dimanche 26 août 2007
Spellman & Associés, Lisa Lutz.
Peut-être est-ce là la fin de mes lectures de l’été et, accessoirement de l’année, mais ne faisons pas de mauvaise foi… Donc, aujourd’hui, fin de Spellman & Associés par Lisa Lutz. On l’annonçait comme un mélange entre humour et suspense qui a fait craquer Hollywood, et bien, je le comprends bien ! Izzy Spellman est saisissante de réalisme, à elle seule elle collectionne les bourdes et considère chacun de ses petits-amis comme futur-ex… Sa famille est aussi pour le moins peu ordinaire et encore plus « fêlée », et chacun d’entre eux excelle dans l’art d’espionner, filer, faire chanter les membres de leur famille de préférence… Quelle vie à cent à l’heure que celle de ces détectives…
Plus en détails, Izzy a 28 ans « au moment des faits », elle tombe amoureuse du « futur ex », Daniel, un chirurgien-dentiste, profession faisant terreur à ses parents.
Izzy est imparfaite, normal, elle est normale. Par contre cela ne semble pas être le cas de son frère aîné, David. Lui, il a tout, il est beau, intelligent… et a réussi à quitter l’affaire familiale pour devenir un brillant avocat. Longtemps il s’est cru responsable de sa sœur et se montrait plus que gentil, seulement en grandissant, il s’est…déresponsabilisé disons et n’hésite pas à faire des remarques croustillantes qui font bien rire le lecteur à notre pauvre Izzy.
Puis il y a Rae. Rae a quatorze ans et « c’était une erreur » comme nous le fait remarquer Izzy. Rae, elle est bien lancée dans l’espionnage, elle excelle lorsqu’il s’agit de filer sa sœur pour rendre des comptes aux chefs de l’agence, c-à-d maman, papa. Aussi c’est une parfaite petite « arnaqueuse », avec elle tout fonctionne dans les transactions des dessous de tables, elle ne connait pas la gratuité d’un bon geste.
Et aussi, Oncle Ray peuple souvent les pages. Once Ray menait une existence exemplaire au niveau de son hygiène, pas d’alcool, pas de tabac, une seule femme. Bref, un ange. Et il eut un cancer, chimio, phase terminale… Et alors que tout le monde le voyait mort, le voilà qui guérit. De désespoir, sa femme le quitte. Commence alors pour lui une toute nouvelle existence, s’il eut son cancer avec son ancienne vie, il estime qu’il peut en entamer une nouvelle sans crainte. Et le voilà lancé dans les interminables parties de poker, alcool, tabac et femmes à gogo qui le conduisent souvent à disparaitre des jours entiers.
Puis les parents Spellman qui s’inquiètent pour leurs enfants, enfin surout pour Izzy et qui n’hésitent pas à la filer, la mettre sur micro, entravant à chaque instant le principe de «vie privée ».
Bref, vraiment exquis pour se détendre. Un exemple ? Et cela dans l’une des toutes premières pages :
Isabel. 8ans. Interrogée par son père.
« Isabel, tu t’es bien faufilée hier soir dans la chambre de ton frère pour lui couper les cheveux ?
- Non.
- Tu es sûre ? Tu as peut-être besoin d’un peu de temps pour te rafraîchir la mémoire ?
- Couper les cheveux ? Ah bon ?
- Tu les connais ces ciseaux ?
- Ils pourraient être à n’importe qui.
- Oui, mais on les a retrouvés dans ta chambre.
- C’est un piège. »
mardi 21 août 2007
Harry Potter and the Deathly Hallows : SCOOP, SPOILLERS la fin des fins.
Bonsoir à tous ! Certes j’ai tardé plus qu’il n’était nécessaire pour dévorer Harry Potter and the Deathly Hallows… Mais j’ai la meilleure des excuses : Dieu a voulu qu’une journée ne dure que 24 heures, alors…
Chers lecteurs, je ne voudrais pas dévoiler ici tout le croustillant de la plume de JK Rowling pour ceux qui, comme moi, tiennent à
PRESERVER LE SECRET
FERMEZ LES YEUX
SUR CET ARTICLE!!!
Allez, ainsi tout le monde est content, vous patientez, frémissant jusqu’en octobre pour la version française, ceux qui l’ont lu, nous aurons beaucoup à nous dire, et moi, je garde une trace écrite du passage de Harry Potter and the Deathly Hallows dans ma vie littéraire !
Tout au scoop ! Un résumé bien garni !
Si vous souhaitez réellement lire ce qui suit, et que vous en acceptez les conséquences, allez-y… Mais je vous le répète, après le mystère n’en sera plus un…
Au commencement, évidemment, les journaux font du bruit sur la mystérieuse mort de Dumbledore, seul sorcier craint par He Who Must Not Be Named. Et c’est une véritable épopée sur une vie bien remplie. On retrouve Rita Skeeter et sa scandaleuse plume qui déchaîne les ragots… Par delà les intox, bientôt la vérité sur la famille Dumbledore transparait. La mère d’Albus mourut tôt, laissant trois enfants. Deux sorciers et une petite qui, terriblement choquée après un incident de rue ne fut plus à mène de contrôler ses pouvoirs. Déferlante de cataclysmes, enfer vivant pour les deux frères qui ne pouvaient lutter contre l’autodestruction de leur propre sœur. Lors d’une violente dispute entre eux, Alberforth s’emportant sur les fréquentations de son frère Albus qui entendait bien fonder un code-moldus, la jeune fille est accidentellement tuée. Voilà pour le premier scoop, Dumbledore ne fut pas toujours ce vieillard calme aux yeux pétillants d’intelligence. Ajoutons à cela que la fougue de ses dix-sept ans ne fut pas un exemple de sagesse, le passage où il entend dominer les moldus est particulièrement choquant car l’on ne le pensait pas tant obsédé par le pouvoir. Il se justifiera.
Ensuite, vu le dramatique de la situation, les moindres recoins contrôlés par les Mangemorts et les catastrophes naturelles mais pas tant que ça s’enchainant, continuer de résider au 4 Privet Drive pour les Dursleys aurait véritablement été suicidaire, leur lien avec le célèbre Harry Potter plus indéniable que jamais. De facto, les membres de l’Ordre du Phénix organisent le départ de la famille. On assistera alors au premier moment d’humanité visible. Alors que Vernon affichait un dédain parfait envers Harry, l’un des membres de l’Ordre s’en étonne, ce à quoi Harry répond qu’il a toujours été considéré comme de la vermine. Et là, ô magie, Dudley qui l’interrompt ‘I don’t think you’re a waste of space’. Bingo ! Pas trop tôt ! Et s’ensuit une poignée de main entre les deux jeunes hommes, ponctuée par un ‘See you, Harry’ de Dudley et un ‘Take care, Big D.’ de Harry. J’en avais les larmes aux yeux, si si. Et Pétunia qui lorsqu’elle passe devant Harry s’arrête et s’apprête à parler puis finalement s’en va sans un mot… Delicious !
Après, bon, je ne fais pas dans les détails, on se trouve en présence de sept Harry identiques, dans le but de tromper les Mangemorts. Intersection de Harry, alias Georges avec des disciples mal intentionnés qui lui feront perdre une oreille. Maugrey Fol-œil ne reviendra pas de l’expédition, de même qu’Hedwige.
Quelques temps après, première rencontre entre Harry et Ginny, mais il n’est plus question de la légèreté du tome 6. Un autre moment d’intimité leur fera partager un baiser qui sera surpris par Ron. Ce dernier avertira Harry qu’il n’entend pas faire souffrir sa sœur. La situation n’est que re-clarifiée pour Harry.
Mariage tant attendu entre Bill Weasley et Fleur Delacour, après celui de Lupin et Tonks. Harry est déguisé en cousin lointain des Weasley de sorte que l’on ne le reconnaisse pas. Victor Krum, en déplacement pour l’occasion s’approche pour demander une danse à Hermione. C’est sans compter sur Ron qui s’empare de la main de cette dernière car toutes les danses lui sont accordées à lui et lui seul. Enfin, le petit Ron se bouge. Du coup, Krum demande qui est cette charmante jeune fille qui danse un peu plus loin. Ginny. Harry déclare qu’elle voit quelqu’un, un type jaloux, un bon morceau et qu’il ne voudrait sûrement pas s’y frotter… Au moins voilà qui est fait.
Blablabla, on apprend la légende des reliques de la mort, d’où le titre lors de la rencontre de nos trois sorciers chez le père de Luna (dont la fille a été enlevée par les Mangemorts qui savaient qu’Harry contacterait Mister Lovegood, dans le but d’un échange). Conte pour enfants sorciers, comme nous avons eu Cendrillon et Blanche Neige, c’était l’histoire de trois frères à qui la mort avait décidé de faire un cadeau. Le premier demanda une baguette qui vaincrait toujours, le second une pierre qui ferait revenir les morts et le troisième enfin, un moyen d’avancer sans être vu. Le premier rejoignit le premier village et gagna une bataille contre un sorcier redouté, il partit dans la forêt et, fatigué, s’endormit. On lui vola sa baguette et on le tua, la mort avait gagné le premier des frères. Le second demanda à voir celle qu’il aimait, et il se tua pour la rejoindre. La mort eut le second des frères. Le troisième quant à lui, il « foutu le camp » bien loin avec sa cape d’invisibilité qu’il légua après à son fils… Tadam, légende ? Non, et c’est parti pour la recherche des deux éléments manquants, Harry possédant déjà la cape.
On apprendra la grossesse de Tonks par un Lupin dans un sale état. Il annoncera avoir quitté Tonks de peur que l’enfant ne devienne comme lui un loup-garou, et de crainte de ne pas être un bon père. Harry, outré lui répondra par des mots bien choisis. Lupin s’en ira profondément fâché, après avoir sorti sa baguette. Plus tard, il avouera par radio son tort. Leur enfant aura dès la naissance des cheveux violets…
Ron disparaitra quelques temps, laissant Harry et Hermione seuls, n’oublions pas sa terreur des araignées, il n’y avait pas d’araignée, mais il eut peur tout de même. La découverte des Horcruxes dans le tome 6, objets magiques contenant une part de l’être du grand méchant de l’histoire annonçait une belle suite. Et en effet, ce septième volet est avant tout consacré à leur recherche, afin de mettre fin aux trop nombreux jours de He Who Must Not Be Named. Cette folle poursuite conduira nos trois amis dans les mains des Mangemorts où Hermione sera sauvagement torturée par Bellatrix, pendant que Ron, Harry se retrouveront dans une cellule avec trois autres personnes dont Luna, Ollivander (le marchand de baguettes). Grâce à Dobby et son don d’elfe de maison qui lui permet de se volatiliser, ils parviendront tous à s’échapper, saisissant Hermione, la baguette de Drago Malefoy (le sale gosse) et celle de Bellatrix au passage. Harry à qui Hermione avait par mégarde cassé sa baguette (horreur !!!) quelques pages plus tôt trouvera le substitut de sa baguette dans celle du jeune Malefoy. Dobby y perdra sa vie. Les elfes de maisons sont bien redorés ici, même le sacré Kreattur, qui a toujours fait ses commentaires à voix haute aidera son nouveau maître Harry, et étrangement de gaieté de cœur. Il n’est pas celui que l’on croyait.
Il est utile de signaler qu’Harry, Ron et Hermione ne retourneront pas à Poudlard à la rentrée. Ils regagneront le château que pour l’ultime bataille. Des pages qui défilent. Les voilà donc au château. Sa présence est signalée aux Mangemorts, on les sait en route, accompagnés par He Who Must Not Be Named. Les élèves sont évacués par une McGonagall forte d’esprit qui gère tout comme à son habitude. Poudlard résonne désormais de la voix du Lord qui annonce qu’il ne ferra de mal à personne si Harry lui est livré. Les Mangemorts pénètrent dans le château. Début des combats, Ron, Harry et Hermione sauve Draco Malefoy de la mort à deux reprises. Fred meurt, bientôt rejoint par Tonks et Lupin (tiens, cela ne vous rappelle rien, qui laisseront Teddy, leur fils…), et l’on se sent triste car on s’y était attaché depuis le temps. Pendant ce temps, Voldemort est assis dans une salle, avec son serpent Nagini et Rogue. Il ne se bat pas car sait qu’Harry viendra de lui-même (Nagini est un Horcrux). D’un geste dépourvu, comme à son habitude d’humanité, il lance Nagini sur Rogue. Dumbledore était le légitime possesseur de la baguette à tout vaincre, Rogue l’ayant tué il en devenait le maître, en le tuant à son tour, la baguette lui appartenait donc de droit. Caché sous sa cape d’invisibilité Harry assiste à la scène. Voldemort quitte les lieux, Harry s’approche de Rogue, ce dernier lui tend un flacon contenant ses pensées et lui demande de le regarder une ultime fois. Harry se rend à l’ancien bureau de Dumbledore et se plonge dans les pensées de Rogue grâce à la pensine. Le moment où j’ai le plus pleuré je crois, j’ai toujours adoré Rogue. On apprend tout, on comprend tout. Trois enfants jouant ensemble, Severus, Lily, Petunia… Plus tard, découverte par Lily et Severus d’une lettre écrite par Petunia à Dumbledore qui le prie, comme sa sœur et leur voisin de lui permettre d’aller à Poudlard (voilà pourquoi Dumbledore connaissait Petunia !). Plus tard encore, une amitié plus qu’immense entre deux jeunes sorciers de deux maisons différentes, Lily et Severus inséparables. Les années passent, Severus déteste l’arrogant Potter qui lui vole sa bien aimée. Voilà l’origine de tout, Severus a toujours été amoureux de Lily… Nuit du meurtre des parents d’Harry, Rogue est dans le bureau de Dumbledore, brisé, il a perdu celle qu’il aimait. Il jure qu’il défendra la vie du garçon qu’elle a laissé comme la sienne. Bien des années après, Dumbledore a la main brûlée, son corps est en train d’être empoisonné lentement. Rogue est à bout de nerfs, il annonce à Dumbledore que ce dernier ne va pas survivre au poison, et qu’il a un an tout au plus. Fin de l’année, Dumbledore a dit à Harry ce qu’il fallait, il meurt en ayant choisi sa mort, le Avada Kedavra lancé par Rogue ne fait rien sur un corps déjà sans vie. Rogue s’engage à mettre Harry sur la voie des Horcruxes, sans jamais se montrer. Sa vie il l’aura consacré à son unique amour, Lily, grâce à l’aide de Dumbledore. Son patronus était une biche, comme celui de Lily autrefois…
Harry sent que s’il ne rend pas il perdra ceux qu’il aime. Il se dirige vers la forêt
interdite où Voldemort lui a donné rendez-vous. Dans sa poche, le vif d’or que lui avait laissé Dumbledore et son message « je ne m’ouvre qu’à la fin ». Harry annonce que voilà la fin, qu’il va mourir, le vif d’or révèle la pierre de résurrection. C’est accompagné par l’image de sa mère, son père, Sirius et Lupin qu’il se dirige vers Voldemort. Ce dernier lance un Avada Kedavra sur Harry. Silence. Harry voit Dumbledore, il ne connait pas cet endroit. Ils se parlent, Dumbledore pleure, il lui explique tout. Harry demande s’il est mort, Dumbledore répond par la négative. Que c’est-il passé ? Harry était le dernier des Horcruxes, en tentant de le tuer, Voldemort a en réalité tué la part de lui qui se trouvait dans Harry. Voldemort le pense mort, il somme à Narcissa Malefoy d’aller vérifier, elle entend battre son cœur. Dans un murmure elle lui demande si son fils est vivant, il acquiesce. Elle se relève et annonce la mort de celui qui avait survécu… Précédés par Voldemort, les Mangemorts retournent au château annoncer la nouvelle. Eh eh mais Harry n’est pas mort, dans un moment d’inattention il se couvre de sa cape. Voldemort comprend son erreur. Par la suite vient l’affrontement final, et quelle belle issue, la baguette choisit son maitre… C’est la fin de Voldemort.
Et le fameux dix-neuf ans plus tard… Contre toute attente, Harry vit avec Ginny, ils ont trois enfants, l’aîné James, la petite Lily, et Albus Severus. Ce dernier, avant sa première rentrée à Poudlard s’inquiètera d’être à Serpentard, ce à quoi son père, Harry, répondra : « Tu as le nom de deux directeurs de Poudlard. L’un d’entre eux était à Serpentard et c’était probablement l’homme le plus brave que j’ai jamais connu». Divin. Enfin, notre Ron aura compris, il est désormais marié à Hermione et ont deux enfants, Hugo et Rose… A la gare de King Cross, Draco Malefoy saluera nos amis d’un hochement de tête, accompagné par sa femme et son fils. Ron glissera un discret « Sois certaine de le battre à tous les tests, Rosie. Remercie Dieu d’avoir hérité du cerveau de ta mère… » à sa fille. Quant à notre Neville, héroïque face à Voldemort, il sera devenu ce à quoi on le destinait : Professeur de botanique… Et Teddy Lupin, la vingtaine d’années semblerait bien attiré par une certaine Victoire, cousine de la nouvelle famille Potter (James les aurait vu s'embrasser)… Victoire, nom français, ne serait-ce pas la fille de Fleur et Bill ? …
Tout est éclairci ? Pas tant que cela, peut-être pourrions-nous espérer une suite ? Que font nos héros dans la vie? Harry voulait être Aurore... Comment, après tous les tableaux faits de James, Lilly a-t-elle pu l’épouser ? Et Ron qui, regardé par des élèves de Poudlard à la gare s'écrie "C'est moi qu'ils regardent, je suis très célèbre"... Mystère...
Et voilà la fin des aventures de nos sorciers préférés. Qu’ils soient heureux. Be happy ! Ils vont me manquer à n’en point douter…
Harry Potter et les Reliques de la mort, horcruxes, fin de l'histoire, scoop, spoilier, mort et survie, nineteen years later, mythe, the end JK Rowling, Snape, Albus Severus Potter
mercredi 15 août 2007
L’alchimiste, Paulo Coelho.
L’on se croirait plongé chez Voltaire et son révolutionnaire Zadig, mais non, c’est en réalité le premier roman, ou plutôt conte philosophique de Paulo Coelho qui nous subjugue dès les premières lignes : L’Alchimiste. C’est l’histoire d’un berger andalou, heureux de la communication qu’il entretient avec ses moutons qui, à la suite d’un rêve, décide de partir à la recherche d’un trésor au pied des Pyramides. Il entreprend ce long voyage, où il apprendra à écouter les voix de la sagesse, grâce au désert et à l’Alchimiste qu’il rencontrera dans une Oasis. Véritable expérience cathartique, son cœur deviendra son premier guide sur le chemin qui mène au bout des rêves.
Absolument instructive, cette part absolue de philosophie vous conduit à croire en vos objectifs, et avant tout en vous. Il suffit de le vouloir, le monde jouera en votre faveur. A chacun sa Légende Personnelle et ses outils… « Mektoub »… « C’est écrit »…
De simples mots luttent à dépeindre la philosophie de vie proposée, pour cela, comme je l’ai déjà fait pour d’autres romans, je reprendrai quelques citations. Bonne lecture.
« Il existe un langage qui est au-delà des mots. »
« C’est [mon rêve] qui me maintient en vie. C’est ce qui me donne la force de supporter tous ces jours qui se ressemblent. […] J’ai peur de réaliser mon rêve et n’avoir ensuite plus aucune raison de continuer à vivre. […] Mais j’ai peur que [le réaliser] ne soit qu’une immense déception, de sorte que je préfère encore me contenter de rêver. » => Ce passage est incroyable, il résume admirablement ma dynamique dans un certain domaine… Dernier exemple en date, regard d’alias Alfred, ne pas lui avoir parlé avant le dernier jour de peur que la personne soit différente et destructrice de l’admiration que je lui accordais.
« Lorsque tu veux vraiment une chose, tout l’Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir. »
« Notre histoire et l’histoire du monde ont été écrites par la même Main. »
« Les livres sont tout à fait comme les caravanes. […] Elles font beaucoup de détours, mais se dirigent toujours vers le même point. »
« Si tu peux demeurer toujours dans le présent, alors tu seras un homme heureux. Tu comprendras que dans le désert il y a de la vie, que le ciel a des étoiles, et que les guerriers se battent parce que c’est là quelque chose d’inhérent à la vie humaine. La vie alors sera une fête, un grand festival, parce qu’elle est toujours le moment que nous sommes en train de vivre, et cela seulement. »
« Pourquoi un revolver ? demanda le jeune homme _ Pour m’aider à me fier aux gens, répondit l’Anglais. »
« Le courage est la vertu majeure pour qui cherche le Langage du Monde. »
« Le mal, dit l’Alchimiste, ce n’est pas ce qui entre dans la bouche de l’homme. Le mal est dans ce qui en sort. »
« Personne ne peut fuir son cœur. C’est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu’il dit. »
« Quand nous avons de grands trésors sous les yeux, nous ne nous en apercevons jamais. Et sais-tu pourquoi ? Parce que les hommes ne croient pas au trésor. »
« Les vents parcourent le monde sans avoir jamais de lieu de naissance ni de lieu où mourir. »
« Je suis un vieil Arabe superstitieux, qui crois aux proverbes de mon pays. Et il en est un qui dit ceci : ‘Tout ce qui arrive une fois peut ne plus jamais arriver. Mais tout ce qui arrive deux fois arrivera certainement une troisième fois.’. » => Et c’est si vrai…
lundi 30 juillet 2007
Fascination, par Stephenie Meyer.
Bonjour à tous ! Honte à moi que d’être encore partie (visite de la famille en Ariège, puis en Espagne fort agréable) sans même déposer un petit article ici… Les vacances sont le cadre idéal pour la lecture (quoi que tout prétexte me semble bon). Je remercie donc ma cousine Cécile pour m’avoir prêté le divin Fascination de Stephenie Meyer que j’attendais avec une impatience difficilement contenue. Souvenez-vous, il y a de cela plusieurs mois (dimanche 18 février 2007), je découvrais en frémissant le roman de Stephenie Meyer, Tentation, sans savoir que c’était le second d’une série de trois. Avec celui-ci, je recouvre les douces sensations procurées en ce mois passé d’hiver, et chaque page me bouleversant jusqu’à me demander si je parviendrai à survivre sans le souffle d’Edward contre moi.
L’histoire voulez-vous. Bella va sur ses seize ans quand elle décide de quitter Phoenix et son amoureuse, excentrique et délurée de mère pour rejoindre son père, Charlie, dans les brumes et pluies de Forks. Elle voit en ce temps maussade ce que lui réserve sa nouvelle vie. Au volant de sa vieille Chevrolet (offerte par papa), elle rejoint dans le brouillard son nouveau lycée. Elle croise le chemin d’Edward Cullen, lycéen de son âge à la beauté parfaite, qui lui renvoie un regard haineux. Pourquoi tant de venin alors qu’ils ne se connaissent guère ? Cette ambiance tendue perdurera plusieurs jours. Puis, alors qu’elle ne s’y attendait plus, Edward n’y tenant plus, lui parle, la questionne sur sa vie à Phoenix, ses décisions, tout en évitant brillamment de la toucher ou frôler. Bella qui s’est toujours crue insignifiante est étonnée et un peu sceptique par cet intérêt soudain. Comme ce Dieu grec peut-il s’intéresser à elle, que jamais personne n’a regardée ? Quels dangers cachent ses si brusques changements d’humeur ? Très uni à ses frères et sœurs adoptifs, Edward quitte cependant à chaque repas leur table pour en partager une avec Bella. Malheureuse en équilibre et en chance, le merveilleux Edward lui sauvera la vie à plusieurs reprises. Et de quelle manière ! Bella commencera à s’interroger sur ce qu’il est vraiment, plus qu’humain, elle en devient certaine. Comment peut-on être aussi parfait ? Que dissimule son regard parfois noir et terrifiant, parfois doré et chaud comme du miel ? Chacun découvrira les petits secrets de l’autre, se plongeant ainsi dans un amour inaliénable dépassant la chaire et la raison.
Chers lecteurs, je ne peux que vous inviter vivement, voire vous prier de découvrir cette éruption de saveur littéraire.
NB : Juste pour écrire le nom du père adoptif d’Edward, que je trouve charmant : Carlisle.
http://aire0de0repos.canalblog.com/archives/2007/02/18/4047787.html
dimanche 22 juillet 2007
Je l’aimais d’Anna Gavalda & Une touche d’amour de Jonathan Coe
J’ai retardé un maximum le moment d’écrire les articles sur les livres lus car il me faut être seule dans ma chambre et que cela me fait passer du tout au rien avec une bonne dose de cafard. Vacances en Tunisie terminée, ma parole, c’était fantastique, tant de monde, et de découvertes de l’autre que cette solitude qui m’a toujours enchantée me parait désormais bien désagréable. Nostalgie… Alala, mon cher Saïïïmon, unique et comme moi pourtant, mon Marcel Ich liebe dich, toi Julien que j'apprécie sincèrement, Richard qui vit à 10 km de mon « bledos » et tous ceux avec qui j'ai passé de bon moments (allez, ok, Matthias aussi, je t'aimais bien)… Les garçons, c’est vide là, très vide… Vive Monastir !
Bref, je ne m’étale pas trop sur cela car j’ai le cœur gros une fois de plus. Les livres donc. Sur les bons conseils d’Edouard, lecture de Je l’aimais d’Anna Gavalda. Après avoir vu Ensemble c’est tout, on ne pouvait s’attendre qu’à du brio et ce fut le cas. Pas toutes mais beaucoup de choses sont dites. L’on entend trop souvent parler de ces couples, hommes et femmes qui restent sous le même toit pour ne pas perturber leurs petits conforts et habitudes. Ils s’accommodent de l’un, de l’autre, ne se voient plus, ne s’aiment plus, l’amour étant parti sans crier gare et en refermant la porte en un murmure. C’est confortable (?). Adrien, lui, a tout quitté, sa femme et ses deux filles car il s’est rendu compte qu’il s’était trompé. Chloé est bouleversée, elle ne s’y attendait pas. Elle passe quelques jours avec ses filles chez son beau-père, qu’elle pensait inapte aux sentiments. Ils se parlent beaucoup, une certaine admiration pour l’égoïsme du geste de son fils pointe parfois dans sa voix. Lui sa vie, il ne l’a pas vécue, il a tout gâché dans son souhait de la préserver, la femme de sa vie, il l’a laissée passer…
« La passion, la passion ! Je mettais ça entre hypnose et superstition, moi… C’était presque un gros mot dans ma bouche. Et puis, ça m’est tombé dessus au moment où je m’y attendais le moins. Je… J’ai aimé une femme. Je suis tombé amoureux comme on attrape une maladie. Sans le vouloir, sans y croire, contre mon gré et sans pouvoir m’en défendre. »
« Non ce n’est pas incroyable. C’est la vie. C’est la vie de presque tout le monde. On biaise, on s’arrange on a notre petite lâcheté dans les pattes comme un animal familier. On la caresse, on la dresse, on s’y attache. C’est la vie. Il y a les courageux et puis ceux qui s’accommodent. C’est tellement moins fatiguant de s’accommoder. »
Puis aussi, Une touche d’amour par Jonathan Coe. Pas de la mauvaise foi mais ma parole ce que ce livre peut-être bizarre ! Mon Dieu ! « Pourriez-vous énumérer les principales caractéristiques de votre groupe ? – La pâleur, la dépression, une extrême gaucherie sociale, la malnutrition, et l’inexpérience sexuelle. ». Je ne peux pas parler car je n’en sais absolument rien, que peut-être on doit admettre que l’auteur écrit bien mais tout de même ! Il m’est arrivé de lire certains livres où l’on sent de la torture d’esprit, de la méditation, des questions sur le suicide ou des choses bien sales de ce genre, et je me suis toujours demandé si c’était à commercialiser. Je veux dire par là, que l’on vend le malaise d’un homme, à moins que ce ne soit son inconscient ou entre instance qui nous parle… A-t-il un suivi psychologique ? Non, ce n’est pas comme les quelques lignes que j’avais trouvé au fin fond d’une libraire où un homme violait une jeune fille (descriptions incluses) mais l’on se sent mal en lisant cette « touche d’amour ». Quel nom étrange pour des récits conduisant sans autre choix un homme solitaire à son suicide. L’auteur peint cet homme, Robin Grant, étudiant trainant une thèse en littérature depuis plus de quatre ans, et Robin écrit ses personnages, tous tarabiscotés et en mal d’amour, déception, platonique, tromperie, et bien évidemment suicide entre les lignes. Bref, absolument pas jouissif, à moins de chérir un gène constant au fil des pages. Je terminerai comme je l’ai commencé : bizarre. A vous de voir.
« J’imagine que l’université jouait un rôle important dans votre vie intellectuelle collective. – Oui en effet. C’était là que nous achetons nos sandwiches. »
_ Avec en haut de la page, une photo du maréchal Montgomery se tenant devant un énorme tank. _ « J’étais en train de penser à l’obscénité phallique de ces engins. Je me dis parfois que la guerre n’est qu’une invention des hommes pour exhiber leurs érections en public. ». [Par une femme]
« Tu débarques ici comme un point d’interrogation ambulant. »
Et bien voilà qui est fait, je n’avais que ces deux livres et quoi qu’il en soit je n’aurais guère eu le temps d’en lire d’autres. Si quelqu’un a lu Une touche d’amour, je serais curieuse d’en lire les impressions. Mince, de nouveau serrement de cœur maintenant que je n’ai plus rien à écrire…
PS : Yeh mon Saïïïmon, toute à l’heure on m’a qualifiée de «déesse italienne» en me priant de participer au concours des Miss du bledos et alentours… Hi, hi et la vague de séduction se poursuit ^^.
vendredi 13 juillet 2007
Cerises givrées & Papa, j’ai encore raté l’amour.
Bonjour à tous ! Comment vont les affaires ? Hier, deux livres achevés… Mon esprit de synthèse, témoin de mon passage en série scientifique à n’en point douter, m’encourage à lier les deux romans en un seul post ^^. Lire deux livres en même temps (pas un dans la main gauche et l’autre dans la droite hein, j’ai déjà lu ceci quelque part, assez spécial), passe en général facilement quand le style et le thème est différent, mais là, j’avoue craindre de m’emmêler quelque peu les pinceaux entre Camille et Sadie…
Bref, le thème est commun aux deux livres, la vingtaine, un physique plaisant, de superbes amies avec qui nos héroïnes passent beaucoup de leur temps (et moi qui aie mes deux chères amies à chaque bout de la France, ô désespoir…), et la quête indéniable du Grand Amour, avec le A majuscule. Et bien oui, c’est un sujet sur lequel il y a indéniablement à blablater…entre filles ou entre deux lignes…
Tout d’abord, Papa j’ai encore raté l’Amour , de Julia et Christel Noir. Camille qui a passé cinq ans de sa vie avec son premier amour d’étudiante, vient de quitter Grégoire son compagnon, parce que justement, il était trop Grégoire. Et la voilà qui, épaulée par ses amies en cas de crise ou non, se lance à corps perdu dans la recherche de l’homme idéal. Et elle voit défiler du monde : le Vieux (riche mais vaniteux et trop vieux), le sportif (obsédé par la nature et l’entretien de son corps), le quadragénaire (voix suave, du nom de Gabriel, l’on croirait voir un ange jusqu’à ce que…) , le coq (et il parade et il parade…) , le factotum (homme à tout faire (?) ), le manipulateur (l’ancien prof de philo, peu lui importe le facteur humain, il y va), l’Homo (le meilleur ami), le Père (toujours le complexe d’Œdipe)... Et après chacun d’eux, l’on partage sa petite évaluation du coco. Amusant. Au final, après rencontre avec un psychanalyste la conclusion surgit, Camille est à la recherche d’un père tandis que les hommes quêtent une mère… L’osmose sera-t-elle obtenue, trouvera-t-elle des bras réconfortant dans lesquels se sentir en sécurité ? Ah ah… A découvrir ! 
Puis Cerises givrées, d’Emma Forrest, que, en toute légitimité, j’ai beaucoup aimé. Ici l’histoire de Sadie, vingt-quatre ans. A l’idée de départ j’ai choisi ce roman car elle avait des idées montantes sur la littérature et souhaitait écrire un livre, cela me plaisait comme dynamique. Puis je me suis réellement laissée emporter. Elle a un travail poétique consistant à trouver des noms plus ou moins sucrés à du maquillage… son talent d’écrivain y réside tout entier… Mais elle aussi est en quête d’Amour, certes elle est restée longtemps avec Isaac, qui a l’âge de son père (tiens tiens), mais elle le quitte sur une mésentente givrée de descente à ski. Et elle poursuit sa vie, encadrée de ses collègues de travail. Jusqu’au jour où arrive Marley au bureau pour peindre une fresque. Et là, sensation inconnue pour notre Sadie, elle tombe littéralement sous le charme… de quelqu’un de son âge. L’attirance est réciproque. Mais demeure un problème, son fiancé a déjà une femme dans sa vie : Montana, huit ans, fille de ce dernier et pas prête à céder son père. S’entame un réel combat de « gamines », Sadie se fait petite fille pour plaire à Montana, qui elle se fait femme pour garder son père. Et elles luttent, elles luttent à qui le conservera. Ce qu’elles ignorent c’est que Marley ne fera pas de choix : ce sera les deux ou rien. La cohabitation s’amorce haute en couleurs… Délicieusement ficelé, un pur moment de détente, je conseille vivement !
samedi 7 juillet 2007
Ma vie avec Mozart, Eric-Emmanuel Schmitt.
J’aime cet auteur, son divin Le libertin, concernant la vie dissolue de Diderot m’avait ravie au plus haut point. Seulement avec Ma vie avec Mozart, je me suis ennuyée, et d’une manière honnête. Ses livres se lisent très rapidement, alors cette sensation de lassitude ne fut pas longue, mais demeure que je n’ai pas partagé un quelconque enthousiasme envers le sieur Mozart. Bah, d’accord j’aime la musique classique, mais le problème avec Mozart, c’est que tout le monde l’aime. Inconsciemment, et loin de tout scepticisme, mes vieilles hantises du conformisme me freinent un peu. Mozart c’est un grand à n’en point douter, l’étendue de son répertoire et la diversité des registres sont saisissantes certes, mais je n’arrive pas à toujours accrocher. Je n’y peux rien, que ce soit Les noces de Figaro, quelques morceaux religieux, l’alchimie manque. Mais ce serait être d’une bien mauvaise foi que de ne lui pas concéder son talent, je l’ai déjà dit. Et pour vous montrer ma bonne volonté, je vous avoue même à quel point j’adorrrre La reine de la nuit dans La Flûte enchantée, La petite musique de nuit… Bref, non, non, je n’ai rien contre le bonhomme, mais de là à le rendre maître de ma vie comme le héros du livre, non merci. Je sentirais plus aisément Bach ou Beethoven dignes de m’inspirer sur les voies à choisir (non, non, je ne citerai pas Mendelssohn avec des yeux énamourés et le romantisme au cœur).
Mais ne badinons pas trop longtemps là-dessus, revenons-en au roman. Commencement prenant, un adolescent de quinze ans qui devant son propre reflet se demande s’il y a de quoi vivre. Maintes réflexions pour parvenir à l’idée que non, le monde est moche et lui aussi. Voilà qui est fait. Le suicide semble être la seule issue à considérer. Le plan de chute est échafaudé à la Sénèque, il s’imagine déjà, nu dans son bain, se vidant de la chaleur de son sang, et par ce même biais, de la chaleur de la vie. L’idée de dévoiler sa nudité à celui qui le recueillera en peu glorieuse posture retient cependant son geste jusqu’à un concert. Concert où il découvre un opéra du cher Mozart. Sa vie en est changée, tout devient trop beau, et son angoisse de vivre se transforme en angoisse de mourir sans avoir pu découvrir les maintes merveilles du monde. Sauvé le bonhomme, goût à la vie, grâce à Mozart. Bien à vous merci. Et voilà, à intervalles plus ou moins réguliers, notre bonhomme écrit au célébrissime compositeur qu’il aura croisé la veille de Noël auprès d’une Eglise au sein d’une chorale ou ailleurs. Et le temps passe. Le bonhomme est un homme, le SIDA fait violemment rage autour de lui, absorbant proches et moins proches. Et on félicitera l’auteur pour cet hommage au combat contre la maladie, dans un roman où la musique est maitresse, où l’on s’envole parfois loin de la réalité, c’est une « bonne piqure de rappel ».
Comme j’ai coutume de le faire, et pour montrer le brio de monsieur Schmitt (un peu monsieur Tout-le-monde comme nom), voilà quelques quotations dûment mémorables :
« Et si personne n’écoute, je parle d’Amour avec moi. » , le Chérubin dans les Noces de Figaro.
« En bref, disons que je suis passé du rôle de Chérubin à celui de Don Juan… J’ai couru après les corps autant qu’après les pensées, aussi curieux de sexe que de philosophie, libertin facile à séduire, difficile à épuiser, impossible à retenir, vite lassé. »
« Aujourd’hui, je ne sais si Dieu ou Jésus existe. Mais tu m’as convaincu que l’Homme existe. Ou mérite d’exister. »
« Merci, je ne suis plus coupé en deux. Tu as fait de moi un homme réconcilié. »
« Tu as été mon secret, puis mon porte-bonheur ; j’espère que tu deviendras mon rendez-vous. »
vendredi 29 juin 2007
Belle du Seigneur, Albert Cohen & Entretien avec un vampire, Anne Rice.
Comme annoncé sous cape, partie passer une semaine en bord de mer dans un cadre si idyllique que je peine à laisser mes voiles de duchesse et recouvrer ma petite vie. Alors, faisons dans l’ordre, oublions le mode duc un instant et concentrons nous sur les mises à jours. Soyons fous.
Belle du Seigneur, Albert Cohen.
Hélas je n’ai pas noté le jour où j’ai commencé ce livre. A vue d’œil, je dirais que c’était il y a de cela environ trois mois. J’avais entendu que ce roman était le chef-d’œuvre de la littérature amoureuse alors comme je le fais si souvent, je m’étais lancée. Pas à corps perdu au départ. Ce livre avait sa pièce, il n’en sortait pas, je le découvrais tous les matins vingt minutes avant d’aller en cours, il a passé le bac à mes côtés. Valeur sentimentale. Bref, mon ressenti ? Départ qui semble lassant car tellement banal. Une épouse, belle à être volée, un époux « couillon » à faire rire. Lui, c’est le mari typique amoureux de sa femme, qui part travailler tous les matins, qui se plait à lui-même, qui pense que sa petite tête ronde attendrit madame. Elle, est légère et a l’âme qui vagabonde. Petite fille dans un corps de femme. Le couple classique, avec ses petites habitudes qui font que l’ennui s’installe vite si le lecteur n’est pas accroché. Et ce gentil cadre qui se dépeint sur tout simplement… 400 pages ! Je dois avouer que le découragement m’ensevelissait parfois, d’autant plus que les pages entières sans ponctuation, à l’effigie de madame, me paraissaient parfois bien amères. Mais, ce serait oublier que la dame est plus que charmante, une déesse envoyée sur terre. En quelques pages c’est le retournement de situation. Solal se met en tête de séduire la belle Ariane. Par une éloquence quasi-parfaite et un physique enchanteur, il la conquiert dès le premier soir. Et c’est des baisers dans le salon, le pauvre mari étant parti en mission. Des baisers et toujours des baisers, des regards langoureux, amoureux. Les deux tourtereaux semblent seuls au monde, ils s’aiment, la vie brille devant eux, chaque journée se destine à la préparation du soir 21 heures, heure où leurs lèvres se rejoignent. Le matin ils se quittent. Tous les matins ils se quittent, avec l’espoir du soir où chacun reverra le reflet de son cœur. Et nous lecteurs, le bon mari, il nous sort un peu de l’esprit, on est enthousiastes devant tant de perfection et d’amour. On savoure. Cependant, le mari, lui, sa femme il ne l’oublie pas, le retour de mission se précipite. Un beau soir, il sonne à la porte de chez lui. Ariane n’attendra pas. Le lendemain matin, alors que le pauvre bougre lui portait son thé au lit, il trouve une lettre de sa femme, qui lui annonce qu’elle est partie. Il tente alors de se suicider sans grand succès, il n’en sera plus question dans ce roman. Solal et Ariane, quant à eux, filent toujours le parfait amour. Cela dure plusieurs mois, ils se sont installés dans un luxueux hôtel en bord de plage, il est son Seigneur, son Maître, son Aimé. Hélas, ô combien hélas, très vite leur seul amour ne les contente plus. Ils se le cachent longtemps mais n’ont plus rien à se dire, ils ne sont plus parfaits. Cet amour laisse deviner un peu de superficialité, en effet, ces longues préparations pour plaire à l’autre le déshumanisent. Ils s’aiment, mais de guerre lasse, la fougue des premiers soirs ne devient qu’un lointain souvenir. Et peu à peu, on sombre avec nos deux héros, partageant leur souffrance réciproque, si proches de nous mais aussi si lointains. Le lecteur est chamboulé par la houle de ces sentiments, tant que l’on perçoit avant eux la seule issue possible pour nos deux amants aux corps si parfaits.
En résumé, je crois que ce roman est vivement conseillable, aux femmes surtout me semble-t-il. Par compassion, je vous avertis qu’il faudra sûrement que vous sautiez quelques pages pour mieux le savourer. On apprend aisément à savourer les petites habitudes d’un couple. Ce qui pouvait paraître un peu « cucul » en début de livre, lorsque le petit Deume préparait la bouillote à sa femme ainsi que mille autres petites attentions, rayonne par effet contraire lorsque l’on constate les drames d’un couple avant tout corporel. A méditer.
Entretien avec un vampire, Anne Rice.
Un tout autre genre à n’en point douter… Mais cela est de la belle littérature, Anne Rice possède une plume qui glisse admirablement bien.
« Je crois avoir eu un frisson de délice en entendant ces mots : ‘Que la chair instruise l’esprit.’ ».
Je ne déborderai pas de plus que quelques gouttes. Il me semble que le thème du vampirisme n’est pas à considérer comme seulement terrifiant, bien au contraire, c’est un appel du corps, une dimension que l’on pourrait aisément qualifier d’érotique même. Et c’est en cela que l’on ressent la puissance de ce genre d’écrits, quand le corps lutte contre l’esprit et vice-versa. L’aspect psychologique, voire psychanalytique n’est sûrement pas à omettre.
L’histoire de Dracula et de ses « fils » n’a jamais manqué d’être passionnante…
dimanche 6 mai 2007
Les mauvais anges, d’Eric Jourdain.
Quand il a écrit ce livre, l’auteur avait tout juste seize ans, et c’est avec plaisir que nous savourons sa dextérité à manier la langue française. Publié en 1955, Les Mauvais Anges traîneront pendant trente ans la malédiction d’une décision prise à l’époque par l’abbé Pihan.
La description des amours à l’usage universel aurait évincé la vertu de ce livre. Du coup l’auteur a trouvé une passion fulgurante et passionnelle entre deux jeunes adolescents. Pierre et Gérard. Cousins, ils apprennent à se connaître à la mort de leurs mères, vivant sous le même toit avec leurs pères. Au départ c’est une amitié banale, mais peu à peu se profile le trouble causé par l’autre puis bientôt le désir, le souhait d’une caresse. Par une belle après-midi, ils s’embrassent. Débute une passion dévorante, assoiffée de chaire, assoiffée de l’autre. Leur relation est turbulente. Si l’un s’éloigne, l’autre se meurt, ils s’aiment tant que l’on comprend que la seule issue est la mort. Ils profitent d’eux, de leurs besoins, rassasient leurs désirs, assouvissent leurs soifs, pensent en osmose, vivent à travers le souffle de l’autre, s’adorent nuits et jours et tout cela sans vulgarité, presque sans bestialité. Un amour en pleine puissance, un amour sans réserve ni sagesse.
« Toi on te désire, on ne t’aime pas. »
mercredi 25 avril 2007
Les hommes au triangle rose, Heinz Heger.
Le 12 mars 1939, Heinz Heger, étudiant et homosexuel est arrêté par la Gestapo. Comme bien d’autres, il ne comprend pas jusqu’à ce que le SS le mène face à un gradé qui, après l’avoir laissé « mijoter » quelques secondes l’accuse en ces mots « Tu es un pédé, un homosexuel, avoue-le ! ». Bafoué en raison de ses préférences sexuelles, il se retrouve dans un convoi en direction du camp de Sachsenhausen en tant que concerné par le paragraphe 175. Ses compagnons de convoi le battent en le traitant de « pédé de merde ». Ils l’obligent à certains actes dégradants car eux sont normaux et que ce n’est pas comme ces « truies en chaleur. » Et l’enfer ne fait que commencer. Arrivé au camp, il est bien vite humilié par ce triangle rose « Le triangle rose était de deux à trois centimètres plus grand que les autres, car nous, les homos, mieux valait nous reconnaître de loin » écrit-il. Bien vite, il se « familiarise » avec le système d’organisation du camp, chaque bloc est placé sous tutelle d’un doyen responsable devant les chefs SS, appelé communément « personnalité », puis en dessous d’eux des « kapos » ou chefs de salles. Le travail est exténuant et humiliant, en hiver, les homosexuels sont condamnés à déplacer de la neige d’un côté à l’autre de la route jusqu’à la nuit, sans autre intérêt que de les rabaisser. Ensuite il y a aussi le travail éreintant dans les carrières, où on y meurt par centaines. Heinz comprend que pour survivre il doit se placer sous la protection d’un supérieur. Usant de sa jeunesse et de son charme, il est épargné et en contrepartie, il partage sa couche avec kapos ou personnalités. Mais il survit, et dans cet enfer, c’est la seule chose qui compte. Physiquement, il est donc préservé mais psychologiquement, il ne peut ignorer les tortures réservées à ses camarades de misère. Il décrit l’imagination intarissable des SS lorsqu’il s’agit de faire le Mal, et le plaisir qu’ils y prennent. Aucune humanité ne transparait. Ce sont des bêtes assoiffées de sang et jouissant de la souffrance des autres. C’est par milliers que sont tués les déportés, anonymes dans cette machine infernale engrenée par Hitler. Et une fois de plus on ne peut être insensible à de telles horreurs. Je pense notamment, à ce jour de Noël, décrit par l’auteur, où les SS avaient fait dresser un gigantesque sapin sur la place principale du camp, et pendu des corps humains mutilés, en obligeant les autres déportés à chanter « Mon beau sapin » en dessous. Bien des années plus tard, le lecteur est encore secoué, nauséeux à travers ces mots crus et si vrais. Mais Heinz s’en sort. Il veut reprendre ses études et n’y parvient pas, brisé par ce qu’il a vu dans les camps, brisé par ce qu’il ne pourra jamais oublier, son attention est incapable de rester vive, il s’égare, il revoit, il revit, et il l’écrit. Un témoignage capital à n’en point douter.
















