mardi 21 août 2007
La fille coupée en deux, par Claude Chabrol.
Parce que le cinéma c’est important… Je profite de l’occasion pour remercier Edouard qui m’a conduite à voir le film La fille coupée en deux.
La trame s’inspire d’un fait divers, qui a défaut d’être d’actualité, fut retentissant. En 1906 un célèbre architecte qui aimait les jeunes femmes fut assassiné alors qu’il assistait à un spectacle. L’assassin, un playboy millionnaire était l’époux d’une ex-maitresse de l’architecte. Et oui, les crimes passionnels ce n’est pas nouveau…
Voilà pour le squelette de l’histoire…historique. La clarification étant faite, nous pouvons désormais aborder le film. Gabrielle Deneige (Ludivine Sagnier) est une jeune femme qui, comme Blanche-Neige a croqué dans une pomme, croque à pleines dents dans la vie. Sa présence séduit tous ceux qui l’entourent. Un jour, alors que Charles Saint-Denis (François Berléand), célébrissime écrivain qui excelle dans l’emprunt des mots aux autres, abattant avec dextérité ses cartes, heu des citations (tiens, cela me rappelle quelqu’un…) dédicaçait l’un de ses livres, il fait la connaissance de Gabrielle. La jeune femme au nom d’ange s’éprend immédiatement de lui. Il a la cinquantaine passée, elle a tout juste vingt ans, elle est innocente, il est un peu pervers. A son sens il lui apprendra la vie, et après lui avoir offert une rencontre échangiste pour son anniversaire, s’en ira sans laisser d’adresse. Brisée, Gabrielle refusera de se nourrir et de sortir. Surgit alors une ancienne rencontre, Paul Gaudens (l’excellent Benoît Magimel), héritier milliardaire et amoureux qui s’engage à lui redonner goût à la vie. Le personnage est intéressant, c’est le « quéqué » des villes par excellence, préoccupé par son look, mais pas par les
PV qu’il jette négligemment sur la voie publique. Il est le fils à maman, ne respecte rien car il est habitué à avoir tout ce qu’il veut. Et cependant on en tomberait presque amoureux tant Benoît Magimel donne du charme à Paul. Bref, il demande Gabrielle en mariage, ne voyant plus de sens à sa vie, elle accepte. La publication des bans est faite par radio et entendue par Charles. Il reviendra en courant auprès de Gabrielle alors qu’elle est désormais mariée. Par sincérité elle annoncera à son mari, Paul, ce que lui a fait faire Charles, Charles son seul amour. Paul, qui est déséquilibré mais qui le cachait bien sera comme fou. Lors d’une soirée où l’écrivain avait été invité à discourir, il monte sur l’estrade et le tue de plusieurs balles.
vendredi 17 août 2007
L’affaire Dominici, de Pierre Boutron, avec Michel Serrault, Michel Blanc et Thomas Jouannet.
Dans un cadre peut-être peu propice, au beau milieu du contenu de l’intérieur de mes placards, pour le moment étalé sur le sol, je mets la main au clavier, gagnée par l’émotion. Troisième fois déjà que je regarde l’excellent L’Affaire Dominici de Pierre Boutron.
L’histoire, comme bien d’autres tout aussi horribles, est tristement célèbre. Nuit du 4 au 5 août 1952, six coups de feu sont tirés vers 1 heure 10 du matin. Quelques heures plus tard sont retrouvés les corps sans vie de trois anglais, sir Jack Drummond (deux balles), sa femme Anne (3) et leur fille Elizabeth, la tête fracassée par des coups de crosse, borne 32 de la nationale 96, à quelques kilomètres de Lurs et sur les terres de Gaston Dominici. Le commissaire Sébeille (joué par un Michel Blanc hautain et détestable) est chargé de l’affaire. Instantanément, il soupçonne Gaston Dominici (Michel Serrault), ce vieux bougre amoureux de sa Grand-Terre et poussera au
grand jour les vieilles histoires de famille afin de faire avouer son coupable tout trouvé. Abusant de la vulnérabilité du fils cadet, Gustave (Bruno Slagmulder) et de la haine déclarée de Clovis qui se pense détesté de son père, Sébeille amènera les deux fils à accuser leur propre père. Cette affaire fut suivie avec alacrité par plusieurs journalistes, qu’ils soient français ou étrangers. Dans la représentation filmographique, la conscience même du journaliste professionnel est interprétée par le plus beau et le plus exaltant des acteurs français, Thomas Jouannet, qui joue Lukas Fabre. Lukas, dégoûté par les membres de sa profession qui se jettent sur les ragots et les sales histoires comme des lions affamés, transforme cette affaire en une affaire personnelle où il se charge de mettre à jour la vérité. Rapidement, il se prend d’amitié pour le vieux frustre, et l’aide autant qu’il peut, il ne vivra que pour sa défense durant de longues années. Le procès débutera le 17 novembre 1954. Après une douzaine de jours d’audience, où s’accumuleront des aveux grotesques tels que Gaston, 77 ans, ayant possédé Lady Dummond, une défense maladroite et peu loquace, et malgré l’absence de preuve, Gaston Dominici est déclaré coupable, sans circonstance atténuante, donc condamné à la mise à mort. Une contre-enquête fut menée, et en 1957 la peine fut commuée. En 1960, sous ordre du Général de Gaulle, Gaston Dominici fut libéré. Il mourut en 1965 sans que l’on sache exactement son degré d’implication.
Bien, ce film est excellent et bien impliqué. La thèse beaucoup plus ardue selon
laquelle Jack Drummond aurait en réalité été un agent secret à la retraite est celle défendue avec alacrité par Lukas Fabre. L’assassinat des Drummond serait donc lié à des règlements de comptes post-résistance et n’aurait rien à voir avec un conflit familial autour de la grand-terre. De facto, on ressort de ce film avec la sensation d’une énorme erreur de justice, où un innocent aurait servi d’exemple dans des conflits internationaux, patriarche s’accusant pour sauver sa famille. Le crime passionnel, qui fut la thèse officielle à l’époque porte plus du grotesque dans cette représentation, surtout lorsque l’on sait qu’au moment des faits, Gaston avait 75 ans.
NB: En réponse à la question que j'ai remarquée à plusieurs reprises sur internet, à savoir si le personnage de Lukas Fabre a réellement existé. Contrairement à tous les autres personnages du film, Lukas a été inventé. Mais attention, rien de fantaisiste à cela, Lukas symbolise à lui seul tous les journalistes de l'époque ayant défendu l'innocence de Gaston Dominici. Et il faut reconnaitre que voilà là un très beau rôle pour Thomas Jouannet, et un beau clin d'oeil aux journalistes défendant l'honneur de leur profession corps, coeurs, et âmes...
mercredi 1 août 2007
Le libertin, avec Vincent Perez.
« Au XVIII ème siècle, le philosophe Diderot et ses amis écrivent la première Encyclopédie de l’Histoire de l’Humanité. Ils mettent le savoir à la disposition de tous, l’arrachant aux mains du pouvoir et des prêtres. C’est une révolution qui en annonce une prochaine : celle de 1789.
Immédiatement, l’Encyclopédie est censurée et interdite. Mais rien ne les arrête.
Qu’est ce que l’on était libre, lorsque l’on inventait la liberté ! »
Le livre d’Eric-Emmanuel Schmitt était déjà « génialissimement » croquant quant à l’image frivole du sieur Diderot qui nous était offerte. Le film poursuit merveilleusement dans cette direction, avec un Vincent Perez saisissant par son interprétation du philosophe. Je ne retracerai pas l’histoire ici puisqu’elle suit avec précision le roman. Alors, laissons-nous emporter par diverses remarques.
Pour commencer, on est rapidement saisi par le brio des philosophes. XVIII ème siècle, les Philosophes des Lumières… des français ! Des français ! Si ce n’est pas magnifique, le berceau de la lutte contre l’Obscurantisme situé dans notre pays rien qu’à nous… J’en suis toujours émerveillée, ils peuvent courir et se montrer les Américains, l’Encyclopédie elle est française ! Diderot, Voltaire… et bien ils sont aussi à nous ! Ah ce qu’il est beau que de redorer…
Et le débat intérieur de Diderot sur la morale… Succulentes interrogations sur le fait qu’il y ait ou non deux morales, l’une du corps, l’autre de l’esprit. « La morale c’est l’art d’être heureux ? » après une discussion avec sa femme, rapidement renversée par un « l’Encyclopédie se doit d’aider les pères » après que sa fille lui ait demandé l’autorisation d’avoir un enfant avec un chevalier. Enfin, se référant à l’article « Ethique » où il était écrit « Se référer article Morale », il rédige habilement « Morale : Se référer à l’article Ethique », invitant ainsi les lecteurs à penser par eux-mêmes lorsqu’ils en chercheront la définition. Et si de morale il n’y avait pas ? ! Et le libertinage défendu avec une fougue exemplaire par Diderot…
Et les acteurs ! Vincent Perez qui se promène en tenue d’Adam, « comme Dieu l’a fait » tout en philosophant avec sa femme (il tente de lui expliquer que c’est en la trompant qu’il l’aime plus). Josiane Balasko en la baronne d’Holbach qui n’est préoccupée que par l’alimentation (le passage où le cochon sensé produire la note Fa Dièse termine en saucisson ainsi que le reste de la chorale provoque le rire à souhait). Michel Serrault (hommage à lui que j’appréciais beaucoup), en cardinal sidéré par tant de frivolités. (L’arrivée du cardinal et le dialogue entre son frère et un autre homme : « Mon frère ! Mon frère arrive ! _ Pas celui qui porte des robes ? _ Si, celui qui porte des robes. » ). La marquise de Jerfeuil par Arielle Dombasle qui se dit dévote et s’ouvre aux plaisirs jusqu’à l’intérieur même d’une chapelle. Son mari, le chevalier, attiré par les hommes qui ne se l’avoue pas de manière implicite, quoiqu’il adore les sabres pour « leur forme, leur puissance, leur position… Sabres se portant bas le long de la jambe lorsqu’ils ne servent pas, puis haut et droit lors de la montée à l’assaut »… Le bel humour grivois à savourer. Ses tendances seront mises à jours par deux marquis, le marquis de Cambrol et le marquis de Luiz que vous aurez sûrement remarqué pour son incroyable beauté de mannequin. Et en effet, pour la petite histoire, le maquis de Luiz, Arnaud Lemaire est bien mannequin et est actuellement du haut de ses 34 ans avec Claire Chazal. Et bien…
Bref, une fois de plus, Diderot n’est pas celui que l’on pensait…« L’Encyclopédie donne ses lettres de noblesse au plaisir. »
http://aire0de0repos.canalblog.com/archives/2007/02/11/3971475.html
vendredi 13 juillet 2007
Entretien avec un vampire, par Neil Jordan.
Vingt-trois heures, allez soyons fou, je pose sans attendre mes pensées sur ce film. Il y a quelques semaines (oh mince ce que le temps passe vite) je découvrais avec un intérêt sans feinte le premier roman d’Anne Rice sur le thème du vampirisme (cf. quelques articles plus loin). Ce soir, découverte du film, Entretien avec un vampire, avec la même attention.
Que dire ? Et bien ma foi, une réussite. Les passages longuets ont su être coupés avec dextérité et le choix des acteurs est digne de toute attente. Pour commencer Brad Pitt nous submerge en un Louis, vampire s’accrochant à sa mortelle humanité telle la véhémence accordée au dernier lever de soleil. Lestat… Ah pernicieux Lestat, magnifiquement interprété par Tom Cruise, immoral, désirable et félin à souhait dans ses habits aristocratiques du XVIII ème. « A croquer » pourrais-je même dire en badinant avec les jeux de mots et le double sens. Quant à Claudia qui demeura déplaisante et inamicale au possible dans le roman, elle tint ce soir grâce à mes yeux, peut-être en raison de l’interprétation de Kirsten Dunst. Le fait que Claudia paraisse moins petite fille (la poupée aux robes de marquises que je voudrais essayer) et que l’on la voit réellement adulte participe dans la compréhension de l’amour charnel entre elle et Louis, elle qui désire un corps de femme qu’elle n’obtiendra jamais. Cela est bouleversant, son tracas s’accroissant au fil des ans, de l’immoralité qu’elle avait copié à Lestat (mmm, quelle complicité lors des interprétations au piano, doigts fins parcourant les touches), elle est transportée par ses démons intérieurs tout comme son père et son amant à la fois, Louis. Et dans cet univers de plus en plus sombre, progressent l’amant et la bien aimée, laissant Lestat pour mort. Arrivée à Paris. Dans un moment de tourment, déambulant, Louis croise Armand. Armand qui est comme lui, un vampire, le plus âgé de tous. L’on aurait pu s’attendre à croiser un Dumbledore mais c’est en réalité un captivant Antonio Banderas qui nous fait face. Armand est immédiatement conquis. Louis perdra Claudia. Il refusera de ce joindre à Armand, craignant que ce dernier lui apprenne à ne pas regretter et ainsi le privant à jamais de sa souffrance qui le rend si différent. Et là je me de
mande à très haute voix comment peut-on être en mesure de décliner quoique ce soit face à notre Zorro des temps modernes. Peut-être que s’appeler Brad Pitt est un fait aidant…
Et comme pour beaucoup (mais pas l’Amour hein), il faut bien qu’il y ait une fin. Louis achève son récit par un Lestat amorphe et brûlé dont il ignore ce qu’il est devenu. Son jeune interlocuteur lui demande sa vie. Louis s’emporte d’être si peu compris et se volatilise après lui avoir proposé la mort. Apeuré, le journaliste s’enfuit dans sa décapotable où il glisse l’enregistrement dans sa radiocassette... Tadam, au volant il se fait mordre (sans que mort s’ensuive pour le moment) et pousser sur le siège passager par… Lestat en personne. Totalement affriolant, miam. Avec son air désabusé il annonce que cela fait deux siècles qu’il écoute ces jérémiades. « Ah Louis, Louis… ». Et il met de la musique en augmentant le son… La lutte pour s’intégrer à la modernité est bien engrenée…
Sympa vous ne trouvez pas ?
PS : J’avais quatre ans quand ce film est sorti, j’en ai désormais dix-sept. Comme quoi…
Harry Potter et l’Ordre du Phénix
Mais bien sûr que je suis la légitime sœur de mon frère ! Je n’allais pas oublier de rédiger un article sur le sujet de chacun de ses doux mots… Harry Potter ! Car sachez que l’on ne fait pas un pas dans sa chambre sans se cogner à une baguette, magiquement aimantée à l’angle de sa lampe, sans apercevoir une ribambelle de nos chers sorciers en photo, et sans reconnaitre un petit air de famille en ses lunettes rondes… Alors, pour la toutounette (c’est lui) à sa Nana (c’est moi), voici !
Harry Potter… Ah Harry Potter, roman entrainant inconsciemment un amaigrissement visible de votre personne (vous avez le temps de manger vous alors que vous dévorez des yeux les mots de J.K. Rowling ?), des cernes bleuâtres (vous avez le temps de dormir vous alors que vous dévorez des yeux les mots de J.K. Rowling ?), et un ciel bien noir (vous êtes capables de laisser les étoiles au firmament et de ne pas toutes les réunir en vos yeux vous alors que vous dévorez des yeux les mots de J.K. Rowling ?)… Mmm Harry Potter, c’est magique, et dans tous les sens du terme. Ce que j’ai toujours adoré c’est d’avoir le même âge que nos sorciers préférés lorsque je lisais les romans, l’identification était si facile… Puis il y a eu les films, où les acteurs cette fois avaient mon âge… Au premier battement de cils de Daniel (Harry) j’avais trouvé un amoureux, à la première phrase de Rupert (Ron) un ami, à l’apparition d’Emma (Hermione) une sorte d’antipathie ^^, un coup de foudre (glacé ?) indéniable pour la froideur de ce divin Alan Rickman (Severus Rogue) et un attachement inviolable pour David Thewlis (R.J. Lupin), qui soit dit en passant interprète Paul Verlaine dans Eclipse Totale alors immense respect. Bref, véritable extase à la vue et à l’ouïe. Succulent.
Et en ce mercredi 11 juillet 2007 tant attendu par la Pottermania sortait sur nos écrans (si, si le jour même dans ma montagne ignorée) Harry Potter et l’Ordre du Phénix. Même si le livre fut lu en 2003 (mon Dieu quatre ans déjà ??? Mais ce n’est pas possible, c’était hier ! ) on replonge à la seconde même où l’écran s’éclaire dans notre second monde.
Mmm, mais tu sais que tu m’avais manqué Harry ? Son esprit est torturé tout le long, la tension est palpable, l’ambiance est plus sombre, Harry a grandi, il ne combat plus des dragons ou autres bébêtes qui plairaient à Hagrid mais ses propres démons intérieurs. L’expérience cathartique, même dans des films tout public si ce n’est pas merveilleux… Oh mais pourquoi les passages sur l’Ordre sont-ils si abrégés ? Il est où l’arnaqueur de chaudrons ? Il est où Severus ? Elles sont où les œillades de Tonks sur notre loup garou préféré ? Bref, elles sont où toutes ces pages ? Mais c’est merveilleux tout de même. Fred et Georges sont toujours ces véritables bouffées de bonne humeur (mais quelle idée de tronquer leur départ de Poudlard, et ceci pendant les BUSES en plus ? Non, non, non, il fallait nous l’accorder, de même que la complicité du professeur McGonagall). Ginny commence a vraiment faire peur, hi hi, admirable, son aura de sorcière est de plus en plus palpable, quelle puissance pour celle qui n’est plus un petit bout de chou. Luna Lovergood a trouvé L’Actrice parfaite pour l’interpréter, ma parole, elle est née pour ce rôle à n’en point douter. Et cette douce façon de chercher le bien chez tous, cette douce ignorance (mais pourquoi ne parle-t-on pas du directeur de journal qu’est son père ? Et les services rendus alors ?)… Ron est de plus en plus charmant, vraiment. La complicité qu’il développe réellement avec Hermione est superbe, on est heureux pour eux. Et enfin, et bien oui, il y a eu le fameux French Kiss (si, si « C’était comment ? » … « Humide »… Merci ;-) ) entre Harry et Cho. Et oh bande de petits coquinous de même pas 10 ans, vous pensez que je ne vous ai pas vu dans la salle regarder des choses de grands avec un vif intérêt et le rouge aux joues ? Et bien c’est raté, la température ayant grimpé de 3 degrés au minimum ne plaide pas en votre faveur. Dommage tout de même que cette scène n’ait pas eu l’influence qu’on lui donnait quand le tome 6 n’était pas encore sorti… Benh oui, là, elle ne nous intéressait pas Cho, nous c’est Ginny et Harry que l’on veut voir s’embrasser, c’est bon quoi. Puis aussi, avec tout ce sombre qui parsème réellement les trois derniers romans, on s’était tant et si bien forcés à oublier la mort de Sirius que l’on y était presque parvenus, et là bam, naannn, ne meurs pas ! Le passage sans voix remplacé musicalement où Lupin retient Harry qui hurle la mort de son parrain est divin. Puis Bellatrix, du coup, on ne peut se concentrer sur la beauté de la folie pure, tant pis pour elle… Ah, et heu, les professeurs, on ne les voit pas vous ne trouvez pas ? J’ai été perturbée de ne pas assister à un méchamment rabaissant court de Rogue ! Et puisque je suis lancée sur lui, les cours d’occlumancie, un coup de baguette et il en reste qu’
une unique minute ? C’est tout ? Il sait se défendre là Harry ? Et tout ce que l’on voit dans le livre, on n’a pas le droit aux images ? Elle est où l’intervention de Lilly lorsque James humilie Rogue ? James est si arrogant dans ce court extrait, dans le livre aussi mais au moins on se tenait informé de la position de Lilly sur celui qui deviendrait son mari (et on se demandait bien comment d’ailleurs). Voilà alors du coup c’est tout ? Coupé, James Potter était l’équivalent des skis-études actuels ? Se croyant au dessus du monde ? Belle image pour le fils et pour nous ! Non, non, et non! Pourquoi nous donner des miettes et ne pas nous offrir le pain dont elles sont issues? Je refuse cela, sachez-le bien ! Voilà que je m’emporterais presque, pardonnez cet élan, mais avouez tout de même que c’est fort dommage. Tout de même je suis soulagée que dans la dynamique cut-cut du roman, la torture physique et mentale infligée à Harry au moment où Lord V… s’infiltre en lui n’ait pas été supprimée, j’ai eu très peur un instant.
Mais c’est Harry Potter, alors c’est MERVEILLEUX c’est tout ! Vivement le prochain film ! And the book in english, dear… Enfin, s’il ne meurt pas, parce que là, mais alors là, ce ne sera plus la peine de me parler, sachez le bien.
samedi 30 juin 2007
American Psycho, de Mary Harron & L’interprète, de Sydney Pollack.
Le bord de mer c’est le bonheur d’une semaine avec des personnes admirables… Hi hi MC, n’oublie pas que nous devrons toutes deux partir à la conquête d’un monsieur B. sur le sol français d’ici quelques années afin d’avoir LA vie parfaite (chose dont je n’ai aucun doute que nous obtiendrons)…
Et ce fut aussi deux soirs de purs « thrillers »… J’ai quelques réticences à en parler ici car cela a un réel goût de « gore », chose encore non-vue sur ce site, mais mon âge me pousse à l’honnêteté, alors allons-y…
American Psycho, de Mary Harron. 
Du coup je ne suis pas très rassurée d’être seule dans ma chambre à écrire sur ce « dark movie »… Bouh, délicieuse odeur de la mer et de… soutenez moi. « Golden boy le jour, Serial Killer la nuit. » Prometteur. Il est beau, il est jeune, il a de l’argent (mais n’en parlons pas en bonne société). Bref, c’est un « golden boy ». Le film débute avec tous les soins qu’il se fait pour avoir sa peau de rêve, et, ne serait-ce qu’avec cette scène innocente, on sent déjà un bonhomme pas net et tracassé. S’ensuit cette désagréable sensation lors du passage des cartes de visites. Notre coco pâlit et se met à trembler lorsqu’il découvre que des collègues possèdent une plus belle carte de visite que lui. Mémorable. Et surviennent les scènes nocturnes. Argh, mon plancher vient de craquer, il est bientôt minuit, seul mon petit frère est dans la maison, grrrrr, je finis vite. Alors la nuit il tue, des prostituées surtout, après les avoir filmées et fait valoir son statut de mâle. Plus les nuits passent, plus c’est terrifiant, son imagination n’est jamais à court, chaque meurtre sanglant est fait dans l’original. La dernière femme est tuée par une tronçonneuse. J’ai assez mal vécu le passage, heureusement que vous étiez là.
C’est dark n’est-ce pas ? Vraiment très gore, on ne regarde pas cela quand on est une jeune fille de 17 ans… Eh, attendez, je pourrais aussi vous parler d'Happy Tree Friends, qui n'est pas mal gai non plus... Moui. Mais attendez, là est le revirement, dans les dernières minutes. Il se rend compte qu’en réalité, tous ces meurtres, environ quarante ne se sont produits que dans son … esprit. Véritablement torturé, il est dans l’incapacité depuis le début de déceler le vrai du faux, et du coup, nous aussi. Le film achevé, encore tremblants, bien assis, on s’interroge encore sur tel ou tel passage. Cette soif de tuer, cet homme qui ne ressentait aucune émotion, est-il oui ou non un serial killer ? Que vaut l’enquête, la présence de l’inspecteur ? Pourquoi tel homme a-t-il disparu ? Ces cadavres dans cet appartement, inventés ? Ou l'appartement nettoyé?
Argh, je stresse, j’arrête, je passe à l’autre film.
L’interprète, de Sydney Pollack.
Interprète à l’ONU, Nicole Kidman entend par mégarde qu’un dictateur convoqué très prochainement à l’ONU va être assassiné. Enquête, retour sur le passé, petits coups de stress. Deux heures. Long. Enfin, l’inspecteur m’était sympathique, et ce sera tout pour la familiarité.
Me voilà à jour ! Eh, eh, maintenant, j’ai autre chose à rattraper… Le sommeil en fait partie, j’ai adopté un rythme de vie auquel il ne participait que peu… Et puis, cela m’aidera à oublier que j’ai quitté le monde des Ducs ^^, ce qui n'est pas très "gaiy" en soi.
Un dernier mot ? Push it, push it, look me working… I’m perfect !
lundi 25 juin 2007
Fauteuil d’orchestre, de Danièle Thompson.
Titre prometteur… qui tient ses promesses. Fauteuil d’orchestre. Le cadre était charmant, en bord de mer, canapé bleu et blanc, deux personnes charmantes et un bon film… Que rêver de mieux ? Une histoire de destins croisés qui s’entremêlent et se démêlent au grand plaisir du spectateur qui se laisse embarquer par cette houle sentimentale. Le résumé pour commencer : « Une actrice populaire mais rêvant de cinéma intimiste, un pianiste surdoué qui rêve de jouer devant un public ignorant et naïf, un collectionneur qui vend en un soir toute l'œuvre de sa vie, une jeune provinciale qui tente sa chance à Paris, car sa grand mère lui a dit : "je n'avais pas les moyens de vivre dans le luxe, alors j'ai décidé d'y travailler." Tous ces personnages et leurs compagnons vont se croiser et se retrouver le temps d'une soirée au Café des Théâtres, où ils viendront soigner leur névrose devant un café ou un "tartare frites". ». Bref, admirablement réjouissant. Je préciserai pour les adeptes du piano que l’on retrouve de très bons morceaux prenants, je cite Tchaïkovski par exemple. Visons un large public, pour les adeptes du théâtre, on admirera l’aisance avec laquelle l’actrice s’approprie la pièce qu’elle joue, l’insertion d’humanité dans une pièce sensée être démunie de sentiments est indéniablement nécessaire. Quant à la petite Jessica, une véritable petite fleur, une bouffée d’oxygène et de liberté. Un seul mot pour terminer, car étant au bord de la mer, je ferai bref : SAVOUREZ.
Bien le bonjour maritime à tous ! Carpe Diem.
dimanche 17 juin 2007
Angel, François Ozon.
Chers amis, chers frères internautes… Il est vrai qu’un retard quant aux mises à jours est fort visible ici… Mais réjouissons-nous, voilà que le bac est terminé. Et comme l’a dit une amie à qui je tiens beaucoup (tu vois l’idée MA Gaby), maintenant que l’éducation du corps a été réalisée grâce aux sciences, nous avons tout le loisir de s’enrichir l’esprit d’effluves littéraires…
Sorti mi-mars 2007… patienter jusqu’à ce lundi 4 juin pour le voir débarquer sur nos écrans de montagnes reculées. Mais ce n’est que trois frêles mois dirons-nous, et puis, de nos jours le romantisme intéresse tant que la salle était si bondée qu’il a presque fallu se battre…avec les sièges (sur moi ! sur moi ! pas lui !)… Bref, Angel, de François Ozon…
Comme il se dit dans le langage novice typique de l’adolescence, « la pure classe » fut que le film soit en VO. Mmmm, succulentes voix anglaises qui n’auraient pu être dépeintes en français (malgré les efforts). J’aime l’anglais (pas seulement en raison de l’excellent bac littéraire qui nous a été proposé en tant que scientifiques). Pas autant que le français, peut-être car il m’arrive de perdre mes mots, mais je le trouve charmant. L’anglais mais aussi les anglais au sens masculin du terme, je n’ai jamais rien eu contre le prince William, le parti est à considérer. Mais que dis-je ? Pas de partis pris dans l’Amour ! Nah ! Voilà que je perds le fil, boucles blondes, yeux bleus, et look point-frenchy, reculez, je m’apprêtais à causer Lettres là.
L’histoire. Situez-vous, Angleterre, début des années 1900. Une épicerie piteuse mais chérie. Deux femmes. L’une est la mère, l’autre la fille. La première travaille avec alacrité à subsister, l’autre est fleur bleue et c’est bien le cas de le dire. (Pour de plus amples informations, se référer à La Cigale et la Fourmi, de ce sardonique de La Fontaine). Angel Deverell ne vit que par et pour le romantisme, n’aspire qu’à écrire et puise chacune de ses inspirations dans les mots… de son cru. Persuadée de son talent, elle ne doute pas que le roman qu’elle rédige sera un chef d’œuvre qui la fera enfin exister aux yeux du monde. Dernier mot déposé sur papier, elle envoie son trésor. Les mois passent puis elle reçoit un courrier de l’éditeur la conviant à Londres. Tadam, Angel la exigeante déboule et se montre outrée lorsque le sieur éditeur lui réclame quelques modifications, la demoiselle ayant la plume bien libre. Hautaine, elle sort mais bien vite il la retrouve (ces moments où un homme court après une femme ont toujours eu un côté sublime à mes yeux). Et la petite Angel devient Angel la snobe, un écrivain prodige à l’ascension fulgurante. Un soir, lors de la promotion de son premier livre, elle fait la connaissance d’Esmé, peintre déchu dont la vision de l’Art est dépréciée. Il peint du sombre, de la fumée, une Londres engluée dans un univers fuligineux. Dans un élan sentimental elle le prie de faire un portrait d’elle. Mauvais peintre aux yeux du monde (l’expression me dérange car le beau est subjectif), il est cependant très bon coureur de jupons. Le temps passe, le portrait s’achève. « Something misses… Is it love ? » lui demandera innocemment Esmé… Le mariage… Le simulacre de bonheur…
Seulement, le film n’a débuté que depuis une demi-heure et dure 2 heures et 14 minutes… La chute aura donc tout son temps… Moment d’hésitation intense de ma part… Faut-il partir afin de conserver cette image de doux bonheur ? Choisir de perdurer dans l’illusion… Non, c’est en voyant tomber les autres que l’on apprend comme l’on le dit dans notre langage rapace de bacheliers… Alors, je suis restée (faut dire aussi que sinon, tu serais parti fumer et ce n’est pas bon pour ta santé très cher). Bref, alors, on assiste lentement à la décadence, la déchéance, le délabrement du corps et de l’esprit. On quitte notre siège sur un monceau de ruines dont on ne peut s’empêcher cependant d’admirer la beauté.
lundi 28 mai 2007
Pirates des Caraïbes : Jusqu’au bout du monde.
Et oui, l’outrage à la reine se poursuit… Quoi je ne devrais pas être en train de m’arracher les cheveux un à un avec un problème de maths inextricable ? Ne devrais-je pas vivre en parfaite apnée pendant quinze jours, faisant abstraction de tout plaisir de la vie ("Dans les arts rien ne vit que ce qui donne continuellement du plaisir." [Stendhal] ) ? Parce que le baccalauréat est un sacré égoïste et qu’il ne faudrait penser qu’à lui ? Ah, peut-être… Mais là, à cette minute même, j’ai déjà effectué des datations au Carbone 14, étudié l’évolution (inintéressante) de systèmes électriques (et parlé avec des amis, mais je ne le dis pas car pas assez studieux). Cela fait… Et puis, j’ai envie de danser. Une valse de Nicolas Jorelle m’envahit, deux pas en avant, un pas en arrière, lalalala lalala lalala… Mais j’ai aussi cette cruelle envie d’écrire à laquelle je ne peux résister. Je résiste mal à mes envies, là est l’un de mes plus grands torts. Mais Dieu merci, je fais partie de ceux dont les envies badineront toujours avec le correct et le romantisme, et non avec la dépravation du corps et de l’esprit. Mais bref. Sur quel thème vais-je écrire ? Alors, composer sur le fait que je sois amoureuse n’est pas d’actualité (car dehors il pleut et il fait froid), et de plus, j’ai déjà bien brodé sur ce thème, petits bouts de papiers froissés au fond d’un tiroir, et je préfère le garder secret, par soucis de bienséance. Alors, donc… Qu’ai-je fait cette semaine ? Oula plein de choses (le côté excitant de l’idée de l’arrivée du bac qui incite à sortir des sentiers battus). Voilà, j’y suis. J’ai lu, fini, Mademoiselle Liberté de Jardin (écrirai plus tard) et j’ai été voir Pirates des Caraïbes.
Pirates des Caraïbes : Jusqu’au bout du monde.
Omettant le fait que je n’ai jamais vu le premier de la série, qu’il manquait quelqu’un lors de cette agréable sortie, j’ai bien aimé. Jack Sparrow a un humour à toute épreuve, il est délicieusement égoïste, trouillard, et possède un sacré déhanché… Sa dynamique du « je ris devant le danger et cherche vite un trou pour me cacher » est délicieusement entretenue même s’il sait se faire maître de quelques décisions. Bref, un type bien. Turner de son côté a un goût d’exaspérant, son charme est parfois bafoué par son attitude que l’on ne comprend pas toujours. Elizabeth, et bien, de plus en plus importante, elle semble avoir légué son penchant pour les mauvais choix à son Will, du coup, ce sont les garçons qui sont heureux de la voir ainsi. Un peu trop de violence tout de même, mais ne leur en voulons pas, ce n’est pas les vacances comme disait Brice de Nice… Et certaines scènes le font oublier, dans le genre « Up is down » qui est assez sensass.
Alors, ne serait-ce que pour vous délecter du savoir-vivre de ce très cher Capitaine Sparrow…
Quelques scènes :
° Jack : Comment va maman ?
Le papa de ce très cher Jacky sort une tête et la lui montre. Quelques secondes et Jacky qui annonce : « Elle a bonne mine ».
° -Mais vous êtes fou...
-Et j'en remercie le Ciel, sinon je ne pourrais pas faire ça!
° Jack : « Alors aucun d'entre vous n'est venu me sauver parce que je lui manquais? »
° « Il faut se battre!... Pour prendre la fuite... »
° « Le dessus est le dessous... Le dessus est le dessous?! Mais oui bien sûr! »
jeudi 17 mai 2007
Mes nuits sont plus belles que vos jours, avec Sophie Marceau et Jacques Dutronc.
Véritable drame psychologique, particulièrement étrange. J’ai hésité à écrire cet article car je ne suis pas « persuadée », les acteurs sont beaux mais le contenu est triste. Et à mon âge, je réfute un peu naturellement ce qui fait mal au cœur. Mais, puisque je suis lancée, allons-y pour l’histoire.
Lukas est « beau et charmant », doit avoir 40 ans, et a inventé un langage informatique qui lui promet de belles années, les mots, c’est « son truc » comme il dit, il adore parler. Le film commence, et on le voit chez un médecin, qui lui annonce que son cerveau est atteint, virus se propageant à une vitesse prodigieuse. Dans le langage médical, lui est annoncé qu’il n’en n’a plus pour longtemps. Le médecin lui conseille de ne pas rester seul. En sortant, Lukas se rend à un café, où il assiste à la violente dispute d’un couple dans la rue. Derrière lui, une jeune femme s’indigne « ça ne devrait pas être comme ça ». Elle est bientôt rejointe par sa mère excentrique qui lui annonce qu’elle fait la une de Paris Match grâce au numéro qu’elle exécute au Casino. Lukas, propose un verre aux deux femmes qui le dédaignent. La mère de la jeune femme se lève et laisse sa fille seule. Cette dernière, Blanche, lance son briquet sur la table de Lukas. Il s’en saisit et lui propose de nouveau un verre. Des grandes lunettes « éclipses » cachent son regard de Blanche. Il les lui ôte et lui demande de lui donner sa main. Moment fort, avec musique admirable. « J’ai le cœur qui bat » s’écrie-t-il, et à elle de lui réponde « C’est normal, s’il ne battait pas vous seriez mort. » Il l’invite à dîner. Lukas parle, parle, car il a peur de perdre ses mots, il dit n’importe quoi et reproche à Blanche son mauvais vocabulaire. Mariée, et vexée, elle se lève et s’en va. Quelques heures plus tard, Lukas et sur la bretelle de la route en face du restaurant, assis. Blanche en pleurs le rejoint et s’excuse. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive. Encore l’Amour et ses petits tours. S’ensuit la tournée de Blanche dans des Casinos où cette dernière dévoile chaque soir, sous hypnose, les vérités cachées des clients. Elle fait fureur. Lukas l’a suivie. Son état s’aggrave. Et là, c’est l’enfer pour la littéraire que je suis, les mots lui manquent, il les perd, il ne sait plus. Et c’est horrible que de ne plus pouvoir dépeindre ses pensées par des mots. Encore traumatisée par son enfance, évoluant dans un univers malsain, Blanche trouve le réconfort et l’Amour en cet homme, dont les rares mots lui vont droit au cœur. Les mots ne leur sont plus nécessaires, ils se parlent avec les yeux. Ils vivent tout en sachant qu’ils ont peu de temps et agissent comme si chaque minute était la dernière.
Oui, en se posant, cela a l’air assez compréhensible… même si le film demeure très perturbant et préfère l’ombre à la lumière. Un nouvel Amour qui vit ses dernières heures est toujours délicat à regarder.
Ce film, à la quête de mots m’a rappelé une journée de ma petite vie. J’ai toujours chéri les mots, et pris beaucoup de plaisir à broder autour. Alors que j’aurais voulu « briller » devant celui qui maîtrisait l’art de parler en beauté, je me retrouvais à bafouiller, tout comme Lukas, je ne savais plus mes mots, comme si j’avais dû réapprendre à parler. Et… et bien, c’est affreusement délicat…















