samedi 14 octobre 2006
Aide à la littérature...
Bonjour à tous... Si vous arrivez sur cette page c'est que vous êtes probablement à la recherche de quelques aides pour un devoir de littérature. Comme de nombreux d'entre vous l'ont déjà fait, vous pouvez m'envoyer des mails à l'adresse suivante: nana_the_first@hotmail.fr . Dans la mesure du possible, je vous répondrai le plus complètement. Avis aux intéressés!!! Mais attention, en aucun cas je ne rédigerai le travail à votre place (bande de petits malins va, bien essayé ^^).
NB : Mes professeurs de littérature n'ont jamais eu à se plaindre de moi, vous pouvez avancer en confiance ;-p
vendredi 8 septembre 2006
Sujet d'oral à mon bac de français
Oral du bac de français
Sur un plateau d’argent, L’Illusion Comique, acte III, scène 1 : « Quelle leçon Pridamant peut-il tirer de cet affrontement (père-fils) ? ».
I. Une relation conflictuelle entre Géronte et Isabelle
- Un père autoritaire : le XVIIe « l’âge d’or des pères »
a) Des arguments ne méritant pas protestation
b) Une absence d’écoute => le maintien dans l’illusion qu’Isabelle aime Matamore
- Une fille à fort caractère
a) L’argumentation habile d’Isabelle
II. Un parallèle habile de la part de Corneille
- Isabelle est Clindor // Géronte est Pridamant
- L’hostilité des pères à l’amour des enfants, à leur prise de liberté
III. Quelle leçon Pridamant peut-il tirer de cet affrontement ?
- Plus de tolérance : une leçon d’écoute
- L’expérience cathartique du théâtre : pour les spectateurs et les lecteurs (parents)
- Transposition sur le plan politique : se profile l’aspiration à une relation moins exclusivement hiérarchique
S’en est suivi un entretien de plus d’un quart d’heure. En vrac, les sujets abordés :
- le rôle de la comédie
- retour au niveau politique, plus amples explications concernant le XVIIe
- rapprochement à une autre œuvre, où l’on retrouve ce genre de conflit : Roméo et Juliette en premier temps (je l’ai faite rire à ce sujet mais j’ignore bien pourquoi) et ensuite, du Molière évidemment, pour qui ce thème était quasi-obsessionnel, Don Juan.
- le baroque dans la pièce, différents exemples, puis le baroque actuel (où en trouve-t-on de nos jours ?... les églises évidemment) // débat sur les vols commis dans les Eglises…
Qu’il est dur de savoir que c’était la clôture définitive de mes chères années de littérature…
BILAN de l’évaluation: 17/20
Exposé: Le mouvement baroque au XVIIème siècle et dans l'Illusion Comique de Corneille
L’Illusion comique Corneille v Le mouvement baroque au XVIIème siècle et dans l’œuvre Pour un exposé oral… On identifie souvent le XVIIe siècle au classicisme. C’est à la fois justifié et inexact. Le classicisme s’est effectivement épanoui au XVIIe. Privilégiant la raison, aimant la régularité et l’ordre, préférant la sobriété aux excès, cherchant l’universel dans le particulier, il a été la plus haute expression du siècle. Classiques sont des écrivains comme Pascal, Molière, Racine, La Fontaine la Fayette. Mais le courant classique n’a été qu’un moment, même s’il fut exceptionnel, du XVII è siècle. Il s’impose progressivement après 1640 pour triompher entre 1661 et 1685. Avant 1640, un autre courant domine : celui du baroque. Après 1685, l’évolution du goût et de la sensibilité annonce déjà le XVIIIe siècle. Pas plus qu’une autre époque, le XVIIe siècle ne fut donc un siècle homogène. Il fut traversé par plusieurs tendances esthétiques et éthiques qui se sont tantôt succédées, tantôt enchevêtrées. Et des hommes comme Corneille, dont la production théâtrale s’étend sur une grande partie du siècle (de 1630 à 1674), ont capté et exprimé ces diverses tendances. Si se tragédie de Cinna (1640) est classique, L’illusion comique (1635-1636) est, quant à elle, baroque. Aussi, avant d’examiner en quoi elle l’est, il s’avère indispensable de définir le baroque. I. Qu’est-ce que le baroque ? 1. L’origine et l’emploi du mot Le mot « baroque », d’origine italienne, est emprunté au vocabulaire de la bijouterie, où baroco désigne une perle de forme irrégulière. Par extension de sens, « baroque » a fini par qualifier tout ce qui est excentrique, extravagant, bizarre. Son emploi ne se limite pas à la littérature, ni à la France 2. Définition et caractéristiques du baroque Avant d’être une forme d’expression, le baroque correspond à une certaine vision du monde. C’est une position morale et philosophique. Selon cette vision, rien n’est stable, tout est mobile. Les valeurs sont éphémères. Contrairement à l’idéal classique qui croira en l’existence d’une nature humaine éternelle et universelle, le baroque rejette la notion de permanence. L’homme n’est que changement et mouvement. L’accent est mis en conséquence sur le paraître au détriment de l’être, sur les apparences, au dépens de ce qui est intérieur. Le décor devient alors très essentiel. Ce peut-être une décoration picturale, un ornement architectural ou vestimentaire, mais aussi un déguisement, une manière de se comporter et de s’offrir au regard d’autrui. Il cesse d’être une mise en valeur (d’un lieu, d’une salle, de soi) pour devenir la valeur suprême. Seul compte le décor. Tout part de lui et s’arrête à lui. C’est pourquoi, sur le plan artistique, le baroque privilégie ce qui suggère le foisonnement des formes, la richesse de la décoration, la mobilité des tracés géométriques. En architecture et en sculpture, on multipliera les courbes et les spirales ; en peinture, ce seront des arabesques complexes et multicolores ; et en littérature, ce sera un choix particulier des thèmes, d’effets de langage et d’organisation de l’œuvre. II. En quoi l’Illusion comique est-elle une pièce baroque ? L’Illusion comique est baroque par la prédominance des apparences et par une recherche incessante de la variété et du changement. 1. La prédominance des apparences La pièce de Corneille est toute entière bâtie sur la notion d’apparence. Qu’est-ce en effet qu’une illusion ? Rien d’autre que l’apparence par excellence, puisqu’elle est si forte qu’elle induit en erreur et qu’on la prend pour véritable. Matamore n’est qu’une apparence de héros ; et le déguisement est dans son principe même, une apparence. Le métier de comédien qu’exercent à l’acte V Clindor et Isabelle est également fondé sur le paraître. Le magicien Alcandre n’agit pas autrement envers Pridamant. Les « spectres » qu’il anime dans les actes II et IV sont des fantômes, c'est-à-dire des apparences. Ses pouvoirs extraordinaires lui permettent de faire croire au malheureux père que le faux est vrai. Le procédé du théâtre dans le théâtre relève, de la même façon, du maniement des apparences. A l’exception du premier acte qui expose et met en place les éléments de l’action et à l’exception de la dernière scène qui livre à Pridamant (et au spectateur) la clé de l’énigme, L’Illusion comique n’est ainsi qu’une apparence : tant dans le caractère que dans le comportement des personnages, tant dans son thème principal que dans sa structure. 2. Une recherche incessante de la variété et du changement Tout est par ailleurs en mouvement dans L’Illusion comique. Qu’il s’agisse de l’action de la pièce, de la peinture du sentiment amoureux ou des tons de l’œuvre, rien n’est fixe, unique, homogène ou linéaire. a) L’action Elle parait simple et évidente de prime abord : un père retrouve son fils qu’il recherchait depuis longtemps. La preuve toutefois que la quête de Pridamant constitue plus le prétexte de l’action que l’action elle-même réside dans l’incapacité où se trouve le spectateur de désigner le personnage principal de la pièce. Au premier acte, Alcandre tient d’abor la vedette, mais il se met par la suite ne retrait pour ne plus effectuer que des actions intermittentes. Au deuxième acte, c’est Matamore qui devient le personnage le plus important ; au troisième, c’est Clindor et au quatrième, Lise. Le cinquième acte replace au premier plan Clindor, mais sous les traits d’un personnage dont il interprète le rôle. Il n’y a pas, dans L’Illusion comique de personnage qui soit essentiel d’un bout à l’autre de la pièce. Chaque acte en met un en valeur. b) La peinture du sentiment amoureux L’inconstance est la traduction, sur le plan sentimental du thème du changement. Elle est toujours passagère, elle est parfois simulée, mais elle est omniprésente. L’inconstance apparaît une première fois quand Clindor, un moment oublieux d’Isabelle, laisse entre à Lise qu’il l’épouserait volontiers si elle était plus riche. Elle revient une deuxième fois, sous une forme certes imaginaire, lorsque, pour obéir à Matamore qui se croit aimé d’Isabelle, la jeune fille le quitte pour Clindor. L’inconstance se transforme enfin en infidélité dans le fragment de tragédie inséré dans l’acte V. Clindor, favori du prince Florilame, espère nouer une liaison avec la princesse Rosine, bien qu’il soit marié. Isabelle, qui s’en est aperçue, s’indigne. Clarine, sa suivante (jouée par Lise), tente de l’apaiser et elle entreprend même un étonnant éloge de l’infidélité masculine : « L’honneur d’un galant homme est d’avoir des maîtresses. » (v. 1382) Démasqué, Clindor minimise son écart de conduite et s’étonne de l’importance qu’une femme accorde aux liaisons de son mari : « Fallait-il la moindre brèche à la foi conjugale, Il n’est point à leur gré de crime qui l’égale, C’est vol, c’est perfidie, assassinat, poison » (v. 1457-1459) Aucun de ces trois cas d’inconstance n’a de graves et durables conséquences. Isabelle pardonnera Clindor. Il n’en demeure pas moins que le thème baroque du changement, de la mobilité affective parcourt la pièce. Il la traverse d’une manière plus fondamentale encore par une série de métamorphoses qui touchent presque tous les personnages. Pridamant, d’abord désespéré et hostile au théâtre, se précipite à la fin à Paris pour retrouver et applaudir son fils. Clindor, après être allé de métier en métier, réalise sa vocation en devenant comédien. C’est aussi Lise qui, par amour commence par mettre en péril la vie de Clindor avant de le sauver et d’oublier l’amour qu’elle portait. A l’exception d’Alcandre et d’Isabelle, tous changent. c) Les registres de l’œuvre Sur le plan de l’écriture enfin, le baroque de L’Illusion Comique se manifeste dans le mélange des tons (que plus tard le classicisme condamnera vigoureusement). Les scènes où apparaît Matamore sont hautement comiques : ses propos sont en effet tellement exagérés qu’ils ne peuvent qu’engendrer le rire. En voici un exemple : Quand Géronte le somme de ne plus courtiser sa fille Isabelle, Matamore le prend de haut, de si haut que son ridicule éclate, il lui réplique en effet : « Pauvre homme, sais-tu bien que mon nom effroyable Met le grand Turc en fuite, et fait trembler le diable, Que pour t’anéantir je ne veux qu’un moment ? » (v. 725-727) Le comique est d’autant plus fort que le spectateur sait depuis longtemps que Matamore est un lâche. Sa vantardise ne peut donc tromper personne. En revanche, les scènes où Pridamant donne libre cours à ses inquiétudes n’ont rien de réjouissant. Le pathétique l’emporte alors. C’est le cas du monologue de Clindor attendant la mort dans sa prison (IV) ou dans celui d’Isabelle, complètement désespérée à l’idée de perdre l’homme qu’elle aime (IV). Quant aux remords de Lise d’avoir aidé Adraste à faire tomber Clindor dans un guet-apens (IV), ils émeuvent par leur sincérité. A l’acte V, la comédie qu’est L’Illusion comique renferme enfin quatre scènes de tragédie. Comme l’écrit Corneille dans la dédicace de sa pièce « le premier acte n’est qu’un prologue, les trois suivants font une comédie imparfaite [inachevée], le dernier est une tragédie ; et tout cela, cousu ensemble, fait une comédie ». On ne peut mieux illustrer la variété des registres que L’Illusion comique orchestre. III. Le chef-d’œuvre du théâtre baroque L’Illusion comique n’est pas seulement une pièce baroque : elle est la plus baroque du théâtre de Corneille et la plus représentative du théâtre français en général. Aucune autre œuvre de Corneille et aucune œuvre d’une autre dramaturge de l’époque n’a mieux utilisé ce courant esthétique. Si le jeu des apparences n’était pas nouveau, jamais avant L’Illusion comique on n’en avait fait l’essence et la chair même d’une pièce. On ne peut en effet supprimer le procédé du théâtre dans le théâtre et le thème du déguisement (qui n’en est qu’une variante) sans détruire toute la pièce. On ne peut davantage retrancher les scènes d’inconstance sans la mutiler profondément. On ne peut pas non plus modifier sa structure sans lui enlever une grande par de sa signification et de son intérêt. Le baroque de L’Illusion comique n’est donc pas une simple coloration superficielle, ni une concession à la mode : il est inhérent à la pièce. L’Illusion comique est en définitive moins une pièce baroque que du baroque fait, devenu théâtre. En présentant sa comédie, Corneille n’avait pas tort de dire que c’était un « étrange monstre ». Un « monstre » c’est, selon la mythologie gréco-romaine, un être qui réunit en lui des éléments qui ordinairement existent dans la nature séparément ; c’est, par exemple, le Minotaure (évoqué dans Phèdre de Racine) avec son corps d’homme et sa tête de taureau. Sur le plan artistique, un « monstre » exprime le refus des classifications, des catégories, le désir de cultiver l’imaginaire jusqu’à l’invraisemblance : autant de caractéristiques baroques qui se retrouvent dans L’Illusion comique.
Quelques expressions latines...
Parce que l'on a toujours l'air très classe lorsque l'on sort sa petite expression latine que personne ne comprend. Oui, ça doit être ça, l'intelligence est une impression qu'on les autres lorsqu'ils ne comprennent pas. C'est paradoxal: "Je ne te comprends pas. Donc tu es intelligent." Tiens, il faudrait réfléchir à un syllogisme, rien que pour l'utilisation du "donc"... Minute de réflexion...
"Tous les hommes intelligents sont incompris
Or je ne comprends pas ce que tu dis
Donc tu es intelligent."
... Merci...
Ah, c'est Socrate qui serait content...
NB: Mode d'utilisation: Après "Tous les hommes intelligents sont incompris" citer les physiciens, les mathématiciens, les scientifiques en général, les politiciens, Mme S... (non je plaisante) tout un monde quoi... Si ce n'est pas malheureux... Vivre dans un monde en progrès c'est bien beau, mais il faut suivre...
Allez, trève de blabla, les expressions...
Ad hoc : approprié ( argument )
Ad hominem : contre l'homme ( argument par lequel on vise à confondre un adversaire ).
Ad libitum : au choix ; à volonté.
Ad patres : vers les ancêtres ( envoyer quelqu'un ad patres : le tuer ).
Ad vitam aeternam : pour toujours ( pour la vie éternelle ).
Age quod agis : fais ce que tu fais ( sans se laisser distraire )
Alea jacta est : le sort en est jeté.
Alter ego : un autre moi-même.
Audaces fortuna juvat : la fortune favorise les audacieux.
Bella matribus detestata : les guerres que les mères ont en horreur.
Bis repetita placent : les choses répétées plaisent.
Carpe diem : profite du jour présent.
Casus belli : cas de guerre ( événement pouvant provoquer la guerre. )
Cogito ergo sum : je pense donc je suis.
Coram populi : en public.
Cum grano salis : avec un grain de sel.
De gustubus et coloribus non disputadem : des goûts et des couleurs, il ne faut pas discuter.
Delenda carthago : Carthage doit être détruite.
Deo gratias : grâces à dieu.
Dura lex, sed lex : la loi est dure mais c'est la loi.
Errare humanum est : il est humain de se tromper.
Fiat lux : que la lumière soit.
Fiat voluntas tua : que votre volonté soit faite.
Homo homini lupus : l'homme est un loup pour l'homme.
In articulo mortis : à l'article de la mort. ( se confesser ... )
Magister dixit : le maître l'a dit.
Mea culpa : ma faute ( faire son mea culpa : avouer... )
Medice, cura te ipsum : médecin, guéris-toi, toi-même.
Mens sana in corpore sano : un esprit sain dans un corps sain.
Modus vivendi : manière de vivre. ( adopter un modus vivendi... )
Nil novi sub sole : rien de vouveau sous le soleil.
Nolens volens : ne voulant pas, voulant. ( bon gré, mal gré )
Panem et circences : du pain et les jeux du cirque.
Primum vivere dein de philosophare : vivre d'abord, philosopher ensuite.
Primus inter pares : le premier parmi ses égaux. ( le président )
Sic transit gloria mundi : ainsi passe la gloire du monde.
Sutor, ne supra crepidam : cordonnier, pas plus haut que la chaussure.
Tu rides ego fleo : Toi, tu ris, moi, je pleure.
Verba volant, scripta manent : Les paroles s'envolent, les écrits restent.
Vox populi, vox dei : voix du peuple, voix de dieu.
ad litteram : à la lettre ;
ad patres : auprès les ancètres ;
ad vitam æternam : pour la vie éternelle ;
bis repetita placent : les choses répétées plaisent ;
carpe diem : cueille le jour ;
de facto : de fait ;
de visu : pour l'avoir vu ;
dura lex sed lex : la loi est dure mais c'est la loi ;
errare humanum est : l'erreur est humaine ;
ex nihilo : à partir de rien ;
fiat lux : que la lumière soit ;
in fine : à la fin ;
in situ : sur le lieu même ;
ipso facto : par le fait ;
modus operandi : manière d'agir ;
modus vivendi : manière de vivre ;
si vis pacem, para bellum : si tu veux la paix, prépare la guerre ;
urbi et orbi : à la ville et au monde ;
veni, vidi, vici : je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu ;
vox populi, vox Dei : la voix du peuple est la voix de Dieu.
"Errare humanum est" : l'erreur est humaine
"Cogito ergo sum" : Je pense donc je suis
"Veni, vidi, vici" : Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu
Ab irato : par un mouvement de colère.
Abyssus abyssum invocat : l'abîme appelle l'abîme.
Ad augusta per angusta : on arrive au triomphe qu'en surmontant des difficultés.
Ad litteram : à la lettre.
Ad vitam aeternam : pour toujours.
Alea jacta est : la sort en est jeté (genre "faut y aller") d'un type nommé César...
Adauces fortuna juvat : la fortune favorise les audacieux (jette toi fils...)
Carpe diem : profite de l'instant présent.
Dura lex sed lex : la loi est dure mais c'est la loi.
Errare humanum est : l'erreur est humaine.
Ex professo : connaissant très bien le sujet.
Homo homini lupus est : l'homme est un loup pour l'homme.
In cauda venenum : dans la queue le venin (en gros, on endort, on est bien gentil... et à la fin, pan ! Le coup de grâce.)
Intelligenti pauca : A qui sait comprendre peu de mots suffisent (silence donc.)
Ite missa est : la messe est dite.
Magister dixit : la maître l'a dit.
Oleum perditisti : perdre son temps (son huile).
Suave mari magno : début d'un poète de Lucrèce.
Il est doux, quand sur la vaste mer les vents soulèvent les flots, de regarder de la terre ferme les terribles périls d'autrui...
Margaritas ante porcos : ne jetez pas des perles aux pourceaux.
Arma cedant togae : les armes s'effacent devant les toges. La force brutale cède à la fine diplomatie ou encore la brutalité s'efface devant la finesse.
Divide ut emperes. : diviser pour régner.
Asinus asinum fricat : l'âne frotte l'âne. Quand les compliments mutuels sont exagérés...
Aut Caesar, aut nihil : ou empereur, ou rien. Devise de César Borgia, dit-on.
Bonum vinum laetificat cor hominis : le bon vin réjouit le cœur de l'homme. A cette époque, on ne connaissait pas encore le coca...
Donec eris felix, multos numerabis amicos : tant que tu seras heureux, tu compteras beaucoup d'amis. Ecrit par Ovide, pour Auguste qui déprimait.
Felix qui potuit rerum cognoscere causas : heureux celui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses. Virgile
Labor omnia vincit improbus : un travail acharné vient à bout de tout. Virgile
Major e longiquo reverentia : l'éloignement augmente le prestige. Tacite.
Uti, non abuti. User, ne pas abuser.
Ex nihilo nihil A partir de rien, rien. Comme dirait un illustre savant. Rien ne se perd, rien ne se forme, tout se transforme.
Asinus Asinum Fricat L'âne frotte l'âne (les imbéciles se reconnaissent entre eux)
Vanitas, vanitum, omnia vanitas Vanité, vanité, tout est vanité
Tu quoque, fili Toi aussi mon fils, Dit par césar, lors de son assassinat
Vulnerant omnes, ultima necat Toutes blessent, la dernière tue (en parlant des heures)
Fluctuat nec mergitur. Flotte, mais ne coule pas Devise de Paris
mardi 18 juillet 2006
La conception du bonheur, Madame du Châtelet. Discours sur le bonheur.
« II faut commencer par se bien dire à soi-même et par se bien convaincre que nous n'avons rien à faire dans ce monde qu'à nous y procurer des sensations et des sentiments agréables. Les moralistes qui disent aux hommes : réprimez vos passions, et maîtrisez vos désirs, si vous voulez être heureux, ne connaissent pas le chemin du bonheur. On n'est heureux que par des goûts et des passions satisfaites ; je dis des goûts, parce qu'on n'est pas toujours assez heureux pour avoir des passions, et qu'au défaut des passions, il faut bien se contenter des goûts. Ce serait donc des passions qu'il faudrait demander à Dieu, si on osait lui demander quelque chose [...].
Mais, me dira-t-on, les passions ne font-elles pas plus de malheureux que d'heureux ? Je n'ai pas la balance nécessaire pour peser en général le bien et le mal qu'elles ont faits aux hommes ; mais il faut remarquer que les malheureux sont connus parce qu'ils ont besoin des autres, qu'ils aiment à raconter leurs malheurs, qu'ils y cherchent des remèdes et du soulagement. Les gens heureux ne cherchent rien, et ne vont point avertir les autres de leur bonheur ; les malheureux sont intéressants, les gens heureux sont inconnus. [...]
On connaît donc bien plus l'amour par les malheurs qu'il cause, que par le bonheur souvent obscur qu'il répand sur la vie des hommes. Mais supposons, pour un moment, que les passions fassent plus de malheureux que d'heureux, je dis qu'elles seraient encore à désirer, parce que c'est la condition sans laquelle on ne peut avoir de grands plaisirs ; or, ce n'est la peine de vivre que pour avoir des sensations et des sentiments agréables ; et plus les sentiments agréables sont vifs, plus on est heureux. Il est donc à désirer d'être susceptible de passions, et je le répète encore : n'en a pas qui veut. »
Madame du Châtelet. Discours sur le bonheur.
vendredi 14 juillet 2006
L'angoisse existentielle => Victor Hugo: "Horror"
Pourquoi déposer ici un simple commentaire de texte demandé en cours ? A mes yeux, ce texte de Victor Hugo est si représentatif de l’angoisse existentielle propre à tout être humain qu’il a sa place ici. Un commentaire est avant tout une réflexion et ici l’auteur se pose comme peintre des sentiments humains, l’analyse en est donc particulièrement intéressante. Reste à remercier la personne qui m’a fait découvrir ce poème…
Victor Hugo, Les Contemplations (1856), « Horror »
Depuis quatre mille ans que, courbé sous la haine,
Perçant sa tombe avec les débris de sa chaîne,
Fouillant le bas, creusant le haut,
Il cherche à s'évader à travers la nature,
L'esprit forçat n'a pas encor fait d'ouverture
A la voûte du ciel cachot.
Oui, le penseur en vain, dans ses essors funèbres,
Heurte son âme d'ombre au plafond de ténèbres;
Il tombe, il meurt; son temps est court;
Et nous n'entendons rien, dans la nuit qu'il nous lègue
Que ce que dit tout bas la création bègue
A l'oreille du tombeau sourd.
Nous sommes les passants, les foules et les races.
Nous sentons, frissonnants, des souffles sur nos faces.
Nous sommes le gouffre agité;
Nous sommes ce que l'air chasse au vent de son aile;
Nous sommes les flocons de la neige éternelle
Dans l'éternelle obscurité.
Pour qui luis-tu, Vénus? Où roules-tu, Saturne?
Ils vont: rien ne répond dans l'éther taciturne.
L'homme grelotte, seul et nu.
L'étendue aux flots noirs déborde, d'horreur pleine;
L'énigme a peur du mot; l'infini semble à peine
Pouvoir contenir l'inconnu.
Toujours la nuit! jamais l'azur! jamais l'aurore!
Nous marchons. Nous n'avons point fait un pas encore!
Nous rêvons ce qu'Adam rêva;
La création flotte et fuit, des vents battue;
Nous distinguons dans l'ombre une immense statue
Et nous lui disons: Jéhovah!
[Marine-Terrace, nuit du 30 mars 1854]
Aujourd’hui », livre VI « Au bord de l’infini », IVème partie du poème XVI
Commentaire composé:
XIXème siècle, un homme, un poète, un dramaturge, un romancier, un politicien : Victor Hugo. En 1856, il publie Les Contemplations, recueil de poésie, dédié à sa fille, Léopoldine, morte noyée quelques années auparavant. Tout dans le recueil parle du douloureux travail du deuil. Ici, la IVème partie du poème « Horror », extrait du livre VI « Au bord de l’infini » : un poème d’angoisse existentielle. Une image de l’homme ainsi que de sa condition sont ébauchées ici. Quelles sont-elles ?
Dans un premier temps, nous étudierons l’image donnée de l’homme, image subjective puisque montrant les nombreuses faces de la faiblesse humaine. Pour cela, nous définirons l’homme comme étant prisonnier, nous accentuerons sa faiblesse d’esprit à travers le combat vain du poète face à une société fermée et nous terminerons sur le sentiment de peur ressenti.
Dans un second temps, nous procèderons à un élargissement, d’un seul homme, nous passerons à l’homme en général. Nous nous pencherons sur la condition humaine à travers la notion d’angoisse existentielle : l’homme « Au bord de l’Infini », et enfin une situation universelle, tout homme rencontre des limites. Cette seconde partie s’appuiera surtout sur la notion « l’existentialisme est un humanisme » selon Jean-Paul Sartre.
***
En effet, dans un premier temps, une image particulièrement subjective de l’homme est dépeinte dans « Horror ». Victor Hugo dresse de l’homme un « portrait de faiblesse », accentuant touts les éléments décrivant sa médiocrité.
« La liberté est incompatible avec la faiblesse. » écrivait Vauvenargues. Tout d’abord l’homme apparaît, tel un animal, comme captif. Qu’il soit prisonnier physiquement ou psychologiquement, l’homme n’est pas libre. A ce titre, les champs lexicaux sont particulièrement révélateurs. On retrouve le champ lexical de l’emprisonnement « chaîne, s’évader, pas […] d’ouverture, cachot, heurte… ». Des chaînes, un cachot, éléments concrets, tangibles, concrétisant un emprisonnement physique. Emprisonnement physique, parfois, mais avant tout, emprisonnement psychologique: l’homme est prisonnier de ses malheurs, des ses peines, de ses souffrances, dont on retrouve le champ lexical avec « courbé, fouillant, creusant, débris, forçat. » Son esprit est affligé et enfermé, l’homme est impuissant face à cela. Remarquons le champ lexical du funéraire « tombe, funèbres, tombeau… » ainsi que les participes présents « perçant, fouillant, creusant » qui semblent décrire un esprit enterré vivant, dans une tombe, se débattant inutilement.
En outre, ce qui participe aussi grandement à cette misérable image de l’homme est la faiblesse de l’esprit humain. Dans « Horror », le penseur semble effectuer le combat de toute une vie, « Depuis quatre mille ans », voire de plusieurs vies selon cette hyperbole. Il lutte contre l’obscurité, par extension, contre l’ignorance. On retrouve tout un champ lexical des travaux physiques « perçant, fouillant, creusant, marchons » montrant la vivacité dont le poète fait preuve dans son entreprise. Cela l’épuise considérablement, « Il tombe, il meurt. » mais il n’aboutit à rien. Victor Hugo accentue le côté du débat vain « en vain, heurte » notamment au vers 26, « Nous marchons. Nous n’avons point fait un pas encore ! », afin de montrer que tout reste à faire. L’auteur met en relation l’alacrité du penseur, cet esprit condamné à être forçat, face aux hommes plus généralement, la société humaine. Via negativa, les hommes apparaissent comme non réceptifs aux efforts du penseur «Et nous n’entendons rien », « à l’oreille du tombeau sourd», ce qui connote une grande faiblesse d’esprit. Remarquons, en confirmation, la variation des pronoms personnels, jusqu’au vers 9 inclut, le penseur est différencié, il est seul « il, l’esprit forçat, le penseur ». Puis le singulier devient pluriel, le penseur semble laisser place à l’homme en général, catégorie dans laquelle s’inclut l’auteur « nous ». Tout homme semble ainsi privé de son propre entendement, démuni de connaissance « l’homme grelotte, seul et nu. » … en un mot, il est faible.
De plus, l’homme est décrit comme craintif, peureux car il évolue dans un univers angoissant. L’homme a peur… Dans ce poème, ceci parait comme une faiblesse, la peur n’est pas alliée mais ennemie de l’homme. Une ambiance angoissante est entretenue, que ce soit par le titre « Horror » mais aussi par le champ sémantique, ad libitum, de la peur qui est abondant par sa variété lexicale « tombe, débris, chaîne, s’évader, pas […] d’ouverture, cachot, funèbres, heurte, âme d’ombre… ». Pratiquement chaque mot de ce texte pourrait s’intégrer dans cette catégorie. On perçoit, de la part de l’auteur, une volonté bien concrète de conjuguer au maximum tous les éléments favorisant l’angoisse et la peur. Ainsi, comme il est typique de le ressentir, le lecteur partage cette faiblesse avec les actants du texte, après tout, le lecteur est homme !
Pour poursuivre sur cette phase de la faiblesse humaine, dans La Genèse, il est même écrit que le premier sentiment c’est la peur… Nous pouvons aisément faire le lien avec la religion qui est particulièrement abordée dans les quatre derniers vers du poème. Dans les textes, Adam vit dans un jardin merveilleux où tout est permis, sauf de devenir intelligent. Lorsqu’il croque « le fruit défendu », il se cache car il a peur. A partir de ce moment, la fin de cet idéal, de l’Eden, est déclarée. L’homme entre dans une période marquée par l’incertitude où s’accumulent le travail, la souffrance. On retrouve ce personnage vers 27 avec « Nous rêvons ce qu’Adam rêva ». Adam, rêva des fruits de l’Arbre de la Connaissance qui lui étaient défendus, tout comme les hommes, qui en ont rêvé sans y avoir accès. Et les hommes s’en remettent à la puissance supérieure, Dieu en l’occurrence. Idée retrouvée dans les deux derniers vers :
« Nous distinguons dans l’ombre une immense statue,
Et nous lui disons : Jéhovah ! »
L’homme est trompé, victime d’illusion « la création flotte et fuit », il perçoit Dieu où il n’est pas. Le superlatif « immense », accentue l’infériorité inhérente à la nature humaine.
*
Grand nombre des caractéristiques de la faiblesse humaine sont donc réunies dans ce poème. Mais quelle est la condition humaine dépeinte par l’auteur ? Dans un second temps, passons de la description de la médiocrité humaine à celle de la condition des hommes. Qu’est-ce que l’existentialisme ? Pourquoi vit-on, pour qui vit-on ? Sommes-nous libres ? Telles sont les questions que l’homme est amené à se poser au moins une fois dans sa vie… Caractère typiquement humain prolongeant la pensée de Schopenhauer « Excepté l’homme, aucun être ne s’étonne de sa propre existence. ». Victor Hugo se propose dans « Horror » comme interprète des sentiments humains, et traduit avec exactitude toute expérience humaine, toute interrogation. Il décrit l’universalité de la condition humaine…
« Qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini. » écrivait Blaise Pascal. Premièrement, étudions la situation fondamentale de l’homme dans l’univers. Dans «Horror» Victor Hugo place continuellement l’homme « au bord de l’infini » comme l’indique le livre dont le poème est extrait. Grâce au registre épique, la disproportion entre l’homme et ce qui l’entoure est démesurément amplifiée. Evoquant l’univers sous la forme d’un vaste chaos, le poète utilise des formulations qui en font ressortir l’immensité « nuit, éther, étendue aux flots noirs, déborde, l’infini semble à peine pouvoir contenir l’inconnu, immense », l’obscurité « tombe, cachot, ombre, obscurité, nuit » et le caractère effrayant pour l’être humain « passants, foules, races ». Tout n’est qu’exagération, l’homme est ridiculement petit, l’univers est immense, le monde évoqué est effrayant, un monde où le deuil cohabite avec l’horreur, comme le titre l’indique.
Ironie de l’auteur, il semble vouloir personnifier ce qui effraie tant l’homme, personnifier, donc humaniser. Hugo écrit, vers 20 « l’éther taciturne », par éther sont désignés l’air, le ciel, éléments non palpables, qui sont comparés à un caractère humain, « taciturne », signifiant renfermé, d’humeur sombre… Ainsi l’homme se trouve placé directement face à l’univers, les deux étant incontestablement liés. Remarquons aussi, vers 19 « Pour qui lui-tu, Vénus ? Où roules-tu Saturne ? ». L’auteur semble pousser le « cynisme » à son paroxysme à travers l’injonction aux planètes, ainsi que le tutoiement qui montrent une certaine familiarité. Que connote leur présence ? Pourquoi en parler au milieu d’un monde effrayant ? Il est indispensable ici de pencher sur l’astrologie. Vénus qui est visible à l'oeil nu par son extraordinaire brillance représente tout ce qui est aimé, ce qui est beau. Elle est, plus communément, appelée, étoile du Berger. Ainsi, comme le penseur, personnage de ce poème, le poète, auteur, elle apparaît comme un guide pour les hommes, qui ne saisissent malheureusement pas le message « Pour qui luis-tu ? ». Saturne, quand à elle, est dite responsable du fait que toute personne se trouve confrontée aux conséquences de ses actes. Elle signifie le passé, les traditions et le devoir de combattre ses peurs, ses craintes. C’est la planète, du spleen, de la mélancolie. Son aspect est plus inquiétant, elle possède sa place dans cet univers infini et inquiétant.
Par la suite, référons-nous à Jean-Paul Sartre, principal représentant de l’existentialisme français, ayant écrit L’Existentialisme est un humanisme, où l’on retrouve une analyse de l’universalité de la condition humaine. Conservons cette idée pour « Horror », écrit plus de cinquante ans auparavant. A quoi tient la condition humaine ? A une situation universelle dans la mesure où tout homme rencontre des limites comme le travail, autrui, la mort selon Sartre. Etudions les limites présentes dans le poème. Premier portrait, celui du penseur qui « heurte son âme d’ombre au plafond des ténèbres ». Il trouve sa limite dans l’ignorance et la fermeture d’esprit des hommes, ce qui fait de lui un cas à part, il ne reflète guerre l’universalité de la condition humaine. Concentrons-nous donc sur l’homme en général afin de montrer le côté universel de la condition humaine. Regardons la variété lexicale désignant les hommes « nous, ils, l’homme » et notamment la gradation « Nous sommes les passants, les foules et les races ». Cette richesse rythmique et phraséologique caractérise l’évolution du poème, du plus précis au plus général, de la condition du poète jusqu’à l’élargissement à la condition humaine. Quelle est la limite commune à tout homme ? « C'est la nécessité pour lui d'être dans le monde, d'y être au travail, d'y être au milieu des autres et d'y être mortel ». D’y être mortel… Le champ lexical de la mort, du funéraire « le bas, sa tombe, essors funèbres, ténèbres, nuit, tombeau, gouffre » est entretenu tout au long du texte et converge avec le thème de cette seconde partie des Contemplations : le douloureux travail du deuil. Cette angoisse existentielle est liée à l’obscurité « cachot, pas […] d’ouverture, ténèbres, nuit, noirs, ombre, taciturne », au noir, qui est la couleur de la mort. Ajoutons à cela « Toujours la nuit ! jamais l’azur ! jamais l’aurore », où l’on retrouve simultanément une anaphore avec « jamais » et une antithèse avec « toujours » et « jamais ». Ainsi, tout être humain semble se trouver dans la pire des situations qu’il puisse arriver, il est perdu dans le noir, par extension il n’a plus de point de repère « rien ne répond dans l’éther taciturne », il est ignorant de tout ce qui se passe autour de lui. Or l’ignorance conduit à la peur, c’est une phase de l’angoisse existentielle.
***
En conclusion, « Horror », comme son nom l’indique, décrit un monde effrayant, obscur où tout n’est qu’horreur et enfermement, un monde où l’homme n’est rien face à l’immensité de l’infini. Par sa capacité d’expression des sentiments, Victor Hugo met son talent au service des hommes pour exprimer leurs peines, leurs malheurs. La poésie devient alors le langage de toute émotion. En exprimant ses propres sentiments, Hugo parle au nom de tous et traduit ce que chacun peut ressentir, ainsi, son angoisse, un angoisse universelle, celle de l’angoisse existentielle est verbalisée. Ce poème met en avant le rôle du poète, en tant qu’interprète de la condition humaine.
BILAN: 17/20
jeudi 13 juillet 2006
1èreS: Elaborer un dossier sur les Lumières
Bonjour à tous! Les Lumières, un grand classique, mais sait-on réellement tout sur ce que fut leur époque? A travers ce dossier que j'ai réalisé à l'aide de nombreux documents, l'essentiel, certifié et vérifié par un professeur de Lettres Modernes.
1. Dossier sur les Lumières
mercredi 12 juillet 2006
Pour l'écrit du bac, petites citations par séquence
Quelques bonnes citations à replacer
I. Les Lumières
- « Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! »
Kant
- « [Le philosophe] marche la nuit, mais il est précédé d’un flambeau. »
Dumarsais
Article « Philosophe »
II. L’apologue
- « Il y a certaines vérités qu’il ne suffit pas de persuader, mais qu’il faut encore faire sentir. Telles sont les vérités de la morale. Peut-être qu’[un] morceau d’histoire touchera plus qu’une philosophie subtile. »
Montesquieu
Seuil des Lettres Persanes
- « Je voudrais surtout que sous le voile de la fable, le conte laissât entrevoir aux yeux exercés quelque vérité fine qui échappe au vulgaire. »
Voltaire
Chapitre IX du Taureau Blanc, le personnage du serpent
III. Le biographique
- « Récit rétrospectif en prose que quelqu’un fait de sa propre existence quand il met l’accent principal sur sa vie individuelle, en particulier sur l’histoire de sa personnalité. »
Philippe Lejeune
- « Je suis quasi le seul dont la vie ressemble à ses ouvrages. »
Chateaubriand
- « Je forme une entreprise qui n’eût jamais d’exemple […], je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi. »
Rousseau
- « Voici le seul portrait d’homme, peint exactement d’après nature et dans toute sa vérité, qui existe et qui probablement existera jamais. »
Rousseau
- « Toutes les autobiographies naissent libres et égales. »
Rousseau
- « Inventer un langage nouveau » => traduire les sentiments
Rousseau
- « Intus et in cute » => « intérieurement et sous la peau » => anatomie du moi
- Ces auteurs qui « ont entrepris, la plume à la main, de dire le sens de leur vie à leurs contemporains et à eux mêmes. »
George Gusdorf
- « Celle qui, parlant, parle d’elle-même et en dit quelque chose. »
Bouraoui
- « L’existence précède l’essence. »
Sartre
- « J’ai peu et mal appris à me créer moi-même. »
Malraux
NB :
- Au IVème siècle de notre ère, plusieurs œuvres remplissent les conditions annoncées par Philippe Lejeune : Libanios, Grégoire de Nazianze, Augustin.
- L’autobiographie échappe à la mémoire, elle ne se souvient pas, elle actualise.
- « Se connaître soi-même » => 10 siècles après Platon, Proclus et Damascius en discutent encore.
- « L’expression du moi »
IV. La poésie
V. Le théâtre
- La règle des trois unités (3U) :
« Qu’en un lieu, qu’en un jour, qu’un seul fait accompli
Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli. »
Boileau
- Au théâtre « dire c’est faire »
Peut-on écrire sur son passé ? => Des idées pour une dissert
Combien d’écrits relatent l’histoire de la civilisation, des temps passés à aujourd’hui… Mais combien parlent réellement de la vie d’un homme en soi? Dès le IVIème siècle apparaît avec Saint Augustin, l’autobiographique. Ce nouveau genre romanesque a changé de forme et de style suivant les époques et les auteurs : journaux intimes pour Gide, essais pour Montaigne, mémoires pour Chateaubriand, romans autobiographiques pour Rousseau… Ecrits tout au long d’une vie pour certains, en fin pour d’autres, l’autobiographie, selon la définition de Philippe Lejeune est un « récit rétrospectif, en prose, qu’une personne réelle fait de sa propre existence, lorsqu’elle met l’accent sur sa vie individuelle, en particulier sur l’histoire de sa personnalité »…une histoire du passé, l’œuvre d’une vie… Dans quelles mesures peut-on écrire sur son passé ? Effectuer un bilan sur toute une vie, car il en est bien question ici, est-il donné à tous ?
Dans un premier temps, nous étudierons ceux qui ont eu le besoin de revivre leur vie une seconde fois en l’écrivant (ou la réécrivant). Nous détaillerons leurs motivations.
Dans un second temps, nous traiterons des difficultés de l’écriture autobiographique.
I. Les motivations pour écrire sur son passé
- Besoin de parler de soi, se raconter, forme de mise en valeur
- Volonté de dresser le bilan de sa vie
- Analyser le parcours suivi
- Désir de mieux se comprendre, se connaître
- Besoin de se justifier
Cf. Les Confessions de Rousseau
- Atteindre une forme d’immortalité
Cf. Les Mémoires d’Outre-tombe de Chateaubriand
- Laisser un témoignage historique, point de vue sur tel ou tel événement
Cf. Les Mémoires d’Outre-tombe de Chateaubriand
II. Les difficultés de l’écriture autobiographique
- Une image déformée du passé
- grand écart temporel entre le moment passé et le moment où l’on écrit
- transformations involontaires des souvenirs, en raison du temps
- défaillance de la mémoire
- Objectivité relative
- motivations de l’auteur : écrit-il pour se justifier, argumenter une idée?
- Il faut savoir écrire…
- un récit destiné à soi mais aussi aux lecteurs : nécessité d’une lecture fluide et compréhensible
- le devoir effectué pour avoir le meilleur des styles peut dénaturer le souvenir dans un désir de trop bien faire
- peu de spontanéité, un personnage qui semble figé dans le temps (à l’exception des Confessions de Rousseau où l’on peut voir « un Rousseau du passé » souvent interrompu par un « Rousseau du présent »)
- Une entreprise difficile
- le sujet de l’œuvre plaira-t-il ?
- souhaitons-nous réellement tous effectuer un bilan de notre existence ?
- trop de remises en questions
- une connaissance de soi et un être « clair avec soi-même » indispensable, pas accessible par tous…
- le pacte autobiographique mis en place, difficulté de rapporter « rien que la vérité » en raison de II.1. + désir d’enjoliver
En conclusion, écrire sur son passé, une entreprise délicate et exigeante aussi bien au niveau psychologique que syntaxique induisant de nombreuses remises en questions…
mardi 11 juillet 2006
Petit blâme pour le plaisir (15 décembre 2005)
Pas fréquentable le monsieur,
Cet homme était petit, froid, faible.
Tel un roseau, il subissait la force du vent, et effectuait de larges révérences face à ses fantaisies. Courtois ce monsieur.
Tel un arbre, enfin, il n’avait pas de personnalité. Au fil des saisons, sa silhouette s’amaigrissait, il perdait la vertu qu’il n’avait jamais eu, rougissait dès que l’on parlait de lui (encore le fallait-il). Sa vie n’était que changement constant. Les auteurs ont souvent recours à l’analogie du fleuve pour désigner le cour de la vie, le temps qui passe… Prenez ce fleuve, ajoutez-y de nombreux rochers pour troubler sa tranquillité, encombrez-le du plus grand nombre d’affluents possible et comprenez par là les écarts de conduite de ce monsieur.
Certes, cet homme aurait pu avoir le mérite d’être considéré comme un « homme d’honneur », s’il ne s’était pas autorisé toutes les dérives, sous toutes les formes abordables… Il a tout essayé, il serait injuste de ne pas lui attribuer un minimum de reconnaissance au sujet de son parcours : c’était un homme d’expérience. Comme certains découvrent le plaisir de parcourir le monde, lui, a goûté à tout et prit goût à plus encore, en partant du libertinage jusqu’à la tromperie. Comme Victor Hugo a pu l’écrire au sujet de Napoléon III « Il savait ce qu’il voulait, et y allait. A travers la justice, à travers la loi, à travers la raison, à travers l’honnêteté, soit, mais il y allait ». Il faut admettre que l’alacrité dont il faisait preuve dans ses entreprises, quoiqu’elles fussent toutes démunies d’une certaine probité, était étonnante pour un homme de si petite taille.
Certes, cet homme aurait pu avoir le mérite d’être considéré comme un « homme d’esprit », s’il en avait usé pour progresser. A cela, il a préféré être aveuglé par la lumière de sa richesse. Et, en homme mondain qu’il était , il a aménagé la valse : Au lieu du traditionnel deux pas en avant, un en arrière, il a fait d’une potentielle avancée, un recul indéniable : un pas en avant, deux pas en arrière.
Cet homme portait un masque, homme impérial, malgré sa petite taille, face à la société, homme machiavélique lorsqu’il était caché.
Reprenons le célèbre proverbe « Il ne faut pas se fier aux apparences », rajoutons la moralité du Petit Chaperon Rouge « qui ne sait que de ces loups doucereux, de tous les loups sont les plus dangereux. »
Ne retenez de cet homme que son inconstance et son insignifiance.












