patrie, et les faîtes du monastère qui s’abaissaient à l’horizon. »

            Comme nous venons de le constater, René porte une attention toute particulière au contexte visuel dans lequel il évolue. Cependant sa sensibilité ne se limite pas à ce seul sens et est agrémentée de celui de l’ouïe « j’écoute, je distingue». On constate une certaine musicalité, isotopie du bruit, variant entre celle de la nature « le bruit des vents vient frapper mon oreille, le rugissement des flots » et celles de constructions humaines, à l’opposées l’une de l’autre « les coups de canons, le glas de la cloche monastique ». Les « coups de canons » semblent violents comme la tempête, et à contrario le « glas de la cloche » est paisible et monotone. Sur ce dernier son régulier au tempo très lent, on ne peut qu’entendre ou lire une véritable osmose du personnage avec son environnement. Devant la force des éléments qui se déchaînent « Je ne sais ce que le ciel me réserve, et s’il a voulu m’avertir que les orages accompagneraient partout mes pas» on rencontre un être martyr en proie à une réelle mélancolie. 

                        « Il y avait autrefois un grain de sable qui se lamentait d’être un atome ignoré dans les déserts» avait écrit Voltaire. Face à cette immensité « l’infini de l’autre côté du mur d’une cellule » opposé au choix d’enfermement religieux de sa sœur « mur, fenêtre grillée, mur d’une cellule » René semble comme victime de la fatalité « ce que le ciel me réserve, tous mes pas, dernière nuit, adieux, pour jamais ». Et de facto, mené par cette destinée dont il ne semble pas maître, il est submergé d’incertitudes « confusément ». Ce « moi » qui toujours se cherche et se déchire est en proie à ses doutes, à ses désirs contraires qui transparaissent au travers la négation « je ne sais ». Ce sont ses premiers mots, à la suite de la dernière lettre d’Amélie et à la limite du pathétique qui semblent placer René dans un cadre confus qui mènera toute sa vie. Notons que l’histoire de René prend pour appui une insatisfaction latente et un profond sentiment d’incomplétude : ici René part mais c’est qu’il ressent qu’il n’a guère le choix « écho du rivage américain qui répétez les accents de René », il est en quelques sortes appelé et c’est désespéré que le jeune homme s’embarque pour l’Amérique. Précédemment Amélie, elle aussi avait quitté sa terre afin de bannir sa « criminelle passion ». Aucun des deux ne suit la destinée qu’il aurait espérée : « ton malheureux frère ».

            René, lors de sa « dernière nuit à terre » est anéanti par une grande solitude, « sur le rivage où tout était désert, je m’assieds sur un rocher ». Comme nous l’avons déjà noté, il n’a pour seule compagnie dans ce désert d’hommes que la mer et ses pensées pour Amélie. La prise de parole à la première personne « je » ainsi que la richesse en verbes pronominaux dans ce court extrait « je m’étais arrangé, je m’occupe, je m’assieds » sont elles-mêmes démonstratives d’une valeur réflexive, soit d’une clôture sur la sphère du sujet même : René est seul face à lui-même. La tonalité profondément lyrique dépeint un homme affligé d’une tristesse fondamentale. La thématique des larmes est répétée à deux fois « je mouille mon papier de mes larmes, maintenant témoin de mes larmes ». Comme l’a écrit Ste-Beuve « Les Renés purs sont des malades pour chanter et souffrir, puis jouir de leur mal, des romantiques moins par dilettantisme : la maladie pour la maladie ». Devant la « béance » de son cœur, le seul ressort de René est bien le lyrisme et l’élégie. Il est même supporté dans sa solitude par le « glas de la cloche monastique » qui accompagne généralement les cérémonies funèbres…

            Les romans Atala et René sont souvent considérés comme des chants de l’exil. Cette dernière prise de parole de René est celle qui précède son départ « L’ordre était donné pour le départ de la flotte ; déjà plusieurs vaisseaux avaient appareillés au baisser du soleil ». Il n’est donc pas surprenant d’y rencontrer la thématique du lieu perdu, concomitante à la nostalgie « je m’étais arrangé pour passer la dernière nuit à terre, afin d’écrire ma lettre d’adieux à Amélie ». Contrairement à la nostalgie d’Ulysse qui ne pleurait que le retour au pays natal, René est celui qui « appuyé sur le gaillard de [son] vaisseau » fait ses adieux. Il parle de « mémoire, je vis s’éloigner pour jamais ma terre natale, la patrie ». Alors que la première partie de son récit est marquée par le présent « je ne sais, je vole, je m’assieds », la fin, assez paradoxalement joue entre temps du passé « je contemplai, s’abaissaient ». Au lieu d’être tourné vers l’avenir, René reste suspendu à son passé. Et pourtant, nonobstant son mal, embarqué sur cette mer de l’errance, assurément contraint par quelque force il s’ouvre à une dimension plus exotique « rivage américain, Soleil de ce ciel nouveau, maintenant ». Cette recherche de l’exotisme n’est au demeurant pas sans rappeler le roman gothique anglais qui prenait souvent pour cadre de nouveaux paysages. Cette quête s’harmonise avec l’atmosphère mystique qui règne en cette première partie, entre les « murs sombres du monastère se perdent confusément dans les cieux», le paysage nocturne « vers minuit » et la « tempête »…

« Quand j’entends gronder les orages, et que l’oiseau me vient battre des ailes à ma fenêtre, moi, pauvre colombe du ciel, je songe au bonheur que j’ai eu de trouver un abri contre la tempête » écrivait Amélie dans son ultime lettre. Le tableau final décrit par René oppose sous divers angles l’agitation terrestre dans laquelle il évolue « la tempête sur les flots, hommes brisés sur des écueils, les fanaux agités des vaisseaux » et l’aspect céleste de la retraite d’Amélie « le calme dans ta retraite, l’asile que rien ne peut troubler », antinomie qu’Amélie avait déjà relevée. Le personnage romantique, les émois du héros et la vie intime de l’individu se manifestent ainsi comme l’expression d’une fusion totale de l’âme avec ce qui l’entoure, dépeignant une réelle relation métonymique. Sous ce parallélisme, René fait de chacun d’eux de véritables allégories : il est la tempête dans ses sentiments mitigés, partir ou rester auprès d’Amélie à qui il voue une affection infinie « ô mon Amélie, ô Amélie », elle est l’abri par le lieu où elle demeure « l’asile que rien ne peut troubler ». Accumulant les asyndètes, cette phrase longue de près de cent mots en acquiert un certain rythme qui rend palpable la tension de René, esprit troublé quant à son départ mais calme rassurant d’autre part « une petite lumière paraissait à la fenêtre grillée ».

Cette relation métonymique, d’association entre état d’âme et environnement offre à  l’auteur la possibilité d’une part d’ombre, tout n’est pas dit explicitement, et malgré l’allégorie, l’environnement n’enveloppe pas les personnages dans leur intégralité.  En dépit du cadre de vie monastique d’Amélie, René relève un contraste, il est celui qui part en mer « navigateur », et c’est pourtant sa sœur qui a « l’âme […] orageuse comme l’océan ». L’asyndète quant à elle, suspend en quelques sortes la séquence qui apparaît donc comme une série ouverte, laissant l’esprit libre aux lecteurs. Remarquons aussi que René dresse surtout le tableau d’un havre de paix en ce qui concerne le bâtiment monastique en lui-même. La religion en elle-même semble mise à distance, de l’essence même il n’en est question que dans une unique phrase « Etait-ce toi, ô mon Amélie qui, prosternée au pied du crucifix, priais le Dieu des orages d’épargner ton malheureux frère ! ». Et encore est-il précisé « le Dieu des orages ». Ajoutons à cela qu’Amélie, qui lors de sa précédente lettre se disait unie à

la Vierge

est ici comparée à une « vestale », soit l’une de ses femmes qui faisait vœu de chasteté durant trente ans et veillait chaque jour à ce que le feu de la déesse Vesta ne s’éteigne. Mais le culte des ces prêtresses n’a rien de chrétien puisque qu’il s’inspire d’une divinité latine. Cet éloignement de la religion n’est pas sans laisser songeur, en ce moment douloureux de son existence, René ne verrait-il plus la présence de Dieu mais seulement « les faîtes du monastère » ? La suite de la lecture semble aller dans ce sens, quand, hors de notre objet d’étude, le Père Souël lui reproche « la solitude est mauvaise à celui qui n’y vit pas avec Dieu »…

                        En conclusion, René, homme seul à l’âme troublée apparaît comme le type même du héros romantique. Baigné de paysages de peintres, à travers la tempête, les houles et l’infini de la mer, tantôt il amplifie tantôt il modèle son mal être. Ce « naufrage plus affreux que celui du marinier » n’est plus seulement métaphoriquement causé par « un aveu sorti du sein de la tombe », il revêt le sens nouveau, plus prophétique, d’un bonheur qui ne sera jamais trouvé…

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dimanche 22 novembre 2009

Creative writing about MYSTERY

Oh pauvre de moi qui ai oublié bien des choses en anglais, je le lis toujours mais alors l’écrire est une peine pour ce qui est des temps… Bref, petit essai, gentiment mystérieux et encore, demandé à la fac, ah retour en enfance...

choosetell_fairytales

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            When I was young, a little girl with two braids, I dreamt about candies, fairytales and travels. I always saw me at the prow of a boat, crossing the Mediterranean sea and losing me in the saharadesert with stars for only friends… I always lived in my dreams finding reality too insipid, I was the girl who waited for the prince charming, I was the girl who wanted to change the world…

            One day, when I was seated on a chair at the back of the classroom, studying the shape of clouds across the window, my teacher asked:

-         Have you ever dreamt of discovering new peoples, new ways of life?

And she put on her desk a pack of letters.

-         This, she continued, will be your treasure, this, will change your life, this, will give you, new friends!

I was eight years old and I understood that my teacher result all my class in a correspondence with little Africans. One by one we took a letter for discover our correspondent. Mine called Jaro, he came from cameroun and he was ten years old. In his letter he spoke about his family (nine brothers!!) and his country. I was so surprised, he seemed to show me a life I couldn’t imagine with lot of sun and dryness. His family lived far from the sea and he never saw waves, just sand. My thoughts were already next to Jaro when the teacher gave us our ‘mission’:

-         Maybe you are so astonished by them habits, lot of them have never seen other things except them villages. Let’s present to them our beautiful but mystery country, let them living with us the time of a reading.

And our usual exercise of grammar and vocabulary became a new game: speaking, dreaming with someone who lived under the equator… I was in my element, I was so happy, my words came alone, my inspiration piloted me. Our letters finished, the teacher gave us one week to find something which could appear mysterious for our correspondents. Something mysterious, something extraordinary for them, something they couldn’t ever see. The day we must give our present, it snowed. Our teacher has foreseen to send all our works after the class. I hold her my magic box; I have discovered how to create it in one of my fairytales books, with bark of maple, feathers of bird and lots of secrets like that. It was my mystery and I didn’t want to tell what it contained.

Shhhhh, in my magic box I have put… a flake of snow…

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samedi 14 novembre 2009

Fiche Oeuvre, Les Caprices de Marianne d'Alfred de Musset

les_caprices_de_Marianne

Fiche_Oeuvre_Musset <= Une analyse complète (ou qui se veut) de l'oeuvre.

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dimanche 8 novembre 2009

L’adolescence Clémentine, Clément Marot, Rondeau LC, commentaire linéaire

                        XVIème  siècle, 1532, Clément Marot publie L’adolescence clémentine.  Se jouant de divers genres entre complaintes, épîtres, épitaphes, épigrammes, élégies, ballades, Marot relie avec la tradition et la forme médiévale qu’est le rondeau. Digne héritier de son père Jean Marot l’un des Grands Rhétoriqueurs, Clément est cependant bien éloigné du simple exercice de jeunesse que le titre de l’œuvre aurait pu laisser soupçonner. Le Rondeau LV, dédié à Anne d’Alençon, nièce de ses protecteurs, double en raison de ses quinze vers, laudatif en raison de ses mots, plus qu’une pâle imitation de formes fixes tend à une évolution vers une forme nouvelle et plus libre. Comment, à travers cette ronde, Marot, inspiré de la principale muse des enfants d’Apollon fait-il renaître le poète de ses cendres ?

Nous étudierons ce rondeau ainsi que sa modernité, à travers l’image du phœnix nous illustrerons la sortie des ténèbres d’un homme, enfin nous noterons la fureur et le lyrisme animant cette évolution.  

                        Au Moyen Age le rondeau, ce poème bref, était dit simple et se composait de sept ou huit vers construits sur deux rimes, le rentrement, quant à lui, apparaissait au début et à la fin et le quatrième vers reprenait le premier. Ce rondeau était celui rencontré dans Le Roman de la rose par exemple.

            Puis il a évolué en s’allongeant, comme c’est le cas ici puisque le rondeau LV est désormais constitué de quinze vers, ce qui en fait un rondeau double. Et vers le XVème siècle le rondeau à forme fixe du Moyen Age a cédé la place à une plus moderne, pour un rondeau en décasyllabes « Trop plus qu’en autre en moi s’est arrêté » (v.1) composé de deux quintils encadrant un tercet, le rentrement serait de quatre syllabes. « Trop plus qu’en autre », reprenant jusqu’à la césure le premier vers, est ainsi répété à trois fois dans le rondeau, à la fin du tercet ainsi qu’à celle du quintil final. Il est à noter que l’on ne tient compte du rentrement pour ce qui est du nombre de vers par strophe, ni pour les rimes.

            Le travail sur le rythme et les sonorités est cependant resté très important comme en témoigne le système des deux rimes en ‘’ ou ‘esse’ en chaque fin de vers. Le rondeau moderne, de genre mondain et raffiné, plus libre par ses exigences se devait tout de même d’être à la fois ingénieux et beau.

            Selon Sébillet, dans son Art poétique, le rondeau est ainsi nommé en raison de sa forme, « après avoir discouru toute la circonférence, on rentre toujours au premier point duquel le discours avait commencé ». Cette forme ronde est doublement rappelée dans le poème même par le signifié (rime en ‘onde’) et le signifiant du nom « Monde » (v.5). Une fois que « tout est dit », on retourne au premier hémistiche pris à son commencement. Le rentrement entraîne plus de vivacité mais aussi une sorte de « suspens dilatatoire ». Entre chaque strophe, une pause, le rentrement change de sens et « appelle dans l’esprit du lecteur des échos deux fois renouvelés ».

            De même que les rimes plates qui semblent continuellement fraterniser : les deux vers premiers de chaque quintils en ‘’, le tiers et le quart de même en ‘esse’ et enfin le cinquième vers symbolisant avec les deux premiers pour ce qui est des quintils, et les rimes consonantes aux trois premiers vers du premiers couplet pour le tercet. Ces rimes forment à elles-seules une sorte de ronde où chacune donnerait la main à l’autre, rappelant qu’avant sa prise d’autonomie le rondeau était associé à la danse et à la musique.

            Jacques Peletier avait signalé que dans chaque couplet « la sentence devait être accomplie ». Ne laissant pas de vers traînant, chaque strophe illustre un thème qui n’est pas sans rappeler le cycle de la vie, de « mort » (v.5) à « vivre » (v.7). Cycle valable pour l’homme mais aussi pour les saisons «  hiver, et été » (v.2). Ce rondeau est donc bouclé et ouvert car l’on peut rajouter le rentrement tout en gardant le sens parfait.

« Rondeau, où toute aigreur abonde,

Va voir la douceur de ce Monde :

Telle douceur t’adoucira,

Et ton aigreur ne l’aigrira. »

            A la différence des autres rondeaux, celui-ci est précédé d’un quatrain liminaire. Marot, qui reprend une forme plus ancienne d’écriture semble insister sur le fait qu’il ne s’agit pas seulement d’une pâle imitation, ni même peut-être d’un « simple exercice de jeunesse » comme l’aura dit Sébillet, mais d’une véritable œuvre personnelle. Ne se présentant pas en décasyllabes comme le reste du rondeau cette suscription fonctionne cependant sur deux rimes dont la fameuse en ‘onde’ et est très riche de par son contenu. En effet, on remarque une abondance de dérivations, cette figure de style concernant des mots ayant le même radical mais changeant de nature avec « aigreur / aigrira », « douceur / adoucira ». De plus l’antithèse entre douceur et aigreur est très entretenue par un réseau croisé mais aussi par une lecture verticale « aigrira » rimant avec « adoucira ».

            Si l’on se réfère au rondeau parfait de Marot où chaque vers du premier couplet était ensuite repris pour commencement de chacune des strophes, on peut voir en ce quatrain quelque ressemblance, non pas de forme mais de fond.

En effet, le premier vers « rondeau, où toute aigreur abonde » serait une parfaite introduction du premier couplet. L’aigreur dans le sens de ce qui marque figurément ce qui déplait voire offense, est très présente dans les cinq premiers vers. On voit très certainement une disposition d’esprit sombre, et un certain aigre reflet de tromperie avec « fraude, haine, vice » (v.3). Ensuite «Va voir la douceur de ce Monde » n’est pas sans annoncer le retour à la vie du tercet. Et enfin « Telle douceur t’adoucira, /Et ton aigreur ne l’aigrira. » marque le bel enthousiasme régnant au dernier quintil.

                        En quoi cette évolution du rondeau retrouve-t-elle son reflet dans son contenu, à savoir l’évolution d’un homme ?

« Trop plus qu’en autre, en moi s’est arrêté

Fâcheux ennui : car hiver et été

N’ai vu que fraude, vice, haine et oppresse

Avec chagrin : et durant cette presse,

Plus mort, que vif au monde j’ai été. »

                        Le premier quintil rimant en aabba se présente comme d’un extrême pessimisme, notons que Marot a écrit ce rondeau à sa sortie de prison en 1526… On y lit un homme parlant à la première personne « en moi » (v.1), « j’ai été » (v.5). L’Auteur parle de lui, là apparaît dès le premier vers le désir de Marot de faire une œuvre d’Auteur. Peut-être cette incursion du ‘je’ est-elle à associer à la présence même de l’exergue qui se distinguait d’œuvres fixes et purement stylistiques. Marot écrit pour parler de lui, non pas pour parfaire

la Grande

Rhétorique

: « Trop plus qu’en autre, en moi s’est arrêté » (v.1).

            Il est à remarquer que ce premier couplet est très fortement marqué par l’ellipse, présente à trois voire quatre reprises, allant parfois jusqu’à un certain agrammatisme, pour la rime d’ « oppression » avec « presse » (v.4), elle devient « oppresse » (v.3).

« Trop plus qu’en autre, en moi s’est arrêté » (v.1), trop plus qu’en un autre… Marot se peint comme un martyre. Le ‘je’ du rondeau est rongé par une peine intérieure, il éprouve un « fâcheux ennui » (v.2) qui est un sens affaibli du « chagrin » (v.4), « cette presse » (v.4) à savoir du tourment. Le pessimisme est reflété par une profonde déception du ‘je’ en ce qui concerne le monde l’entourant. Le monde humain mais aussi le monde dans sa globalité. Les sentiments humains ne sont que fausseté «N’ai vu que fraude, haine, vice et oppresse » (v.3) et les saisons même ne changent rien à son tourment « été » (v.2) rime avec « arrêté » (v.1), comme si l’espoir d’un nouvel été, symbole de la vie épanouie, des fruits, n’était plus. Ni soutenu intérieurement, ni extérieurement, ce ‘je’ est seul, il s’en oublie même au vers 3 ou le ‘je n’ai vu’ n’est plus qu’un « n’ai vu ». Ce premier couplet présente donc Marot comme ‘cerné’ entre « hiver » (v.2) et « chagrin » (v.4), ne pouvant éviter la chute finale du vers 5 «Plus mort que vif au monde j’ai été ».

            L’ellipse pour nous obliger toujours à rétablir  mentalement ce que l’auteur passe sous silence, mais aussi et surtout parce qu’elle symbolise l’absence, le manque de quelque chose. Serait-ce là les prémisses du mal de Marot ?

« Mais le mien cœur (lors de vie absenté)

Commence à vivre, et revient à santé,

Et tout plaisir vers moi prend son adresse,

Trop plus qu’en autre. »

            Le dernier couplet du quintil s’achevait sur « Plus mort que vif au monde j’ai été » (v.5). Ce « vif », au sens de « vivant » était le seul symbole animé de la strophe, passé inaperçu car noyé dans une obscurité généralisée. Cependant, connaissant la forme ronde du poème, où chaque vers est lié à l’autre, on peut donc percevoir en cet adjectif l’annonce du thème du tercet qui suit. En effet, le premier vers, le sixième donc, commence par un afflux de vie dans ce qui est le plus représentatif « Mais le mien cœur ». Un cœur qui bat c’est un corps qui vit, et de facto, de par la rime quasi-équivoquée de « vie absenté » (v.6) à « revient à santé » (v.7), le lecteur est témoin d’une véritable renaissance. Marot devient un phœnix, qui passe des cendres du premier quintil à la vie « commence à vivre » (v.7).

            Le tercet, comme son nom l’indique est plus bref que le quintil et les ellipses « mais le mien cœur (lors de vie absenté) » (v.6), réduisant les vers à leurs lexèmes apporte une certaine vivacité. Grand travail sur le rythme, la forme même du rondeau illustre son contenu, ce rythme saccadé, ces mots sont chacun le soubresaut d’un cœur. On remarquera la forte récurrence du son ‘vi’ avec « vie » (v.6), « vivre » (v.7), « revient » (v.7).

            « Et tout plaisir vers moi prend son adresse » (v.8) est le premier vers dénué d’omission, grammaticalement, aucun mot ne semble manquer, le rythme s’apaise, le soubresaut du cœur se transforme en un battement régulier : Marot est revenu à la vie. Du pessimisme excessif des premiers vers, Marot bascule dans un optimisme débordant « tout plaisir » sans en omettre aucun, donc chaque plaisir est tourné vers lui. De par sa renaissance il est comme un aimant qui attire à lui toute chose positive. Le rentrement «Trop plus qu’en autre » change lui-même de sens, ce n’est plus trop plus qu’en un autre homme, mais trop plus qu’en un autre cœur. En ce sens, fidèlement à ce qu’écrivait Jacques Peletier, la strophe elle-même est bouclée puisque le rentrement reprend non seulement le premier hémistiche du premier quintil mais en plus celui du premiers vers du tercet avec l’accentuation sur « Mais le mien cœur ». Marot, qui souffrait d’une incommensurable peine dans le premier quintil subit un autre excès, celui de la vie qui déborde en lui mais ce n’est plus un fardeau. Le rentrement est passé d’un sens négatif à un sens positif. Lui aussi a gagné en vivacité.

                        La renaissance d’un homme s’étant orchestrée, quelle muse ranime la fureur et le lyrisme du poète ?

Car maintenant j’aperçois loyauté,

Je vois à l’œil Amour,  et féauté,

Je vois vertu, je vois pleine liesse.

Tout cela vois : voire mais en qui est-ce ?

C’est en vous seule, où gît toute beauté

Trop plus qu’en autre.

                        Le tercet laissait le lecteur sur une brusque évolution du ressenti de Marot, qui d’un monde ingrat découvrait un monde nouveau où tout plaisir vers lui était tourné. Cependant (et bien que l’on se réjouisse pour lui) l’on restait ignorant de la raison de cette subite renaissance.  Raison qui nous est illustrée dans le dernier quintil, bouclant la forme du rondeau, « maintenant » (v.10) tout trouve son dénouement, et pour preuve, le premier vers commence par la conjonction de coordination « car » (v.10) qui non seulement, comme son nom l’indique coordonne l’articulation du poème mais aussi se met en devoir de l’expliquer. Et c’est au onzième vers que la question trouve sa réponse : l’ « Amour » avec un ‘A’ majuscule. Marot, animé d’un sentiment sincère et pur fait recouvrir à son rondeau sa qualité de jeu amoureux comme le concevait la noblesse de l’époque.

            Au premier quintil Marot était aveuglé par une absence de valeurs, dans un monde obscur, il ne pouvait ouvrir les yeux sur aucun espoir, sa vue même avait une connotation négative « n’ai vu que » (v.3).  En réponse à la renaissance du tercet,  comme son cœur, les yeux de Marot s’ouvrent aussi à la vie, à la vue, avec le champ lexical « j’aperçois » (v.10), « je vois à l’œil » (v.11), « je vois » répété à trois fois. Comme un effet de miroir inversé, là où le premier quintil s’obscurcissait de « fraude, haine, vice et oppresse » (v.3), Marot voit désormais « loyauté », « féauté », « vertu » et « beauté ». Un véritable réseau d’antinomies se dessine : la fraude, au sens de tromperie est confrontée à la légalité de « loyauté » (v.10),  la haine, sentiment non chrétien trouve son opposé dans la foi de « féauté » (v.11), le vice est contrecarré par la « vertu » (v.12) morale. Ce tableau diptyque offre une vision plutôt manichéenne du monde, avec le triomphe de la lumière sur l’obscurantisme. Peut-être faut-il voir ici une allusion à l’évangélisme prôné par Marot…

            Comme nous l’avons vu précédemment, la présence du ‘je’ fait de ce rondeau une œuvre d’Auteur. L’Amour ressenti par Marot exalte ses sentiments, sentiments d’un homme mais aussi d’un poète. Il use de l’emphase «  Tout cela » (v.13), voit tout en grand. L’Amour rend l’homme poète et le rondeau témoigne d’un lyrisme certain. Cet Amour c’est la « Fureur », l’inspiration, Marot ne ressent plus ce « fâcheux ennui » (v.2), il écrit en « pleine liesse » (v.12), il est joyeux, use de calembours comme « Tout cela vois : voire mais en qui est-ce ? ».  Ses rimes deviennent riches en cet ultime quintil avec deux sons syllabiques en fin de vers « loyauté » et « féauté » aine que « liesse » et « qui est-ce ». La récurrence du ‘v’ donne un certain dynamisme…

            Marot n’est finalement pas à l’image du phœnix puisqu’il recouvre la vie grâce à la force des sentiments. Anne d’Alançon est celle qui lui permet de renaître, et pour cela, comme il glose lui-même son rondeau, il le lui dédie « A une Dame, pour la louer ». Au vers 12 Marot use du mot  vieilli « liesse » qui déjà au XVIème siècle n’a plus d’usage que dans le discours sérieux. C’est ainsi qu’il s’écarte du caractère assez ludique du rondeau, comme le « plaisir » (v.8) en témoignait pour montrer la solennité de ses dires, sur ce dernier quintil laudatif il ne s’agit pas de plaisanter.

            La question purement rhétorique « Tout cela vois : voire mais en qui-est-ce ? » (v.13) semble destiner à flatter l’égo de ladite dame. Notons que l’insistance de Marot sur la vue n’est pas simplement à valeur descriptive, il ne se contente pas de peindre le pâle portrait d’un être n’ayant que des attraits physiques, non, la pureté de l’âme semble ici se refléter dans la pureté du corps où « où gît toute beauté » (v.14). Le « gît » rappelle le thème de la mort et des cendres du premier quintil, bouclant ainsi le rondeau. Cette dame louée représente à elle seule cette myriade des valeurs d’une femme pure moralement, religieusement comme nous l’avons relevé avec le champ lexical des qualités. Le « C’est en vous seule » (v.14), avec le ‘vous’, prénom cataphorique tombant comme l’achèvement sublime du poème. On quitte le rondeau sur ce ‘vous’, qui raisonne comme un remerciement, et un dernier honneur. 

            Le rentrement qui tour à tour a illustré un homme, un cœur, est désormais un trop plus qu’en une autre femme. L’emphase est de rigueur pour parler d’une femme de si grande importance aux yeux de Marot. Et le rondeau se referme sur lui-même.

                        En conclusion ce rondeau laudatif, animé par la muse Amour alterne entre aigreur et douceur  et dépeint le retour à la vie d’un homme mais aussi d’un poète. Le rondeau n’est pas naïf, il ne faut confondre forme et fond, cette forme, légère pourtant, n’est pas contraire à l’essor de la poésie lyrique. On notera avec quelle adresse est travaillée la signification du rentrement qui évolue à chaque couplet, ce qui n’est pas sans laisser penser aux refrains de Voiture…

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mercredi 4 novembre 2009

Ferragus, Honoré de Balzac, 1833, Mme Jules

7182637« À qui n'est-il pas arrivé de partir, le matin, de son logis pour aller aux extrémités de Paris, sans avoir pu en quitter le centre à l'heure du dîner ? Ceux-là sauront excuser ce début vagabond qui, cependant, se résume par une observation éminemment utile et neuve, autant qu'une observation peut être neuve à Paris où il n'y a rien de neuf, pas même la statue posée d'hier sur laquelle un gamin a déjà mis son nom. Oui donc, il est des rues, ou des fins de rue, il est certaines maisons, inconnues pour la plupart aux personnes du grand monde, dans lesquelles une femme appartenant à ce monde ne saurait aller sans faire penser d'elle les choses les plus cruellement blessantes. Si cette femme est riche, si elle a voiture, si elle se trouve à pied ou déguisée, en quelques-uns de ces défilés du pays parisien, elle y compromet sa réputation d'honnête femme. Mais si, par hasard, elle y est venue à neuf heures du soir, les conjectures qu'un observateur peut se permettre deviennent épouvantables par leurs conséquences. Enfin, si cette femme est jeune et jolie, si elle entre dans quelque maison d'une de ces rues ; si la maison a une allée longue et sombre, humide et puante ; si au fond de l'allée tremblote la lueur pâle d'une lampe, et que sous cette lueur se dessine un horrible visage de vieille femme aux doigts décharnés ; en vérité, disons-le, par intérêt pour les jeunes et jolies femmes, cette femme est perdue. Elle est à la merci du premier homme de sa connaissance qui la rencontre dans ces marécages parisiens. Mais il y a telle rue de Paris où cette rencontre peut devenir le drame le plus effroyablement terrible, un drame plein de sang et d'amour, un drame de l'école moderne. Malheureusement, cette conviction, ce dramatique sera, comme le drame moderne, compris par peu de personnes ; et c'est grande pitié que de raconter une histoire à un public qui n'en épouse pas tout le mérite local. Mais qui peut se flatter d'être jamais compris ? Nous mourons tous inconnus. C'est le mot des femmes et celui des auteurs.

À huit heures et demie du soir, rue Pagevin, dans un temps où la rue Pagevin n'avait pas un mur qui ne répétât un mot infâme, et dans la direction de la rue Sol, la plus étroite et la moins praticable de toutes les rues de Paris, sans en excepter le coin le plus fréquenté de la rue la plus déserte ; au commencement du mois de février, il y a de cette aventure environ treize ans, un jeune homme, par l'un de ces hasards qui n'arrivent pas deux fois dans la vie, tournait, à pied, le coin de la rue Pagevin pour entrer dans la rue des Vieux-Augustins, du côté droit, où se trouve précisément la rue Soly. Là, ce jeune homme, qui demeurait, lui, rue de Bourbon, trouva dans la femme, à quelques pas de laquelle il marchait fort insouciamment, de vagues ressemblances avec la plus jolie femme de Paris, une chaste et délicieuse personne de laquelle il était en secret passionnément amoureux, et amoureux sans espoir : elle était mariée. En un moment son cœur bondit, une chaleur intolérable s’ourdit de son diaphragme et passa dans toutes ses veines, il eut froid dans le dos, et sentit dans sa tête un frémissement superficiel. Il aimait, il était jeune, il connaissait Paris ; et sa perspicacité ne lui permettait pas d'ignorer tout ce qu'il y avait d'infamie possible pour une femme élégante, riche, jeune et jolie, à se promener là, d'un pied criminellement furtif. Elle, dans cette crotte, à cette heure ! L'amour que ce jeune homme avait pour cette femme pourra sembler bien romanesque, et d'autant plus même qu'il était officier dans la garde royale. S'il eût été dans l'infanterie, la chose serait encore vraisemblable ; mais officier supérieur de cavalerie, il appartenait à l'arme française qui veut le plus de rapidité dans ses conquêtes, qui tire vanité de ses mœurs amoureuses autant que de son costume. Cependant la passion de cet officier était vraie, et à beaucoup de jeunes cœurs elle paraîtra grande. Il aimait cette femme parce qu'elle était vertueuse, il en aimait la vertu, la grâce décente, l'imposante sainteté, comme les plus chers trésors de sa passion inconnue. Cette femme était vraiment digne d'inspirer un de ces amours platoniques qui se rencontrent comme des fleurs au milieu de ruines sanglantes dans l'histoire du Moyen Age ; digne d'être secrètement le principe de toutes les actions d'un homme jeune ; amour aussi haut, aussi pur que le ciel quand il est bleu ; amour sans espoir et auquel on s'attache, parce qu'il ne trompe jamais ; amour prodigue de jouissances effrénées, surtout à un âge où le cœur est brûlant, l'imagination mordante, et où les yeux d'un homme voient bien clair. Il se rencontre dans Paris des effets de nuit singuliers, bizarres, inconcevables. Ceux-là seulement qui se sont amusés à les observer savent combien la femme y devient fantastique à la brune. Tantôt la créature que vous y suivez, par hasard ou à dessein, vous paraît svelte ; tantôt le bas, s'il est bien blanc, vous fait croire à des jambes fines et élégantes ; puis la taille, quoique enveloppée d'un châle, d'une pelisse, se révèle jeune et voluptueuse dans l'ombre ; enfin les clartés incertaines d'une boutique ou d'un réverbère donnent à l'inconnue un éclat fugitif, presque toujours trompeur qui réveille, allume l'imagination et la lance au delà du vrai. Les sens s'émeuvent alors, tout se colore et s'anime ; la femme prend un aspect tout nouveau ; son corps s'embellit ; par moments ce n'est plus une femme, c'est un démon, un feu follet qui vous entraîne par un ardent magnétisme jusqu'à une maison décente où la pauvre bourgeoise, ayant peur de votre pas menaçant ou de vos bottes retentissantes, vous ferme la porte cochère au nez sans vous regarder. La lueur vacillante que projetait le vitrage d'une boutique de cordonnier illumina soudain, précisément à la chute des reins, la taille de la femme qui se trouvait devant le jeune homme. Ah ! certes, elle seule était ainsi cambrée ! Elle seule avait le secret de cette chaste démarche qui met innocemment en relief les beautés des formes les plus attrayantes. C'était et son châle du malin et le chapeau de velours du matin. À son bas de soie gris, pas une mouche, à son soulier pas une éclaboussure. Le châle était bien collé sur le buste, il en dessinait vaguement les délicieux contours, et le jeune homme en avait vu les blanches épaules au bal ; il savait tout ce que ce châle couvrait de trésors. À la manière dont s'entortille une Parisienne dans son châle, à la manière dont elle lève le pied dans la rue, un homme d'esprit devine le secret de sa course mystérieuse. Il y a je ne sais quoi de frémissant, de léger dans la personne CM clans la démarche : la femme semble peser moins, elle va, elle va, ou mieux elle file comme une étoile, et vole emportée par une pensée que trahissent les plis et les jeux de sa robe. Le jeune homme hâta le pas, devança la femme, se retourna pour la voir… Pst ! elle avait disparu dans une allée dont la porte à claire-voie et à grelot claquait et sonnait. Le jeune homme revint, et vit cette femme montant au fond de l'allée, non sans recevoir l'obséquieux salut d'une vieille portière, un tortueux escalier dont les premières marches étaient fortement éclairées ; et madame montait lestement, vivement, comme doit monter une femme impatiente.

— Impatiente de quoi ? se dit le jeune homme qui se recula pour se coller en espalier sur le mur de l'autre côté de la rue. Et il regarda, le malheureux, tous les étages de la maison avec l'attention d'un agent de police cherchant son conspirateur. »

Introduction :

            Ferragus de Balzac, paru en 1833 dans La revue de Paris, appartient à une trilogie au titre pour le moins énigmatique : L’histoire des treize. A l’époque des romans feuilletons, « Mme Jules » est le premier extrait de cette anthologie offerte au public. On découvre dans cette Comédie Humaine une véritable fresque de la vie parisienne. Amoureux de sa ville, qu’il connait parfaitement, Balzac nous  projette jusque dans les fins de rues, où l’animation accueille parfois le hasard d’une rencontre… Entre mise en texte du social et entrecroisement fictionnel de destinées diverses, comment Balzac parvient-il à créer l’intrigue ?

I.  Mise en texte du social

                                    

1. Les rues de Paris

            Balzac, que l’on sait passionné du lumineux comme en témoigne le champ sémantique « le matin, neuve, personnes du grand monde, riche, voiture, lueur », commence sur plusieurs antinomies. D’emblée le lecteur est projeté dans un tout autre univers que celui connu du « grand monde » fastueux. L’on découvre un Paris indéniablement sale « rien de neuf, maison a une allée sombre, humide et puante, marécages parisiens, rue n’avait pas un mur qui ne répétât un mot infâme ».

Là où tout se termine, avec le champ sémantique suivant « extrémités de Paris, quitter, fin de rues, au fond de la rue » commence pourtant l’histoire : une histoire de femme(s)…

2. Un défilé de femmes clandestines

C’est le théâtre qui commence « déguisé, défilés du pays parisien », le narrateur épouse la vie qu’il côtoie dans les rues, il y a comme une naturalisation d’un univers à découvir. On y rencontre comme un cliché, tous les types de femmes du grand monde sont représentés « riche, ayant voiture, à pied ou déguisée, honnête femme, jeune, jolie » qui parallèlement se retrouvent dans un lieu où elles ne devraient être. Une sorte de seconde vue permet de deviner la vérité dans toutes les situations possibles lorsque les « deux mondes » se croisent…

3. L’apparence d’une véritable démonstration

            La conjonction « si » en introduction à une protase hypothétique est répétée à 8 reprises.  L’exposition des conditions et des différentes situations s’y adapte  à la limite du syllogisme, le lecteur est convaincu, de toute évidence toutes les possibilités ont été imaginées, il n’y a plus qu’à obtempérer. On remarquera l’absence de l’habituel « alors » ponctuant le « si », devenu inutile par l’implacabilité du raisonnement.

            L’utilisation du présent gnomique vient confirmer cette idée. Ce n’est pas comme si Balzac avait écrit au passé en parlant de plusieurs femmes.

            Les adverbes « mais, enfin, malheureusement » indiquent une sorte de hiérarchie comme un fil de Marianne. Dès les premières lignes, le lecteur est « pris en mains » par ces formes invariables auxquelles il peut se rattacher pour ne pas s’égarer dans le récit.

Transition : Typique du roman balzacien, après une copieuse phase de préparation formée de phrases longues, l’exposition minutieuse laisse place à l’intrigue.

II. Un horizon d’attente

1. La lancement de l’intrigue

          

Le style hypotaxique devient parataxe avec une accumulation de phrases juxtaposées « les sens s’émeuvent alors… ».  De l’abondance d’adjectifs typiques d’un désir descriptif, l’on est précipité dans une avalanche de verbes d’action marquant un véritable dynamisme, « tourner à pied, marcher, bondit, passer, promener, se rencontrer, suivre, lancer, se hâter, revenir, monter ». On constate ainsi une relance continuelle de l’attention du lecteur qui est invité à suivre l’action mais aussi les déambulations des personnages entre démarche pressée de l’inconnue « une femme impatiente » et celle de l’officier qui « marchait fort insoucieusement ».

De plus, les temps évoluent, du présent de vérité général l’on bascule dans le récit fictionnel avec de nombreux verbes à l’imparfait, et enfin le passé simple scelle comme le pacte de lancement du suspens.

L’on passe du général au particulier, laissant mûrir la réflexion sur le cas du rapport des femmes et du dramatique. Tout comme un entonnoir, les lieux et les personnages se précisent. De « Paris » l’on marche dans « des rues, ou des fins de rue » pour arriver à l’« une de ces rues » et enfin la « rue Pagevin ».  L’entrée en scène d’  « un jeune homme » qui devient « ce jeune homme » jusqu’à sa présentation comme un « officier supérieur de cavalerie ». De « certaines maisons » à « une femme » quelconque. Puis « des femmes » en général jusqu’à « la femme ». Il est à noter que l’article indéfini gagne en précision en devenant article défini.          

2. L’observateur

            Le rapport avec le lecteur est immédiat, d’entrée Balzac l’interpelle par une interrogation rhétorique «  à qui n’est-il pas arrivé […] ? », il le prend à partie, « ceux-là sauront ». Le lecteur est incité à réfléchir à des questions pouvant frôler l’existentialisme, « Mais qui peut se flatter d’être jamais compris ? ». On constate une évolution dans les pronoms qui d’impersonnels en viennent à impliquer l’auteur et le lecteur même, n’en faisant qu’un groupe uni « nous mourrons tous inconnus ».

            On remarquera à trois fois l’insistance sur l’ « observation ». En effet la focalisation du texte change. Dans le premier paragraphe, elle est externe, d’où cet « observateur » puis interne dans le second où l’on s’immisce jusque dans les pensées de l’officier « impatiente de quoi ? se dit le jeune homme. ».

            Mais le romancier de génie n’est pas seulement un observateur, il pénètre la réalité par l’imagination donnant forme vivante à ses pensées…

3. Mise en œuvre théâtrale

La ville de Paris est vue comme un théâtre où l’on se trouverait de l’autre côté de la scène « il est certaines maisons, inconnues pour la plupart aux personnes du grand monde ». D’où une grande place pour le mystère « déguisée ». Entre mystère et peur il n’y a qu’un pas, que Balzac franchit aisément, en n’hésitant pas à user d’adjectifs axiologiques et d’hyperboles « épouvantables, horrible, effroyablement terrible ». L’on se croirait retourné dans les contes de princesses et de sorcières avec « cette femme et jeune et jolie » qui croise cet « horrible visage de femme aux doigts décharnés ». L’accumulation d’adjectifs augmente le trouble jusqu’à devenir angoissant « allée longue, sombre, humide et puante »

            Balzac use de l’inversion du sujet pour tenir en haleine « si au fond de l’allée tremblote…la lueur pâle d’une lampe »

            Un aperçu du dramatique, en trois lignes, le mot « drame » est répété cinq fois. On imagine aisément, en cette ville parisienne, un drame mondain ou romantique, un crime passionnel « un drame plein de sang et d’amour »…

Transition : Le thème des femmes ravivé par celui du drame se situant en fin de paragraphe semble comme la prémisse d’un prétendu de crise, de violentes passions à venir, ou tout du moins de situations périlleuses...

III. Entrecroisement de destinées diverses

1. Le hasard

            Le schème du hasard est par plusieurs fois présent, apparaissant comme une porte d’entrée de la fiction « par un de ces hasards qui n’arrive pas deux fois dans la vie », il existe un « hasard social » qui veut que l’on naisse, dans une vision assez manichéenne, riche ou pauvre et le « hasard d’une rencontre »…

            Ce récit diptyque semble construit sur un réseau d’antagonisme social.  On retrouve souvent chez Balzac une esthétique socio poétique où se croisent les différentes « classes ». D’une part il y a cette femme du « grand monde », « bourgeoise, élégante, riche, châle du matin, chapeau de velours du matin, madame» et d’autre part ce jeune homme, « officier de la garde royale, officier supérieur de la cavalerie ». On verra ici le désir balzacien de peindre dans son intégralité et non dans sa singularité les mœurs parisiennes. 

Croisée des classes mais aussi croisée des mondes, le contraste est fort avec la présence incongrue « Elle, dans cette crotte, à cette heure ! », d’une femme bourgeoise avançant « d’un pied criminellement furtif » en un lieu où elle ne devrait pas décemment être.

2. Le motif amoureux

Comme Balzac l’écrivit lui-même dans la préface de La peau de chagrin, « il ne s’agit pas seulement de voir, il faut encore […] empreindre ces impressions dans un certain choix de mots et les parer de toute la grâce des images ou leur communiquer le vif des sensations primordiales. ». La « vraie passion de cet officier » se dépeint au travers un champ lexical très fourni de l’amour passionnel, « délicieux, en secret passionnément amoureux, cœur bondit, chaleur, frémissement, il aimait, amour, romanesque, mœurs amoureuses, cœur brûlant ». Balzac n’hésite pas à user de chaînes anaphoriques «amours platoniques […], amour aussi haut […], amour prodigue » ainsi que de déterminatifs portant les marques de l’emphase « La femme». D’autre part la pureté du sentiment est mise en exergue frôlant la redondance  « était vertueuse, grâce, imposante sainteté, digne »

            Le portrait élogieux de la femme aimée est peint par le champ lexical du laudatif « chaste et délicieuse personne, femme élégante, riche, jeune et jolie, vertueuse, grâce décente, imposante sainteté, digne d’inspirer un de ces amours, taille jeune et voluptueuse, son corps s’embellit, chaste démarche, délicieux contours du buste, comme une étoile ». Cette femme n’est plus femme, elle est plus que femme comme le montre la gradation « ce n’est plus une femme, c’est un démon, un feu follet » et la comparaison « elle file comme une étoile » . A cela s’ajoute une profusion d’hyperboles « la plus jolie femme de Paris, plus chers trésors, beautés des formes les plus attrayantes».

            Face à cet imposant tableau de charmes quasi divins où tout semble immensément beau, femme ou nature-même de la passion, Balzac, au moyen de l’antéposition d’adjectifs axiologiques « la jolie femme », « ce jeune homme » ajoute du réalisme à la situation en lui donnant une valeur plus affective donc plus accessible.

3. Le roman noir

La présence d’un officier qui « marchait fort insoucieusement », met en exergue l’énigme de la situation, cet officier est « jeune » (…et fou ?), il ignore la situation dans laquelle il va s’engager à son insu. Il a vu cette femme honorable et soupçonne une infamie possible quand à sa présence en ce lieu. Le lecteur, par la focalisation interne, devient un peu cet homme insouciant, il ne sait pas dans quoi il s’est engagé en lisant cet extrait… sauf à devoir poursuivre sa lecture. L’identification est d’autant plus aisée que les noms propres, qui pourraient personnaliser l’incipit, brillent par leur absence.

Lorsque Balzac nous quitte, le suspens est au plus haut entre        un jeune homme, passionnément amoureux d’une femme mariée et la jolie femme, mariée pourtant, se retrouvant seule à une heure indue dans la rue jusqu’à disparaître dans un escalier tortueux…

En ce sens Ferragus est digne du roman noir revenu à la mode au XIXème siècle, prémisse du roman policier, l’extrait s’achève sur un regard avec « l’attention d’un agent de police cherchant son conspirateur »…

Conclusion

            En conclusion, Balzac tient promesse avec cet incipit de Ferragus.  Il offre à son lecteur un tableau qu’il souhaite exhaustif des rues inconnues parisiennes et de leurs vies clandestines. Par-delà les pas pressés d’une femme dissimulée sous un châle, Paris perd de son brillant au profit d’un obscur mystère, hôte probable du couple passion et drame…

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dimanche 1 novembre 2009

Rondeau III, Au même baigneur, quand il s'en va,

Rondeau III,

Au même baigneur, quand il s’en va,

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De ton absence me vient tout mon tracas

Mes yeux s’embuent, je ne sais, je me noie,

En suivant tes pas qui s’éloignent trop tôt,

Me laissant combattre ô bien des maux

D’absurde, de solitude, quand tu t’en vas.

000

Je voudrais te prier de rester là

Juste quelques instants encore près de moi

Juste quelques longueurs, je souffre bien trop

De ton absence

000

De tous ces frissons que tu animas

Chacun lentement parcouru mes bras

Car quand tu t’en vas glacée est cette eau

D’avoir perdu des soleils le plus beau

Et elle comme moi faisons un très grand cas

De ton absence.

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mercredi 28 octobre 2009

Rondeau II, Au même baigneur,

The_Love_Letter

Rondeau II

Au même baigneur,

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Tant est subtil qu’au grand jamais je n’ose

Défendre auprès de toi ma noble cause

Noble cause ? Enclos où mon être est pris !

Car de toi tout entier il s’est épris,

Toi qui chaque jour à ma pensée s’impose.

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O j’aimerais que mon cœur se propose

A s’ouvrir, comme au printemps une rose,

Teinte sous la rosée de mille fééries

Tant est subtil.

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J’aimerais te parler en toute prose,

Que pour toi mes mots soient des virtuoses,

De douces pensées sans prix,

Te dire que l’Amour tu me l’as appris

Te dire que dans tes bras, mon cœur repose

Tant est subtil.

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jeudi 22 octobre 2009

Rondeau I, A un baigneur, quelques mots,

goutte_20d_eauRondeau I

A un baigneur, quelques mots,

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Tant seulement de toi je suis accro

Au cœur de moi, toujours brille ton flambeau

Loin de toi chaque jour me semble carême,

Loin de toi, désert et vie de bohème

Et, en mon sein, de ce feu le berceau.

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O toi inconnu ôte ce rideau

De mystères, sois joyeux, bavard et beau,

Sois mon extrême, mon suprême, mon poème

Tant seulement.

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Je ne suis que glace ou sucre en morceau,

Je ne suis que fragile, je fonds dans l’eau,

Par ta seule présence, ô toi que j’aime.

Accorde-moi ta peau, je serai crème,

Et hors de l’eau, tu seras le gâteau

Tant seulement.

            Petit exercice de jeunesse en deux rimes, pas les plus riches, destiné à illustrer le rondeau et à adorer quelqu’un. Aucune prétention de belle écriture, aucune concurrence avec Clément Marot.

            Amis du soir, curieux de rondeau, je vous le peins en quelques mots. Remarquez la forme générale ronde du poème, « après avoir discouru toute la circonférence », on retourne toujours au premier point duquel le « discours » avait commencé. En terme littéraire, cela s’appelle un « rentrement ». Pour un rondeau en décasyllabe (noble), comme c’est le cas ici, ce rentrement sera de quatre syllabes : « tant seulement ». Ce rentrement, aux dires de Thomas Sébillet entraîne plus de vivacité et de grâce mais aussi un phénomène de suspens dilatatoire (ou tout du moins il s’y essaie). Effet de suspension repris, de facto, à trois fois. Il est de coutume de dire que ce type de rondeau est composé d’un quintil  (rimes aabba), d’un tercet (rimes aab) et d’un autre quintil. Comme votre œil d’aigle l’aura relevé, on ne tient pas compte du rentrement.

            De manière plus fantaisiste, vous ressentirez la rime en [èm] (que je n’arrive pas  à retranscrire en phonétique) comme rappelant constamment le « aime », vous vous arrêterez sur l’anaphore, l’insistance sur l’eau, l’attente de l’auteure, les apostrophes et ô combien d’autres choses joyeuses.

            Méfiez-vous d’une chose cependant, déjà au temps de Clément Marot (XVIème siècle), ce type d’écrit était considéré comme de la vieille école… Je vous laisse imaginer aujourd’hui… Il vaut donc mieux qu’il y ait un site internet permettant la diffusion de ce genre d’âneries, cela évite d’avoir l’air bête en face du ô feu ténébreux…

            Pour ce qui est du reste, et bien… c’est à lire ^^.

Posté par MelanieLP à 21:24:00 - ღMღ. MES POEMES (ou semblant de) - Quelques mots? [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 6 octobre 2009

Commentaire éclair sur Le maître de Garamond, d’Anne CUNEO,

gothique         L’intérêt de mêler histoire et roman ? On découvre un personnage historique que l’on ne connaissait pas (ce qui ne nous rendait pas ignare pour autant mais passons). Ce personnage, on apprend à l’aimer, l’on y parvient, ça y est, on l’aime, comme un ami, comme un frère, comme un mari épousé un beau dimanche à Poitiers… Il faut bien reconnaître que l’on a tout le temps d’en apprécier la compagnie et de se familiariser avec le personnage aux vues du nombre d’heures passées avec le bouquin entre les mains… L’auteur, bien souvent très habile de ses mains et de ses pensées, crée aisément une dépendance, ou tout comme, de sorte que l’on ne trouve plus l’oxygène, le vrai, que dans ces douces pages, de sorte que l’on en viendrait à regretter de n’être pas d’un siècle aussi démuni que le XVI ème, de sorte que l’on ait en horreur le fait de n’avoir étudié à l’école ni le latin ni le grec… Et là, bam, c’est le drame : IL meurt. LUI. Sur un bûcher. Et nous, lecteurs, on se retrouve abandonné dans un état allant d’une solitude que l’on ne peut partager à l’effondrement le plus profond. Comme si d’une mort ne suffisait pas, la vraie mort, celle de celui dont on n’avait jamais entendu parler avant d’ouvrir ce livre (et dont, de facto, on se foutait), il faut qu’elle ressuscite sous nos yeux. « Maître Antoine Augereau, mort deux fois, en exclusivité  pour vous lecteurs ce soir… ». Vrai que de nos jours nous sommes tellement épanouis dans notre quotidien que l’on peut se permettre ce duplicata…  Au final, l’on souffre encore plus du sentiment d’injustice que s’il n’y avait eu là que roman et chevalerie, et bien heureux notre siècle qui n’est pas en espérance d’une Révolution… Je serais déjà dans la rue, le poing brandi… A moins que je ne fus déjà en feu sur un dernier bûcher commun avec le chevalier de Berquin… Et ce genre de réjouissance ne pouvant arriver seule, l'on finit de vous désarmer... Comment? Assez simplement... le livre s'achève. Ces douces heures passées cramponné à votre recueil ne sont plus qu'un cuisant souvenir, vous avez désormais tout votre temps voire plus que nécessaire pour pleurer tant de pertes... Joyeux.

         Ciel, ciel, que d’émotion ne serait-ce que de taper ceci sur un clavier… Aviez-vous déjà remarqué que chaque lettre dactylographiée avait une petite voûte sous la plante ? Un empattement avec une légère courbure, pratiquement imperceptible, mais qui rend la lecture plus douce au regard ? N’est-ce pas magnifique ?

         Ah, avant que l'idée ne parte aussi vite qu'elle m'est venue je voudrais encore signaler quelque chose. J'ai très souvent préféré la plume masculine à la féminine. Pas cette fois. Je m'explique. Nous sommes au milieu de XVI ème siècle au moment de l'histoire, les femmes présentes dans le roman sont toujours d'une douce sagesse, d'un grand esprit et offrent à leurs maris tout l'amour dont on peut rêver... Vous pensez réellement qu'un auteur HOMME aurait mis tant de délicatesse dans la représentation féminine? Non, non, surtout en ce siècle (rgardez la mysoginie de Voltaire par exemple, et cela deux siècles après !...). Non, non, franchement, il nous fallait UNE auteur(e)! Merci à elle.

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samedi 3 octobre 2009

Mozart, l’Opéra Rock

Pourquoi une rubrique réservée à Mozart, L’Opéra Rock ? Parce que voilà la plus profonde révérence que je puisse faire ici pour montrer ô comme j’idolâtre ces joyaux là! Il faut bien reconnaître que l’impétuosité et l’impertinence de Wolfgang Amadeus est saisissante. « Il leur fallait quelqu’un d’un peu taré » comme l’a gentiment précisé Mikelangelo Loconte, son interprète.

Le chef-d’œuvre de cette troupe c’est sa divine musique aux notes parfois scintillantes parfois sibyllines, ses timbres ensorcelant, ses sublimes figures où se côtoient corsets et jupons, satin et velours, escarpins et plis Watteau, vestes de brocard et jabots blancs… Tout y est exquis.

Le trait noir ne souligne pas seulement le regard de Mikelangelo, il est le cœur devenu visible de la déception, de l’austérité, du génie non reconnu… Le voilà notre homme fatal, notre héros romantique… Mozart s’éteindra seul et démuni en 1791, à l’aube (ou crépuscule ?) de la période romantique…

Je serais tentée, par pure provocation de dire : Amen.

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vendredi 2 octobre 2009

Extrait de René [Chateaubriand] : commentaire de texte

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TEXTE

« On m'accuse d'avoir des goûts inconstants; de ne pouvoir jouir longtemps de la même chimère, d'être la proie d'une imagination qui se hâte d'arriver au fond de mes plaisirs, comme si elle était accablée de leur durée on m'accuse de passer toujours le but que je puis atteindre: hélas! je cherche seulement un bien inconnu, dont l'instinct me poursuit. Est‑ce ma faute, si je trouve par tout des bornes, si ce qui est fini n'a pour moi aucune valeur? Cependant je sens que j'aime la monotonie des sentiments de la vie, et si j'avais encore la folie de croire au bonheur, je le chercherais dans l'habitude.

La solitude absolue, le spectacle de la nature, me plongèrent bientôt dans un  état presque impossible à décrire. Sans parents, sans amis, pour ainsi dire seul sur la terre, n'ayant point encore aimé, j'étais accablé d'une surabondance de vie. Quelquefois je rougissais subitement, et je sentais couler dans mon cœur comme des ruisseaux d'une lave ardente; quelquefois je poussais des cris involontaires, et la nuit était également troublée de mes songes et de mes veilles. Il me manquait quelque chose pour remplir l'abîme de mon existence : je descendais dans la vallée, je m’élevais sur la montagne, appelant de toute la force de mes désirs l’idéal objet d’une flamme future ; je l’embrassais dans les vents ; je croyais l’entendre dans les gémissements du fleuve ; tout était ce fantôme imaginaire, et les astres dans les cieux, et le principe même de vie dans l’univers. »

Attention ! Ce qui suit n’est qu’une aide pour rédiger un éventuel commentaire. Les grandes idées sont là mais vous êtes vivement encouragés à “broder” autour (et à en trouver d’autres)... Pensez cependant à ménager les transitions. Naturellement votre problématique peut être différente...

INTRODUCTION

-         par Chateaubriand

-         publication en 1802, tout début du XIXème siècle

-         suite d’Atala

-         situation géographique, paysages du Nouveau Monde, tribu de Chactas

-         récit introspectif à la 1ère personne (Attention ! Il semblerait que l’on ait souvent tendance à omettre ce qui nous semble le plus logique : c’est un roman ? dites-le ! une pièce de théâtre ? dites-le ! Pensez au genre !)

PROBLEMATIQUE

        En quoi la description du mal-être et l’extrême sensibilité de René font de ce personnage un héros romantique ?

ou

En quoi les incertitudes de René font de ce personnage un héros romantique ?

ð     Annonce du plan

PLAN

Rq : Bien penser à introduire dans votre commentaire des remarques sur les figures de style, la mise en forme, les changements de temps, de voix... Certes ça ne parait pas toujours d’un intérêt déboussolant mais c’est indispensable ! Ainsi vous montrez que non seulement le texte a été compris mais qu’en plus vous savez vous resservir des outils gentiment donnés par votre professeur (adoré).

I. Une manifestation d’un mal-être moral et physique

1. mal-être moral

=> champ lexical de l’accusation, de la faute « on m’accuse, est-ce ma faute ?, accablé, un état presque impossible à décrire » / champ sémantique de la confusion, René est perdu dans le néant « l’abîme de mon existence »

2. mal-être physique

=> champ lexical de la sensation d’enfermement « proie, instinct me poursuit, fond, borne» / un comportement impulsif quasi bestial « instinct, cris involontaires » / embarras visible, physique « je rougissais subitement»

        II. La douleur d’un état mais aussi ses attraits

1. douleur

=> la négation « ne pouvoir jouir, aucune valeur, n’ayant point encore aimé »  / répétition de la préposition « sans » / interjection « hélas » / souffrance « cris, gémissements, folie, nuit troublée »

2. attraits

=> le bonheur dans la monotonie (cf. vie monastique qui tenta l’auteur comme René) / « une surabondance de vie », René ressent le besoin de s’abandonner dans ses passions (et les passions font vivre…) / une allusion à l’amour, source d’espoir « désirs, flamme, jouir, embrassais, gémissements »

Rq : Contrairement à d’autres héros romantiques comme Oberman de Senancour, René n’est pas si désespéré, au contraire il semblerait tirer quelque satisfaction à sa souffrance qui lui donne une grande imagination et qui confirme sa grandeur d’âme « une grande âme doit contenir plus de douleur qu’une petite »… Et, à la différence du Werther de Goethe, comme l’a dit Ste Beuve pas très gentiment « on sent en le lisant qu’il guérira, ou du moins qu’il se distraira »…

III. Traits essentiels du héros romantique

1. inconstance

=> René, homme de contrastes « goûts inconstants », des plaisirs éphémères / parallélisme de construction « je descendais dans la vallée, je m’élevais dans la montagne » / adverbe « cependant » qui indique plusieurs penchants

2. imagination fertile

=> « chimère », « idéal » / un rapprochement à la nature « vallée, montagne » qui porte à écrire, l’imagination gambade, la poétique des paysages (cf. le 1er romantisme) / abondance des « , » , des « ; » qui font des phrases longues, le lecteur se trouve noyé par un flot d’images à l’image des pensées de René

3. solitude

=> un portrait spirituel et moral à la 1ère personne « m’, je, ma » / une solitude hypertrophiée « sans parents, sans amis, pour ainsi dire seul sur la terre » / remarquer l’absence d’autres personnages pouvant troubler l’introspection du bonhomme / typique du romantisme, un homme sans attache humaine qui n’a de complicité qu’avec l’immense nature, petit René monté sur la haute montagne

4. sentiment d’incomplétude

=> « appelant l’idéal objet d’une flamme future », « manquait », « la folie de croire » / un besoin d’infini « univers, les astres dans les cieux » comme s’il existait un néant des choses terrestres (une quête impossible ?)

CONCLUSION

Une certaine jouissance du personnage à l’analyse de son propre ennui (après tout, c’est son droit). Remarquer les traits communs avec l’auteur, cf. François-René Chateaubriand (le mal de René et « le mal du siècle » de Chateaubriand. Reprendre en une phrase les grands traits du romantique du XIXème. Eventuellement ouvrir intelligemment sur un autre héros du même genre (?)

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mercredi 16 septembre 2009

En latence...

stendhal

Bonjour à tous, élèves ou lecteurs passagers... Petit mot après bien du silence... C'est-à-dire que... j'ai le regret pour la communauté médicale d'annoncer que mon 350ème rang sur 1300 n'a pas suffi à me permettre de rejoindre vos bancs... et le "bonheur" de signer ici mon retour dans le monde littéraire... Voilà qui est dit: je suis désormais inscrite en Lettres Modernes, alors peut-être que ce site sera réactualisé... Qui sait? Verrons-nous naître un jour la catégorie "ღZღ. Littérature et faculté"? Quoi qu'il en soit, vous en serez les premiers informés ^^!

En attendant, j'espère que vous continuerez  de trouver ici ce que vous cherchez...

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jeudi 24 juillet 2008

L'ultime, le final, le suprême...

Cher Serge, c’est grâce à vous que je poste cet ultime post… Et oui, pour ceux qui se souviennent encore de la petite Mélanie et de son amour littéraire, je viens déposer ici quelques fraîches nouvelles. Tout d’abord, le profil ci-contre est passé chez un visagiste et résume assez bien cette année loin de vous tous. Ne criez pas au sacrilège parce que je n’y parle point d’écriture, de mots baladeurs, de pensées sur papier… Oh les inconscients que de parler de « gâchis » que je ne mette plus la main à la plume ! Comment oserais-je ? Comment pourrais-je ? M’en empêcher ? Je reste moi ! J’aime écrire ! Je n’ai ni le temps de lire, ni celui de regarder des films, que critiquer ici? Sur un plateau d’argent, et par un besoin pressant (ne consistant pas en une miction résiduelle), m’a été livré un petit carnet relié. Et bien oui les amis, j’écris un journal ! Le seul bémol est qu’il est si secret qu’il n’est livré à personne, et que frasques et jeux de mots restent dans l’ombre d’un tiroir. Bah, d’autres en ont édité ! Ma vie n’est pas passionnante mais LA vie, elle, l’est, et chaque jour il y a de quoi en dire… Regardez, le soleil brille.

            Et pour vous Serge, un petit dessin… J’en ai fait d’autres. L’un des cadeaux offert par la médecine… L’on apprend à savourer le galbe d’une hanche, la beauté d’un corps… nu… Qu’en pensez-vous ?

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lundi 9 juin 2008

Bonsoirrrr. Bonjour. J’hésite. Ecrire, ne pas écrire ? Laisser ce site dans son sommeil profond de Belle au bois dormant ? Arf je suis tentée. J’ignore si j’ai envie de reprendre cela. Je vois que ledit site poursuit sa lancée grâce à de fidèles élèves ou autres explorateurs, tant mieux mais de mon côté je crois que j’ai quitté le bateau trop longtemps pour chercher de nouveau à prendre la barre. Alors, amis du soir, de la journée (et les autres) je vous annonce la « poursuite de la fin » de Mon aire de repos. Si le cœur m’en dit un de ces cinq peut-être. Que votre vie soit belle, fleurie et bénie de Dieu.

Ah si, attendez avant de partir, quelques mots de Jean-Loup Chiflet, Les mots qui me font rire, extraits.

« Vous aimez un peu ? C’est une amourette, un penchant, un badinage, une bagatelle, une fleurette, un béguin, un batifolage, une bluette, un caprice, du marivaudage.

Beaucoup ? C’est une liaison, un engouement.

A la folie ? Une passion. »

Français : le meilleur des amants !!! ^^

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vendredi 14 septembre 2007

Hypothèque… Hypocondrie ?

Ne cherchez pas d’interprétation du titre, c’est un peu comme la psychologie du pathologique ou la pathologie du psychologique…  c’est subtil ^^. Petit interlude, intermède dramatique, lyrique, et  théâtral … Allez, bientôt en librairie (donnez moi des adresses), mais après tout, qu’est-ce que cela change ? « On s’en fout », il y a bien plus important cette année…

Bonsoir, au plaisir…

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lundi 27 août 2007

Epitaphe... ou non.

        

epitaphe

   Cheveux épars sur le sol, cartons ébranlés, agitation de la main, au revoir murmurés, le frémissement, l’inconnu du départ… à la guerre ? Ma chevelure au bas des omoplates m’a quittée pour des faux airs de Cléopâtre et j’en suis à me demander gravement, si, comme des auteurs l’on déjà fait je ne vais pas rédiger une épitaphe… Mais non, pas la mienne, si je pars à la guerre c’est en conquérante et non en victime, je l’espère. Et cependant il me le faut bien, hélas, ce sera l’épitaphe d’une bouffée de liberté qui était destinée à une belle vie mais qui court le risque de se faire faucher pour la science…

            Comment dit-on déjà ?

Ci-gît la regrettée Aire de Repos

Déversez pour l’usage,

Quelques larmes

Sur cette âme élevée

Mais pas trop,

L’humidité pourrait lui faire prendre froid…

            Oui mais non, après je vais être triste… On ne tue pas une part de son esprit comme Harry a pu détruire les Horcruxes… Bref, quelle version plus joyeuse ?

Epitaphe temporaire :

Ci-gît Aire de repos,

Le temps d’une promenade

De quelques saisons.

Ne daignez pas vous signer

La littérature la ravira avant la mort…

            Et bien, voilà qui est mieux ! Vous l’aurez compris, je vais laisser ce site le temps de réussir ma première année de médecine. Bien à vous tous ! Que chaque jour vous soit beau !

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dimanche 26 août 2007

Spellman & Associés, Lisa Lutz.

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    Peut-être est-ce là la fin de mes lectures de l’été et, accessoirement de l’année, mais ne faisons pas de mauvaise foi… Donc, aujourd’hui, fin de Spellman & Associés par Lisa Lutz. On l’annonçait comme un mélange entre humour et suspense qui a fait craquer Hollywood, et bien, je le comprends bien ! Izzy Spellman est saisissante de réalisme, à elle seule elle collectionne les bourdes et considère chacun de ses petits-amis comme futur-ex… Sa famille est aussi pour le moins peu ordinaire et encore plus « fêlée », et chacun d’entre eux excelle dans l’art d’espionner, filer, faire chanter les membres de leur famille de préférence… Quelle vie à cent à l’heure que celle de ces détectives…

            Plus en détails, Izzy a 28 ans « au moment des faits », elle tombe amoureuse du « futur ex », Daniel, un chirurgien-dentiste, profession faisant terreur à ses parents.

            Izzy est imparfaite, normal, elle est normale. Par contre cela ne semble pas être le cas de son frère aîné, David. Lui, il a tout, il est beau, intelligent… et a réussi à quitter l’affaire familiale pour devenir un brillant avocat. Longtemps il s’est cru responsable de sa sœur et se montrait plus que gentil, seulement en grandissant, il s’est…déresponsabilisé disons et n’hésite pas à faire des remarques croustillantes qui font bien rire le lecteur à notre pauvre Izzy.

            Puis il y a Rae. Rae a quatorze ans et « c’était une erreur » comme nous le fait remarquer Izzy. Rae, elle est bien lancée dans l’espionnage, elle excelle lorsqu’il s’agit de filer sa sœur pour rendre des comptes aux chefs de l’agence, c-à-d maman, papa. Aussi c’est une parfaite petite « arnaqueuse », avec elle tout fonctionne dans les transactions des dessous de tables, elle ne connait pas la gratuité d’un bon geste.

            Et aussi, Oncle Ray peuple souvent les pages. Once Ray menait une existence exemplaire au niveau de son hygiène, pas d’alcool, pas de tabac, une seule femme. Bref, un ange. Et il eut un cancer, chimio, phase terminale… Et alors que tout le monde le voyait mort, le voilà qui guérit. De désespoir, sa femme le quitte. Commence alors pour lui une toute nouvelle existence, s’il eut son cancer avec son ancienne vie, il estime qu’il peut en entamer une nouvelle sans crainte. Et le voilà lancé dans les interminables parties de poker, alcool, tabac et femmes à gogo qui le conduisent souvent à disparaitre des jours entiers.

            Puis les parents Spellman qui s’inquiètent pour leurs enfants, enfin surout pour Izzy et qui n’hésitent pas à la filer, la mettre sur micro, entravant à chaque instant le principe de «vie privée ».

            Bref, vraiment exquis pour se détendre. Un exemple ? Et cela dans l’une des toutes premières pages :

Isabel. 8ans. Interrogée par son père.

« Isabel, tu t’es bien faufilée hier soir dans la chambre de ton frère pour lui couper les cheveux ?

-          Non.

-          Tu es sûre ? Tu as peut-être besoin d’un peu de temps pour te rafraîchir la mémoire ?

-          Couper les cheveux ? Ah bon ?

-          Tu les connais ces ciseaux ?

-          Ils pourraient être à n’importe qui.

-          Oui, mais on les a retrouvés dans ta chambre.

-          C’est un piège. »

samedi 25 août 2007

Koh-Lanta : Ah parce qu’ils n’ont pas honte ?

koh_lantaBonjour à tous ! Comment vont les affaires ? Bon alors, comme cela fait quelques temps que je n’ai pas fait de petit coup de tête ici (il faut dire que les vacances sont drôlement pacifiques), j’estime que le jour est arrivé. Hier soir, un ‘tit frère très enthousiaste me demanda de rester à ses doux côtés alors qu’il regardait la télé. C’est fou, à son âge de p’tit-grand bonhomme, il gère mieux son emploi du temps que moi. Par exemple, pendant les vacances et quand la bénédiction de maman a été faite il sait que, le soir, il regarde la télé. C’est comme ça. Pas les questions de « ô et ce livre que je n’ai pas terminé ? », « ce compte-rendu que je dois faire pour quelqu’un ? », « Ce film que j’ai sur mon ordinateur et que je n’ai pas encore vu ? », il sait.

Donc, c’est paresseusement installés que nous avons regardé Koh Lanta, rejoins par maman. Comme p’tit frère a suivi avec alacrité et aisance tous les épisodes et qu’il se faisait une obligation de me tenir informée, j’avais en ma connaissance quelques têtes : le jardinier Grégoire, Adrien, Laurent, Simon, Jade… Puis j’aimais bien Grégoire car je trouvais que c’était vraiment le type même de l’aventurier qui est là pour le jeu et qui a un bon esprit. Et là BAM, la seule fois où je regarde voilà que j’assiste à des monticules de mésententes dans le genre « sa tête ne me revient pas »… Et l’esprit de jeu ? L’osmose que l’on peut voir dans des jeux d’équipes comme Interville (parce que ‘tit frère a aussi vu un épisode d’Interville l’autre jour) ? Où qu’elle est ? On se le demande bien… A croire que de manque d’aliments, chacun a fini par engloutir sa part d’humanité. L’on donnait naissance à une équipe blanche et au final l’on entend « Je nomme X parce que les Rouges éliminent les Jaunes ». Au moins cela a le mérite d’être clair.

Et Grégoire est parti, voilà, l’aventurier est parti car justement aventurier il l’était dans l’âme et était « trop fort ». Charmant, il méritait de continuer l’aventure et fut éliminé par des « Je n’avais aucune affinité envers lui », oui et alors c’est un bon argument ? « Je le fais contre moi », mais bien sûr, dans la vie on ne fait pas les choses malgré soi, surtout dans ce cadre. « Bon vent », grrrrr ! Pffff cela m’énerve de voir si peu d’esprit. Pauvre Greg, qu’il fasse bonne route…

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mardi 21 août 2007

Harry Potter and the Deathly Hallows : SCOOP, SPOILLERS la fin des fins.

            Bonsoir à tous ! Certes j’ai tardé plus qu’il n’était nécessaire pour dévorer Harry Potter and the Deathly Hallows… Mais j’ai la meilleure des excuses : Dieu a voulu qu’une journée ne dure que 24 heures, alors…

            Chers lecteurs, je ne voudrais pas dévoiler ici tout le croustillant de la plume de JK Rowling pour ceux qui, comme moi, tiennent à

PRESERVER LE SECRET

FERMEZ LES YEUX

SUR CET ARTICLE!!!

Allez, ainsi tout le monde est content, vous patientez, frémissant jusqu’en octobre pour la version française, ceux qui l’ont lu, nous aurons beaucoup à nous dire, et moi, je garde une trace écrite du passage de Harry Potter and the Deathly Hallows dans ma vie littéraire !

Tout au scoop ! Un résumé bien garni !

Si vous souhaitez réellement lire ce qui suit, et que vous en acceptez les conséquences, allez-y… Mais je vous le répète, après le mystère n’en sera plus un…

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Au commencement, évidemment, les journaux font du bruit sur la mystérieuse mort de Dumbledore, seul sorcier craint par He Who Must Not Be Named. Et c’est une véritable épopée sur une vie bien remplie. On retrouve Rita Skeeter et sa scandaleuse plume qui déchaîne les ragots… Par delà les intox, bientôt la vérité sur la famille Dumbledore transparait. La mère d’Albus mourut tôt, laissant trois enfants. Deux sorciers et une petite qui, terriblement choquée après un incident de rue ne fut plus à mène de contrôler ses pouvoirs. Déferlante de cataclysmes, enfer vivant pour les deux frères qui ne pouvaient lutter contre l’autodestruction de leur propre sœur. Lors d’une violente dispute entre eux, Alberforth s’emportant sur les fréquentations de son frère Albus qui entendait bien fonder un code-moldus, la jeune fille est accidentellement tuée. Voilà pour le premier scoop, Dumbledore ne fut pas toujours ce vieillard calme aux yeux pétillants d’intelligence. Ajoutons à cela que la fougue de ses dix-sept ans ne fut pas un exemple de sagesse, le passage où il entend dominer les moldus est particulièrement choquant car l’on ne le pensait pas tant obsédé par le pouvoir. Il se justifiera.

Ensuite, vu le dramatique de la situation, les moindres recoins contrôlés par les Mangemorts et les catastrophes naturelles mais pas tant que ça s’enchainant, continuer de résider au 4 Privet Drive pour les Dursleys aurait véritablement été suicidaire, leur lien avec le célèbre Harry Potter plus indéniable que jamais. De facto, les membres de l’Ordre du Phénix organisent le départ de la famille. On assistera alors au premier moment d’humanité visible. Alors que Vernon affichait un dédain parfait envers Harry, l’un des membres de l’Ordre s’en étonne, ce à quoi Harry répond qu’il a toujours été considéré comme de la vermine. Et là, ô magie, Dudley qui l’interrompt ‘I don’t think you’re a waste of space’. Bingo ! Pas trop tôt ! Et s’ensuit une poignée de main entre les deux jeunes hommes, ponctuée par un ‘See you, Harry’ de Dudley et un ‘Take care, Big D.’ de Harry. J’en avais les larmes aux yeux, si si. Et Pétunia qui lorsqu’elle passe devant Harry s’arrête et s’apprête à parler puis finalement s’en va sans un mot… Delicious !

Après, bon, je ne fais pas dans les détails, on se trouve en présence de sept Harry identiques, dans le but de tromper les Mangemorts. Intersection de Harry, alias Georges avec des disciples mal intentionnés qui lui feront perdre une oreille. Maugrey Fol-œil ne reviendra pas de l’expédition, de même qu’Hedwige.

Quelques temps après, première rencontre entre Harry et Ginny, mais il n’est plus question de la légèreté du tome 6. Un autre moment d’intimité leur fera partager un baiser qui sera surpris par Ron. Ce dernier avertira Harry qu’il n’entend pas faire souffrir sa sœur. La situation n’est que re-clarifiée pour Harry.

Mariage tant attendu entre Bill Weasley et Fleur Delacour, après celui de Lupin et Tonks. Harry est déguisé en cousin lointain des Weasley de sorte que l’on ne le reconnaisse pas. Victor Krum, en déplacement pour l’occasion s’approche pour demander une danse à Hermione. C’est sans compter sur Ron qui s’empare de la main de cette dernière car toutes les danses lui sont accordées à lui et lui seul. Enfin, le petit Ron se bouge. Du coup, Krum demande qui est cette charmante jeune fille qui danse un peu plus loin. Ginny. Harry déclare qu’elle voit quelqu’un, un type jaloux, un bon morceau et qu’il ne voudrait sûrement pas s’y frotter… Au moins voilà qui est fait.

Blablabla, on apprend la légende des reliques de la mort, d’où le titre lors de la rencontre de nos trois sorciers chez le père de Luna (dont la fille a été enlevée par les Mangemorts qui savaient qu’Harry contacterait Mister Lovegood, dans le but d’un échange). Conte pour enfants sorciers, comme nous avons eu Cendrillon et Blanche Neige, c’était l’histoire de trois frères à qui la mort avait décidé de faire un cadeau. Le premier demanda une baguette qui vaincrait toujours, le second une pierre qui ferait revenir les morts et le troisième enfin, un moyen d’avancer sans être vu. Le premier rejoignit le premier village et gagna une bataille contre un sorcier redouté, il partit dans la forêt et, fatigué, s’endormit. On lui vola sa baguette et on le tua, la mort avait gagné le premier des frères. Le second demanda à voir celle qu’il aimait, et il se tua pour la rejoindre. La mort eut le second des frères. Le troisième quant à lui, il « foutu le camp » bien loin avec sa cape d’invisibilité qu’il légua après à son fils… Tadam, légende ? Non, et c’est parti pour la recherche des deux éléments manquants, Harry possédant déjà la cape.

On apprendra la grossesse de Tonks par un Lupin dans un sale état. Il annoncera avoir quitté Tonks de peur que l’enfant ne devienne comme lui un loup-garou, et de crainte de ne pas être un bon père. Harry, outré lui répondra par des mots bien choisis. Lupin s’en ira profondément fâché, après avoir sorti sa baguette. Plus tard, il avouera par radio son tort. Leur enfant aura dès la naissance des cheveux violets…

Ron disparaitra quelques temps, laissant Harry et Hermione seuls, n’oublions pas sa terreur des araignées, il n’y avait pas d’araignée, mais il eut peur tout de même. La découverte des Horcruxes dans le tome 6, objets magiques contenant une part de l’être du grand méchant de l’histoire annonçait une belle suite. Et en effet, ce septième volet est avant tout consacré à leur recherche, afin de mettre fin aux trop nombreux jours de He Who Must Not Be Named. Cette folle poursuite conduira nos trois amis dans les mains des Mangemorts où Hermione sera sauvagement torturée par Bellatrix, pendant que Ron, Harry se retrouveront dans une cellule avec trois autres personnes dont Luna, Ollivander (le marchand de baguettes). Grâce à Dobby et son don d’elfe de maison qui lui permet de se volatiliser, ils parviendront tous à s’échapper, saisissant Hermione, la baguette de Drago Malefoy (le sale gosse) et celle de Bellatrix au passage. Harry à qui Hermione avait par mégarde cassé sa baguette (horreur !!!) quelques pages plus tôt trouvera le substitut de sa baguette dans celle du jeune Malefoy.  Dobby y perdra sa vie. Les elfes de maisons sont bien redorés ici, même le sacré Kreattur, qui a toujours fait ses commentaires à voix haute aidera son nouveau maître Harry, et étrangement de gaieté de cœur. Il n’est pas celui que l’on croyait.

Il est utile de signaler qu’Harry, Ron et Hermione ne retourneront pas à Poudlard à la rentrée. Ils regagneront le château que pour l’ultime bataille. Des pages qui défilent. Les voilà donc au château. Sa présence est signalée aux Mangemorts, on les sait en route, accompagnés par He Who Must Not Be Named. Les élèves sont évacués par une McGonagall forte d’esprit qui gère tout comme à son habitude. Poudlard résonne désormais de la voix du Lord qui annonce qu’il ne ferra de mal à personne si Harry lui est livré. Les Mangemorts pénètrent dans le château. Début des combats, Ron, Harry et Hermione sauve Draco Malefoy de la mort à deux reprises. Fred meurt, bientôt rejoint par Tonks et Lupin (tiens, cela ne vous rappelle rien, qui laisseront Teddy, leur fils…), et l’on se sent triste car on s’y était attaché depuis le temps. Pendant ce temps, Voldemort est assis dans une salle, avec son serpent Nagini et Rogue. Il ne se bat pas car sait qu’Harry viendra de lui-même (Nagini est un Horcrux). D’un geste dépourvu, comme à son habitude d’humanité, il lance Nagini sur Rogue. Dumbledore était le légitime possesseur de la baguette à tout vaincre, Rogue l’ayant tué il en devenait le maître, en le tuant à son tour, la baguette lui appartenait donc de droit. Caché sous sa cape d’invisibilité Harry assiste à la scène. Voldemort quitte les lieux, Harry s’approche de Rogue, ce dernier lui tend un flacon contenant ses pensées et lui demande de le regarder une ultime fois. Harry se rend à l’ancien bureau de Dumbledore et se plonge dans les pensées de Rogue grâce à la pensine. Le moment où j’ai le plus pleuré je crois, j’ai toujours adoré Rogue. On apprend tout, on comprend tout. Trois enfants jouant ensemble, Severus, Lily, Petunia… Plus tard, découverte par Lily et Severus d’une lettre écrite par Petunia à Dumbledore qui le prie, comme sa sœur et leur voisin de lui permettre d’aller à Poudlard (voilà pourquoi Dumbledore connaissait Petunia !). Plus tard encore, une amitié plus qu’immense entre deux jeunes sorciers de deux maisons différentes, Lily et Severus inséparables. Les années passent, Severus déteste l’arrogant Potter qui lui vole sa bien aimée. Voilà l’origine de tout, Severus a toujours été amoureux de Lily… Nuit du meurtre des parents d’Harry, Rogue est dans le bureau de Dumbledore, brisé, il a perdu celle qu’il aimait. Il jure qu’il défendra la vie du garçon qu’elle a laissé comme la sienne. Bien des années après, Dumbledore a la main brûlée, son corps est en train d’être empoisonné lentement. Rogue est à bout de nerfs, il annonce à Dumbledore que ce dernier ne va pas survivre au poison, et qu’il a un an tout au plus. Fin de l’année, Dumbledore a dit à Harry ce qu’il fallait, il meurt en ayant choisi sa mort, le Avada Kedavra lancé par Rogue ne fait rien sur un corps déjà sans vie. Rogue s’engage à mettre Harry sur la voie des Horcruxes, sans jamais se montrer. Sa vie il l’aura consacré à son unique amour, Lily, grâce à l’aide de Dumbledore. Son patronus était une biche, comme celui de Lily autrefois…

Harry sent que s’il ne rend pas il perdra ceux qu’il aime. Il se dirige vers la forêt prophecyal3interdite où Voldemort lui a donné rendez-vous. Dans sa poche, le vif d’or que lui avait laissé Dumbledore et son message « je ne m’ouvre qu’à la fin ». Harry annonce que voilà la fin, qu’il va mourir, le vif d’or révèle la pierre de résurrection. C’est accompagné par l’image de sa mère, son père, Sirius et Lupin qu’il se dirige vers Voldemort. Ce dernier lance un Avada Kedavra sur Harry. Silence. Harry voit Dumbledore, il ne connait pas cet endroit. Ils se parlent, Dumbledore pleure, il lui explique tout. Harry demande s’il est mort, Dumbledore répond par la négative. Que c’est-il passé ? Harry était le dernier des Horcruxes, en tentant de le tuer, Voldemort a en réalité tué la part de lui qui se trouvait dans Harry. Voldemort le pense mort, il somme à Narcissa Malefoy d’aller vérifier, elle entend battre son cœur. Dans un murmure elle lui demande si son fils est vivant, il acquiesce. Elle se relève et annonce la mort de celui qui avait survécu… Précédés par Voldemort, les Mangemorts retournent au château annoncer la nouvelle. Eh eh mais Harry n’est pas mort, dans un moment d’inattention il se couvre de sa cape. Voldemort comprend son erreur. Par la suite vient l’affrontement final, et quelle belle issue, la baguette choisit son maitre… C’est la fin de Voldemort.

Et le fameux dix-neuf ans plus tard… Contre toute attente, Harry vit avec Ginny, ils ont trois enfants, l’aîné James, la petite Lily, et Albus Severus. Ce dernier, avant sa première rentrée à Poudlard s’inquiètera d’être à Serpentard, ce à quoi son père, Harry, répondra : « Tu as le nom de deux directeurs de Poudlard. L’un d’entre eux était à Serpentard et c’était probablement l’homme le plus brave que j’ai jamais connu». Divin. Enfin, notre Ron aura compris, il est désormais marié à Hermione et ont deux enfants, Hugo et Rose… A la gare de King Cross, Draco Malefoy saluera nos amis d’un hochement de tête, accompagné par sa femme et son fils. Ron glissera un discret « Sois certaine de le battre à tous les tests, Rosie. Remercie Dieu d’avoir hérité du cerveau de ta mère… » à sa fille. Quant à notre Neville, héroïque face à Voldemort, il sera devenu ce à quoi on le destinait : Professeur de botanique… Et Teddy Lupin, la vingtaine d’années semblerait bien attiré par une certaine Victoire, cousine de la nouvelle famille Potter (James les aurait vu s'embrasser)… Victoire, nom français, ne serait-ce pas la fille de Fleur et Bill ? …

Tout est éclairci ? Pas tant que cela, peut-être pourrions-nous espérer une suite ? Que font nos héros dans la vie? Harry voulait être Aurore... Comment, après tous les tableaux faits de James, Lilly a-t-elle pu l’épouser ? Et Ron qui, regardé par des élèves de Poudlard à la gare s'écrie "C'est moi qu'ils regardent, je suis très célèbre"... Mystère...

Et voilà la fin des aventures de nos sorciers préférés. Qu’ils soient heureux. Be happy ! Ils vont me manquer à n’en point douter…

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Harry Potter et les Reliques de la mort, horcruxes, fin de l'histoire, scoop, spoilier, mort et survie, nineteen years later, mythe, the end JK Rowling, Snape, Albus Severus Potter

La fille coupée en deux, par Claude Chabrol.

la_fille_coup_e_en_deuxParce que le cinéma c’est important… Je profite de l’occasion pour remercier Edouard qui m’a conduite à voir le film La fille coupée en deux.

La trame s’inspire d’un fait divers, qui a défaut d’être d’actualité, fut retentissant. En 1906 un célèbre architecte qui aimait les jeunes femmes fut assassiné alors qu’il assistait à un spectacle. L’assassin, un playboy millionnaire était l’époux d’une ex-maitresse de l’architecte. Et oui, les crimes passionnels ce n’est pas nouveau…

            Voilà pour le squelette de l’histoire…historique. La clarification étant faite, nous pouvons désormais aborder le film. Gabrielle Deneige (Ludivine Sagnier) est une jeune femme qui, comme Blanche-Neige a croqué dans une pomme, croque à pleines dents dans la vie. Sa présence séduit tous ceux qui l’entourent. Un jour, alors que Charles Saint-Denis (François Berléand), célébrissime écrivain qui excelle dans l’emprunt des mots aux autres, abattant avec dextérité ses cartes, heu des citations (tiens, cela me rappelle quelqu’un…) dédicaçait l’un de ses livres, il fait la connaissance de Gabrielle. La jeune femme au nom d’ange s’éprend immédiatement de lui. Il a la cinquantaine passée, elle a tout juste vingt ans, elle est innocente, il est un peu pervers. A son sens il lui apprendra la vie, et après lui avoir offert une rencontre échangiste pour son anniversaire, s’en ira sans laisser d’adresse. Brisée, Gabrielle refusera de se nourrir et de sortir. Surgit alors une ancienne rencontre, Paul Gaudens (l’excellent Benoît Magimel), héritier milliardaire et amoureux qui s’engage à lui redonner goût à la vie. Le personnage est intéressant, c’est le « quéqué » des villes par excellence, préoccupé par son look, mais pas par les benoitPV qu’il jette négligemment sur la voie publique. Il est le fils à maman, ne respecte rien car il est habitué à avoir tout ce qu’il veut. Et cependant on en tomberait presque amoureux tant Benoît Magimel donne du charme à Paul. Bref, il demande Gabrielle en mariage, ne voyant plus de sens à sa vie, elle accepte. La publication des bans est faite par radio et entendue par Charles. Il reviendra en courant auprès de Gabrielle alors qu’elle est désormais mariée. Par sincérité elle annoncera à son mari, Paul, ce que lui a fait faire Charles, Charles son seul amour. Paul, qui est déséquilibré mais qui le cachait bien sera comme fou. Lors d’une soirée où l’écrivain avait été invité à discourir, il monte sur l’estrade et le tue de plusieurs balles. 

Posté par MelanieLP à 12:19:22 - ღGღ .BIBLIOTHEQUE FILMOGRAPHIQUE - Quelques mots? [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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