jeudi 13 juillet 2006
D'après Montserrat de Roblès, monologue en rimes écrit en 2005
Acte III
Fin de la scène III
Montserrat, Izquierdo, la mère, Elena et Ricardo
(Le potier, le marchand et le comédien ont été exécutés.)
« Izquierdo, exaspéré, lève la main pour gifler Montserrat. Mais les tambours roulent fort et la décharge du peloton le surprend la main en l’air. Il laisse retomber son bras et hausse les épaules. On entend le coup de grâce ». Montserrat est appuyé à la table, tête basse. Il semble perdu dans ses pensées. Il relève la tête, est comme égaré, son regard brille d’interrogation. Izquierdo, qui est au fond de la salle le regarde fixement…
MONTSERRAT
Quel malheur qui s’abat sur ces pauvres innocents…
(Montserrat s’avance vers la mère, Elena et Ricardo qui se sont resserrés dans un coin de la salle. Il s’arrête quelques instants et les regarde tristement.)
Ah Izquierdo ! Pourquoi faire ruisseler leur sang ?
Leurs vies…si belles, si pures, pourquoi les leur ôter ?
Leurs vies que, ni toi, ni moi, n’avons engendrées…
Nous n’en avons le droit, ne faisons pas de choix
Laissons-les, en paix, mettons fin à leur effroi
De savoir leur sort entre nos doigts…laissons-les…
(S'avançant à pas lents vers Izquierdo.)
Regarde-les Izquierdo, inquiets, affolés …
(Montserrat comme pris de folie, saisit violement Izquierdo par la nuque, ce dernier le repousse avec dégoût. Montserrat brusquement.)
Regarde-les je te dis ! Montre-toi humain !
(Puis plus calmement.)
Vois comme ils tremblent, va vers eux, tends leur la main…
*
(Montserrat, pâle, abattu, se met à marcher de long en large. Izquierdo le suit des yeux d’un air indifférent.)
Face à ton être perfide, mon âme torturée
Car choix inextricable qu’elle s’est vue imposer
Seul l’espoir mérite-t-il de sacrifier six vies ?
(Il s'interrompt)
Cet espoir qu’il réussisse, lui si poursuivi
Traqué tel un gibier, il est leur seule issue
Pour lui, pour eux, j’offre la vie que j’ai reçue.
Mais elle n’est que peu, ce présent ne suffit pas
(Levant les bras au ciel de désespoir)
Et il m’est interdit de courir au trépas.
Alors courons, à la recherche de la raison,
La juste voix, les délivrant de leur prison.
(Il se tait, consterné)
*
Mais comment me décider, qui dois-je aider ?
Oh, que l’on me guide ! Pour quelle cause dois-je œuvrer ?
Jouer avec leurs vies, montrer un cœur absent…
Avoir l’esprit dément, (froidement) complaire un mécréant,
Je ne peux m’y résoudre et clame mon impuissance
Face à un tel dilemme, brûlante est ma souffrance.
(Avec véhémence)
Va Bolivar ! Cours ! Traverse les landes désolées
Va vite ! Rends-leur la liberté et rejoins-les !
Pour que ton nom reste gravé dans nos mémoires,
Redonne-leur l’espoir, j’aime croire en ta victoire…
*
Il me faut décider, cela augmente ma peine,
Qui dans ce combat est démesurément vaine.
De traîtrise l’on m’accuse, de coupable l’on me nomme,
Mais faire un choix, c’est trop exiger d’un seul homme.
(Montserrat, brisé, d’une voix éteinte)
La crainte est ma seule compagne, Izquierdo.
Je suis seul, accablé…face à tout un complot.
J’ignore qui sauver, je ne peux me résigner,
(Gravement)
Mais y suis obligé, seul, je dois désigner
Qui mérite protection ou condamnation.
(Montserrat s’agenouille devant Izquierdo. Dans un dernier murmure.)
Vois mon tourment, je cède ma vie sans concession…
(Le P.Coronil rentre dans la salle. Izquierdo, à sa vue, pousse du pied Montserrat et souriant, se dirige vers lui. Montserrat se relève vivement et retourne s’appuyer à la table non sans un regard aux trois otages.)
mardi 11 juillet 2006
Eloge à Nelson Mandela (écrit en 2005
« Dieu est noir »
« Il y avait autrefois un atome ignoré dans les déserts, au bout de quelques années il devint diamant ». Lumière sur un seul homme « qui était grain de sable et qui résolut de devenir diamant » . Lumière sur l’homme qui chassa la misère de l’avenir, l’homme qui congédia l’apartheid, l’homme qui permis la liberté. Ténèbres sur ces bourreaux funèbres qui n’ont fait que souiller chaste joyau !
Un Dieu de « face obscure » plein de bonté, qui a offert à son monde clarté et paix en faisant présent de sa noble pensée. Sagesse et noblesse données à un peuple en détresse. Un africain qui a tendu la main à un peuple oublié, masqué par une noirceur que l’on croyait ineffaçable. Noirceur, de considérables injustices dissimulées par des sourires factices.
Peuple incompris, peuple soumis, sous l’autorité de blancs envahisseurs. Pauvres gens, sûrement persuadés que la nature leur avait donné tort. Etre africain, là se trouvait la source de leurs nombreux malheurs.
Nelson Mandela aimait son Afrique du Sud mais l’apartheid qui y régnait le révulsait. Il ne convoitait ni combat, ni vainqueur, ni perdant. Il désirait âprement la compréhension de ces blancs tyrans ainsi que la considération des Droits de l’Homme « nous sommes tous égaux ». Il existe des plages de sable blanc, de sable noir. Il existe des déserts de sable blanc, de sable noir, entre eux, pas d’affront car les grains de sable les composant ne sont pas si différents, ils étaient tous, au départ « un atome ignoré dans les déserts ».
Il était et reste un pacifiste. A son grand désarroi, il y eut conflit, ainsi que vainqueur et perdant. Il a résisté et échoué, les autres l’ayant emporté à l’aide de leurs puissantes alliées que sont la force et l’injustice. Un incroyable africain arrêté et jugé. Jugé comme traître ! Honte à ces hommes, que dis-je, ces monstres qui excellaient à reconnaître le Blanc du Noir et ne différenciaient le Bien du Mal. Mandela faisait le Bien, les blancs tyrans le Mal, mais la soif de pouvoir de ces derniers les avait persuadés du contraire.
Ce militant de l’égalité choisira d’endosser par la suite la responsabilité d’une vague d’attentats perpétrés par un mouvement qu’il avait héroïquement fondé. Ces traîtres de bourreaux eurent la lamentable audace de l’incarcérer. A vie ! Ignominie et infamie sur ces traîtres ! Une raison à cette condamnation ? Mandela voulait aider son pays. Quel crime abominable vous en conviendrez ! Triste intelligence devenue si rare denrée. Pauvre homme déclarant lors de son procès « Ma vie durant je me suis consacré à la lutte des africains. J’ai combattu la domination blanche et la domination noire. » Pauvre homme qui une fois de plus combattit et une fois de plus fut vaincu. Comment oser enfermer si cristallin esprit ? Ne demandant qu’à être offert à un peuple en besoin, comment ? Il faudrait le leur demander. Mais ils ne sauraient que répondre car ils n’éprouvent pas l’ombre d’un remord, tant leur persuasion d’avoir eu raison est imposante.
« C’est au cours de ces longues années solitaires que la faim de liberté pour mon peuple est devenue faim de liberté pour tous, Blancs et Noirs ». Et ce brave africain, nullement rancunier, a placé pour la première fois depuis longtemps, Blancs et Noirs dans la même phrase sur un pied d’égalité, le même piédestal, nous sommes tous égaux ! Mandela était et reste un inoubliable idéaliste.
Dans son cheminement vers la paix, il ne mérite que d’éternelles louanges, complexes à poser sur papier tant il semble y avoir de mots valorisant créés pour lui. Le destin et un géni colossal invitèrent Frederik De Klerk à croiser le droit, exemplaire mais rocailleux chemin de Nelson Mandela. Il lui fit grâce, après trente-deux longues années, de re-vivre entre terre et ciel et non entre quatre murs s’extasiant d’avoir retrouvé leur clarté tant la pensée de leur hôte brillait. Frederik De Klerk ! Enfin un homme digne de voir afficher son nom près de celui du héros du peuple noir. Tous deux, noms et personnes côte à côte, deux grains de sable de couleurs différentes devinrent diamant en recevant ensemble le Prix Nobel de la Paix. Elément chassé depuis tant d’années, enfin triomphant ! Après telle fortune, ce Dieu fut nommé président aux élections libres. Dieu glorifié, enfin récompensé ! Peuple promis à un triste destin, enfin pu élire le seul synonyme de la liberté : Nelson Mandela !
Tant de nobles pensées semblaient dépareillées en cette Afrique du Sud. Mandela paraissait absurde et fou car le mot « égalité » semblait être ignoré. Transportez-le aux Etats-Unis, Theodore Roosevelt et Martin Luther King lui auraient tendu la main. En Inde, Gandhi lui aurait souri. En Palestine, Yasser Arafat, l’aurait reconnu. Tant d’hommes qui ont consacré leur vie à lutter pour sauver leur peuple et leur pays !
Discours de dénonciation du système colonial et du principe des zoos humaisn au début du XXème siècle
Mesdames, Messieurs,
En ce jour nous voici réunis afin d’aborder un sujet de grande envergure qui, durant plus de six mois a ôté toute trace d’humanité au coeur chacun d’entre nous.
Le 6 mai de cette année 1931, Paul Reynaud, ministre des colonies françaises, inaugura en fanfare l’exposition coloniale tant attendue. Sachez qu’il est l’auteur de l’ignominie « la colonisation est un phénomène qui s’impose car il est dans la nature des choses que les peuples arrivés à son niveau supérieur d’évolution, se penchent vers ceux qui sont à son niveau inférieur pour les élever jusqu’à eux. » À ses côtés, le maréchal Lyautey, commissaire général de l’exposition.
Du long de ses cent-dix hectares et jusqu’au 15 novembre elle fut parcourue par près de huit millions de personnes, dont quatre millions de parisiens, trois millions de provinciaux et un million d’étrangers. Ce site, installé au Bois de Vincennes à l’ouest de Paris, Porte Dorée, accueillant jusqu’à trois cent milles visiteurs par jour, offrait la découverte de l’ensemble des colonies françaises tout en ayant un aperçu des possessions des autres puissances notamment avec la reconstruction à échelle 1 d’un temple cambodgien d’Angko Vat et la mosquée de Djenné.
Plongés dans l’univers colonial que l’on se plaisait à appeler l’apothéose de la troisième république, nous en avons omis la réalité. Imiter, présenter des architectures mauresques, africaines, malgaches ou indiennes c’était fort bien pensé. Mais enfermer des hommes !? Nos semblables ! Les exposer à nos regards cherchant des différences, comparant, se moquant…Et nous, visiteurs, leur lançant de la nourriture et de la verroterie à travers les grilles ! Leur faire pousser des cris bestiaux, alors qu’ils avaient leur propre langue, c’était les priver de leurs mœurs, les faire régresser, leur donner honte ! Mettre des oiseaux en cage, les priver de leur liberté, c’est inhumain ! Mais des hommes ? C’est monstrueux ! Monstrueux ! Quels droits avons-nous sur eux, qu’eux n’aient-ils pas sur nous ? Nous ont-ils enfermés lorsque nous les avons envahis, bouleversant ainsi toutes leurs habitudes ? Nous ont-ils exposés à des moqueries concernant notre couleur de peau? Ont-ils soulevé que la cause en était que même le soleil n’osait nous approcher, de peur de se heurter à notre supériorité ? Ont-ils seulement osé ? Je vous le demande ! A votre manque de réaction, j’en conclus que non. Ils nous respectaient, nous en avons tiré profit !
A la question, quoi de plus inacceptable que la soumission de ces pauvres gens exposés ? Je propose que vous vous interrogiez : Combien d’entre nous, ont-ils eu à lutter pour ne pas relever telles barbaries ? Combien ?
Dois-je considérer ce soudain silence comme synonyme de remord? En réalité vous savez ce qui en est la cause ! C’est notre ignorance ! Notre indifférence ! Notre plaisir à nous sentir plus fort, à encourager l’idée de hiérarchie avec dominants et dominés ! Notre humanité a été dominée par notre voyeurisme !
Moi, citoyenne française, je vous invite à réfléchir sur votre comportement, est-il digne de vous? Ce mépris, dont nous faisions preuve à leurs égards, c’est contre nous que nous devrions l’avoir ! Que ceux pour qui le mot « conscience » à encore un sens, se mobilisent en refusant que nos égaux soient souillés ! Il faut agir et dénoncer de telles barbaries ! Car même si la grande exposition a désormais fermé ses portes, nous ne sommes pas à l’abri d’une récidive !
Le surréalisme... un véritable cauchemar?
EXPOSITION SURREALISTE :
UN CAUCHEMAR IMMORAL ET PATHETIQUE
En ce 17 janvier 1938, l’exposition internationale du surréalisme ouvre ses portes, 140, rue du Faubourg-Honoré à Paris. Représentant quatorze pays, décrite aussi par pitié ou pure ironie comme « résultat » d’un travail collectif, elle est organisée par ces très chers André Breton et Paul Eluard. Exposition d’une Grande Ampleur évidente puisque que Salvador Dali et Max Ernest se sont déplacés en personnes sous le modeste titre de Conseillers Généraux …
Elément notable tant il est regrettable, cette présentation des œuvres surréalistes a lieu à la Galeriedes Beaux- Arts. Comment oser corrompre un nom si pur et cristallin? Comment oser corrompre la mémoire des expositions précédentes ? Comment ? En comparaison, la monstruosité de la créature du Docteur Victor Frankenstein nous paraît comme simple laideur confrontée à telles horreurs ! HORREURS, le « mot est dit » ! Souillant des murs implorants : des tableaux, mais en est-ce vraiment ? Nous dirons plus simplement des associations violentes de couleurs formant un ensemble confus et exténuant à regarder. Vous devinerez l’Intérieur Hollandais de Joan Miro.
Parfois, style différent mais tout aussi détestable, un fond pâle, des éléments impossibles à identifier, semblent perdus dans l’immensité qu’est le vide. Un ensemble de lenteur qui ne crée que malaise et confusion : Jour de lenteur de Tanguy.
Jamais on ne vit tant de têtes inclinées et de regards lourds d’interrogation au sein d’une seule et même exposition. Aux moments où l’on pense se trouver face à un texte cohérent et poétique, on découvre avec stupeur que l’on est plongé dans des associations certes inattendues et insolites de mots, n’ayant pas le moindre rapport.
Je cite, en débutant par la voix du maître surréaliste, André Breton concernant sa femme dans L’Union Libre « Ma femme […] aux dents d’empreintes de souris blanche sur la terre blanche ». Laissez vagabonder votre imagination pour percer le mystère de ce langage codé…
Robert Desnos, dans un de ses nombreux écrits au titre bouleversant de lucidité, Un jour qu’il faisait nuit, dévoile un poème, véritable cimetière de périphrases et d’oxymores « Nous eûmes le courage de nous asseoir », « La pluie nous sécha »… Nous pourrions citer un plus grand nombre encore de mots s’opposant, mais d’autres oeuvres attendent un semblant d’intérêt…
Monsieur Desnos résume admirablement la notion du surréalisme par « Tout rien »…Car malgré l’abondance exagérée de mots insignifiants, rares sont les phrases compréhensibles…
Ce serait montrer une mauvaise foi évidente d’accuser tous les surréalistes de n’être doués qu’à accumuler des mots sans logique visible, puisque certains d’entre eux restent tout de même de très brillants poètes et peintres dont on ne retiendra que les ouvres passées pour une vision plus positive… Mais n’est-il pas triste de gâter si follement d’aussi brillantes aptitudes pour suivre une mode, et révolutionner ce que la langue française ou l’art a fait de plus beau ?
Si tous ces textes, ces peintures… n’avaient de sens que pour ce qui se faisaient appeler les surréalistes, pourquoi une exposition aux yeux de nous, simples mortels qui, car trop « terre à terre » ne pouvons comprendre le vrai art et la vraie signification des choses de la vie ? Pourquoi ?
Chers lecteurs, pour une nuit sans cauchemars immoraux et pathétiques causés par les visions atroces de ce qui s’appelle le « surréalisme », je vous conseille une infusion !
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Non, non, je n'ai absolument rien contre le surréalisme, c'est comme tout, il faut s'y pencher et chercher "le sens caché des choses", mais n'est-il pas délicieux d'écrire pour porter une critique?
"Sans rancune aucune"... http://surrealisthme.canalblog.com/ => A consulter car très bien écrit









