ღ♥ Mon aire de repos ღ♥

André Gide: "Le plus grand bonheur après qu'Aimer est de confesser son Amour..."... pour sa passion. Mon aire de repos : un temps de pause, des pensées, des écrits (scolaires ou non), du ciné, des livres… I’m lovin’ it !

dimanche 22 novembre 2009

Creative writing about MYSTERY

Oh pauvre de moi qui ai oublié bien des choses en anglais, je le lis toujours mais alors l’écrire est une peine pour ce qui est des temps… Bref, petit essai, gentiment mystérieux et encore, demandé à la fac, ah retour en enfance...

choosetell_fairytales

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            When I was young, a little girl with two braids, I dreamt about candies, fairytales and travels. I always saw me at the prow of a boat, crossing the Mediterranean sea and losing me in the saharadesert with stars for only friends… I always lived in my dreams finding reality too insipid, I was the girl who waited for the prince charming, I was the girl who wanted to change the world…

            One day, when I was seated on a chair at the back of the classroom, studying the shape of clouds across the window, my teacher asked:

-         Have you ever dreamt of discovering new peoples, new ways of life?

And she put on her desk a pack of letters.

-         This, she continued, will be your treasure, this, will change your life, this, will give you, new friends!

I was eight years old and I understood that my teacher result all my class in a correspondence with little Africans. One by one we took a letter for discover our correspondent. Mine called Jaro, he came from cameroun and he was ten years old. In his letter he spoke about his family (nine brothers!!) and his country. I was so surprised, he seemed to show me a life I couldn’t imagine with lot of sun and dryness. His family lived far from the sea and he never saw waves, just sand. My thoughts were already next to Jaro when the teacher gave us our ‘mission’:

-         Maybe you are so astonished by them habits, lot of them have never seen other things except them villages. Let’s present to them our beautiful but mystery country, let them living with us the time of a reading.

And our usual exercise of grammar and vocabulary became a new game: speaking, dreaming with someone who lived under the equator… I was in my element, I was so happy, my words came alone, my inspiration piloted me. Our letters finished, the teacher gave us one week to find something which could appear mysterious for our correspondents. Something mysterious, something extraordinary for them, something they couldn’t ever see. The day we must give our present, it snowed. Our teacher has foreseen to send all our works after the class. I hold her my magic box; I have discovered how to create it in one of my fairytales books, with bark of maple, feathers of bird and lots of secrets like that. It was my mystery and I didn’t want to tell what it contained.

Shhhhh, in my magic box I have put… a flake of snow…

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samedi 14 novembre 2009

Fiche Oeuvre, Les Caprices de Marianne d'Alfred de Musset

les_caprices_de_Marianne

Fiche_Oeuvre_Musset <= Une analyse complète (ou qui se veut) de l'oeuvre.

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dimanche 8 novembre 2009

L’adolescence Clémentine, Clément Marot, Rondeau LC, commentaire linéaire

                        XVIème  siècle, 1532, Clément Marot publie L’adolescence clémentine.  Se jouant de divers genres entre complaintes, épîtres, épitaphes, épigrammes, élégies, ballades, Marot relie avec la tradition et la forme médiévale qu’est le rondeau. Digne héritier de son père Jean Marot l’un des Grands Rhétoriqueurs, Clément est cependant bien éloigné du simple exercice de jeunesse que le titre de l’œuvre aurait pu laisser soupçonner. Le Rondeau LV, dédié à Anne d’Alençon, nièce de ses protecteurs, double en raison de ses quinze vers, laudatif en raison de ses mots, plus qu’une pâle imitation de formes fixes tend à une évolution vers une forme nouvelle et plus libre. Comment, à travers cette ronde, Marot, inspiré de la principale muse des enfants d’Apollon fait-il renaître le poète de ses cendres ?

Nous étudierons ce rondeau ainsi que sa modernité, à travers l’image du phœnix nous illustrerons la sortie des ténèbres d’un homme, enfin nous noterons la fureur et le lyrisme animant cette évolution.  

                        Au Moyen Age le rondeau, ce poème bref, était dit simple et se composait de sept ou huit vers construits sur deux rimes, le rentrement, quant à lui, apparaissait au début et à la fin et le quatrième vers reprenait le premier. Ce rondeau était celui rencontré dans Le Roman de la rose par exemple.

            Puis il a évolué en s’allongeant, comme c’est le cas ici puisque le rondeau LV est désormais constitué de quinze vers, ce qui en fait un rondeau double. Et vers le XVème siècle le rondeau à forme fixe du Moyen Age a cédé la place à une plus moderne, pour un rondeau en décasyllabes « Trop plus qu’en autre en moi s’est arrêté » (v.1) composé de deux quintils encadrant un tercet, le rentrement serait de quatre syllabes. « Trop plus qu’en autre », reprenant jusqu’à la césure le premier vers, est ainsi répété à trois fois dans le rondeau, à la fin du tercet ainsi qu’à celle du quintil final. Il est à noter que l’on ne tient compte du rentrement pour ce qui est du nombre de vers par strophe, ni pour les rimes.

            Le travail sur le rythme et les sonorités est cependant resté très important comme en témoigne le système des deux rimes en ‘’ ou ‘esse’ en chaque fin de vers. Le rondeau moderne, de genre mondain et raffiné, plus libre par ses exigences se devait tout de même d’être à la fois ingénieux et beau.

            Selon Sébillet, dans son Art poétique, le rondeau est ainsi nommé en raison de sa forme, « après avoir discouru toute la circonférence, on rentre toujours au premier point duquel le discours avait commencé ». Cette forme ronde est doublement rappelée dans le poème même par le signifié (rime en ‘onde’) et le signifiant du nom « Monde » (v.5). Une fois que « tout est dit », on retourne au premier hémistiche pris à son commencement. Le rentrement entraîne plus de vivacité mais aussi une sorte de « suspens dilatatoire ». Entre chaque strophe, une pause, le rentrement change de sens et « appelle dans l’esprit du lecteur des échos deux fois renouvelés ».

            De même que les rimes plates qui semblent continuellement fraterniser : les deux vers premiers de chaque quintils en ‘’, le tiers et le quart de même en ‘esse’ et enfin le cinquième vers symbolisant avec les deux premiers pour ce qui est des quintils, et les rimes consonantes aux trois premiers vers du premiers couplet pour le tercet. Ces rimes forment à elles-seules une sorte de ronde où chacune donnerait la main à l’autre, rappelant qu’avant sa prise d’autonomie le rondeau était associé à la danse et à la musique.

            Jacques Peletier avait signalé que dans chaque couplet « la sentence devait être accomplie ». Ne laissant pas de vers traînant, chaque strophe illustre un thème qui n’est pas sans rappeler le cycle de la vie, de « mort » (v.5) à « vivre » (v.7). Cycle valable pour l’homme mais aussi pour les saisons «  hiver, et été » (v.2). Ce rondeau est donc bouclé et ouvert car l’on peut rajouter le rentrement tout en gardant le sens parfait.

« Rondeau, où toute aigreur abonde,

Va voir la douceur de ce Monde :

Telle douceur t’adoucira,

Et ton aigreur ne l’aigrira. »

            A la différence des autres rondeaux, celui-ci est précédé d’un quatrain liminaire. Marot, qui reprend une forme plus ancienne d’écriture semble insister sur le fait qu’il ne s’agit pas seulement d’une pâle imitation, ni même peut-être d’un « simple exercice de jeunesse » comme l’aura dit Sébillet, mais d’une véritable œuvre personnelle. Ne se présentant pas en décasyllabes comme le reste du rondeau cette suscription fonctionne cependant sur deux rimes dont la fameuse en ‘onde’ et est très riche de par son contenu. En effet, on remarque une abondance de dérivations, cette figure de style concernant des mots ayant le même radical mais changeant de nature avec « aigreur / aigrira », « douceur / adoucira ». De plus l’antithèse entre douceur et aigreur est très entretenue par un réseau croisé mais aussi par une lecture verticale « aigrira » rimant avec « adoucira ».

            Si l’on se réfère au rondeau parfait de Marot où chaque vers du premier couplet était ensuite repris pour commencement de chacune des strophes, on peut voir en ce quatrain quelque ressemblance, non pas de forme mais de fond.

En effet, le premier vers « rondeau, où toute aigreur abonde » serait une parfaite introduction du premier couplet. L’aigreur dans le sens de ce qui marque figurément ce qui déplait voire offense, est très présente dans les cinq premiers vers. On voit très certainement une disposition d’esprit sombre, et un certain aigre reflet de tromperie avec « fraude, haine, vice » (v.3). Ensuite «Va voir la douceur de ce Monde » n’est pas sans annoncer le retour à la vie du tercet. Et enfin « Telle douceur t’adoucira, /Et ton aigreur ne l’aigrira. » marque le bel enthousiasme régnant au dernier quintil.

                        En quoi cette évolution du rondeau retrouve-t-elle son reflet dans son contenu, à savoir l’évolution d’un homme ?

« Trop plus qu’en autre, en moi s’est arrêté

Fâcheux ennui : car hiver et été

N’ai vu que fraude, vice, haine et oppresse

Avec chagrin : et durant cette presse,

Plus mort, que vif au monde j’ai été. »

                        Le premier quintil rimant en aabba se présente comme d’un extrême pessimisme, notons que Marot a écrit ce rondeau à sa sortie de prison en 1526… On y lit un homme parlant à la première personne « en moi » (v.1), « j’ai été » (v.5). L’Auteur parle de lui, là apparaît dès le premier vers le désir de Marot de faire une œuvre d’Auteur. Peut-être cette incursion du ‘je’ est-elle à associer à la présence même de l’exergue qui se distinguait d’œuvres fixes et purement stylistiques. Marot écrit pour parler de lui, non pas pour parfaire

la Grande

Rhétorique

: « Trop plus qu’en autre, en moi s’est arrêté » (v.1).

            Il est à remarquer que ce premier couplet est très fortement marqué par l’ellipse, présente à trois voire quatre reprises, allant parfois jusqu’à un certain agrammatisme, pour la rime d’ « oppression » avec « presse » (v.4), elle devient « oppresse » (v.3).

« Trop plus qu’en autre, en moi s’est arrêté » (v.1), trop plus qu’en un autre… Marot se peint comme un martyre. Le ‘je’ du rondeau est rongé par une peine intérieure, il éprouve un « fâcheux ennui » (v.2) qui est un sens affaibli du « chagrin » (v.4), « cette presse » (v.4) à savoir du tourment. Le pessimisme est reflété par une profonde déception du ‘je’ en ce qui concerne le monde l’entourant. Le monde humain mais aussi le monde dans sa globalité. Les sentiments humains ne sont que fausseté «N’ai vu que fraude, haine, vice et oppresse » (v.3) et les saisons même ne changent rien à son tourment « été » (v.2) rime avec « arrêté » (v.1), comme si l’espoir d’un nouvel été, symbole de la vie épanouie, des fruits, n’était plus. Ni soutenu intérieurement, ni extérieurement, ce ‘je’ est seul, il s’en oublie même au vers 3 ou le ‘je n’ai vu’ n’est plus qu’un « n’ai vu ». Ce premier couplet présente donc Marot comme ‘cerné’ entre « hiver » (v.2) et « chagrin » (v.4), ne pouvant éviter la chute finale du vers 5 «Plus mort que vif au monde j’ai été ».

            L’ellipse pour nous obliger toujours à rétablir  mentalement ce que l’auteur passe sous silence, mais aussi et surtout parce qu’elle symbolise l’absence, le manque de quelque chose. Serait-ce là les prémisses du mal de Marot ?

« Mais le mien cœur (lors de vie absenté)

Commence à vivre, et revient à santé,

Et tout plaisir vers moi prend son adresse,

Trop plus qu’en autre. »

            Le dernier couplet du quintil s’achevait sur « Plus mort que vif au monde j’ai été » (v.5). Ce « vif », au sens de « vivant » était le seul symbole animé de la strophe, passé inaperçu car noyé dans une obscurité généralisée. Cependant, connaissant la forme ronde du poème, où chaque vers est lié à l’autre, on peut donc percevoir en cet adjectif l’annonce du thème du tercet qui suit. En effet, le premier vers, le sixième donc, commence par un afflux de vie dans ce qui est le plus représentatif « Mais le mien cœur ». Un cœur qui bat c’est un corps qui vit, et de facto, de par la rime quasi-équivoquée de « vie absenté » (v.6) à « revient à santé » (v.7), le lecteur est témoin d’une véritable renaissance. Marot devient un phœnix, qui passe des cendres du premier quintil à la vie « commence à vivre » (v.7).

            Le tercet, comme son nom l’indique est plus bref que le quintil et les ellipses « mais le mien cœur (lors de vie absenté) » (v.6), réduisant les vers à leurs lexèmes apporte une certaine vivacité. Grand travail sur le rythme, la forme même du rondeau illustre son contenu, ce rythme saccadé, ces mots sont chacun le soubresaut d’un cœur. On remarquera la forte récurrence du son ‘vi’ avec « vie » (v.6), « vivre » (v.7), « revient » (v.7).

            « Et tout plaisir vers moi prend son adresse » (v.8) est le premier vers dénué d’omission, grammaticalement, aucun mot ne semble manquer, le rythme s’apaise, le soubresaut du cœur se transforme en un battement régulier : Marot est revenu à la vie. Du pessimisme excessif des premiers vers, Marot bascule dans un optimisme débordant « tout plaisir » sans en omettre aucun, donc chaque plaisir est tourné vers lui. De par sa renaissance il est comme un aimant qui attire à lui toute chose positive. Le rentrement «Trop plus qu’en autre » change lui-même de sens, ce n’est plus trop plus qu’en un autre homme, mais trop plus qu’en un autre cœur. En ce sens, fidèlement à ce qu’écrivait Jacques Peletier, la strophe elle-même est bouclée puisque le rentrement reprend non seulement le premier hémistiche du premier quintil mais en plus celui du premiers vers du tercet avec l’accentuation sur « Mais le mien cœur ». Marot, qui souffrait d’une incommensurable peine dans le premier quintil subit un autre excès, celui de la vie qui déborde en lui mais ce n’est plus un fardeau. Le rentrement est passé d’un sens négatif à un sens positif. Lui aussi a gagné en vivacité.

                        La renaissance d’un homme s’étant orchestrée, quelle muse ranime la fureur et le lyrisme du poète ?

Car maintenant j’aperçois loyauté,

Je vois à l’œil Amour,  et féauté,

Je vois vertu, je vois pleine liesse.

Tout cela vois : voire mais en qui est-ce ?

C’est en vous seule, où gît toute beauté

Trop plus qu’en autre.

                        Le tercet laissait le lecteur sur une brusque évolution du ressenti de Marot, qui d’un monde ingrat découvrait un monde nouveau où tout plaisir vers lui était tourné. Cependant (et bien que l’on se réjouisse pour lui) l’on restait ignorant de la raison de cette subite renaissance.  Raison qui nous est illustrée dans le dernier quintil, bouclant la forme du rondeau, « maintenant » (v.10) tout trouve son dénouement, et pour preuve, le premier vers commence par la conjonction de coordination « car » (v.10) qui non seulement, comme son nom l’indique coordonne l’articulation du poème mais aussi se met en devoir de l’expliquer. Et c’est au onzième vers que la question trouve sa réponse : l’ « Amour » avec un ‘A’ majuscule. Marot, animé d’un sentiment sincère et pur fait recouvrir à son rondeau sa qualité de jeu amoureux comme le concevait la noblesse de l’époque.

            Au premier quintil Marot était aveuglé par une absence de valeurs, dans un monde obscur, il ne pouvait ouvrir les yeux sur aucun espoir, sa vue même avait une connotation négative « n’ai vu que » (v.3).  En réponse à la renaissance du tercet,  comme son cœur, les yeux de Marot s’ouvrent aussi à la vie, à la vue, avec le champ lexical « j’aperçois » (v.10), « je vois à l’œil » (v.11), « je vois » répété à trois fois. Comme un effet de miroir inversé, là où le premier quintil s’obscurcissait de « fraude, haine, vice et oppresse » (v.3), Marot voit désormais « loyauté », « féauté », « vertu » et « beauté ». Un véritable réseau d’antinomies se dessine : la fraude, au sens de tromperie est confrontée à la légalité de « loyauté » (v.10),  la haine, sentiment non chrétien trouve son opposé dans la foi de « féauté » (v.11), le vice est contrecarré par la « vertu » (v.12) morale. Ce tableau diptyque offre une vision plutôt manichéenne du monde, avec le triomphe de la lumière sur l’obscurantisme. Peut-être faut-il voir ici une allusion à l’évangélisme prôné par Marot…

            Comme nous l’avons vu précédemment, la présence du ‘je’ fait de ce rondeau une œuvre d’Auteur. L’Amour ressenti par Marot exalte ses sentiments, sentiments d’un homme mais aussi d’un poète. Il use de l’emphase «  Tout cela » (v.13), voit tout en grand. L’Amour rend l’homme poète et le rondeau témoigne d’un lyrisme certain. Cet Amour c’est la « Fureur », l’inspiration, Marot ne ressent plus ce « fâcheux ennui » (v.2), il écrit en « pleine liesse » (v.12), il est joyeux, use de calembours comme « Tout cela vois : voire mais en qui est-ce ? ».  Ses rimes deviennent riches en cet ultime quintil avec deux sons syllabiques en fin de vers « loyauté » et « féauté » aine que « liesse » et « qui est-ce ». La récurrence du ‘v’ donne un certain dynamisme…

            Marot n’est finalement pas à l’image du phœnix puisqu’il recouvre la vie grâce à la force des sentiments. Anne d’Alançon est celle qui lui permet de renaître, et pour cela, comme il glose lui-même son rondeau, il le lui dédie « A une Dame, pour la louer ». Au vers 12 Marot use du mot  vieilli « liesse » qui déjà au XVIème siècle n’a plus d’usage que dans le discours sérieux. C’est ainsi qu’il s’écarte du caractère assez ludique du rondeau, comme le « plaisir » (v.8) en témoignait pour montrer la solennité de ses dires, sur ce dernier quintil laudatif il ne s’agit pas de plaisanter.

            La question purement rhétorique « Tout cela vois : voire mais en qui-est-ce ? » (v.13) semble destiner à flatter l’égo de ladite dame. Notons que l’insistance de Marot sur la vue n’est pas simplement à valeur descriptive, il ne se contente pas de peindre le pâle portrait d’un être n’ayant que des attraits physiques, non, la pureté de l’âme semble ici se refléter dans la pureté du corps où « où gît toute beauté » (v.14). Le « gît » rappelle le thème de la mort et des cendres du premier quintil, bouclant ainsi le rondeau. Cette dame louée représente à elle seule cette myriade des valeurs d’une femme pure moralement, religieusement comme nous l’avons relevé avec le champ lexical des qualités. Le « C’est en vous seule » (v.14), avec le ‘vous’, prénom cataphorique tombant comme l’achèvement sublime du poème. On quitte le rondeau sur ce ‘vous’, qui raisonne comme un remerciement, et un dernier honneur. 

            Le rentrement qui tour à tour a illustré un homme, un cœur, est désormais un trop plus qu’en une autre femme. L’emphase est de rigueur pour parler d’une femme de si grande importance aux yeux de Marot. Et le rondeau se referme sur lui-même.

                        En conclusion ce rondeau laudatif, animé par la muse Amour alterne entre aigreur et douceur  et dépeint le retour à la vie d’un homme mais aussi d’un poète. Le rondeau n’est pas naïf, il ne faut confondre forme et fond, cette forme, légère pourtant, n’est pas contraire à l’essor de la poésie lyrique. On notera avec quelle adresse est travaillée la signification du rentrement qui évolue à chaque couplet, ce qui n’est pas sans laisser penser aux refrains de Voiture…

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mercredi 4 novembre 2009

Ferragus, Honoré de Balzac, 1833, Mme Jules

7182637« À qui n'est-il pas arrivé de partir, le matin, de son logis pour aller aux extrémités de Paris, sans avoir pu en quitter le centre à l'heure du dîner ? Ceux-là sauront excuser ce début vagabond qui, cependant, se résume par une observation éminemment utile et neuve, autant qu'une observation peut être neuve à Paris où il n'y a rien de neuf, pas même la statue posée d'hier sur laquelle un gamin a déjà mis son nom. Oui donc, il est des rues, ou des fins de rue, il est certaines maisons, inconnues pour la plupart aux personnes du grand monde, dans lesquelles une femme appartenant à ce monde ne saurait aller sans faire penser d'elle les choses les plus cruellement blessantes. Si cette femme est riche, si elle a voiture, si elle se trouve à pied ou déguisée, en quelques-uns de ces défilés du pays parisien, elle y compromet sa réputation d'honnête femme. Mais si, par hasard, elle y est venue à neuf heures du soir, les conjectures qu'un observateur peut se permettre deviennent épouvantables par leurs conséquences. Enfin, si cette femme est jeune et jolie, si elle entre dans quelque maison d'une de ces rues ; si la maison a une allée longue et sombre, humide et puante ; si au fond de l'allée tremblote la lueur pâle d'une lampe, et que sous cette lueur se dessine un horrible visage de vieille femme aux doigts décharnés ; en vérité, disons-le, par intérêt pour les jeunes et jolies femmes, cette femme est perdue. Elle est à la merci du premier homme de sa connaissance qui la rencontre dans ces marécages parisiens. Mais il y a telle rue de Paris où cette rencontre peut devenir le drame le plus effroyablement terrible, un drame plein de sang et d'amour, un drame de l'école moderne. Malheureusement, cette conviction, ce dramatique sera, comme le drame moderne, compris par peu de personnes ; et c'est grande pitié que de raconter une histoire à un public qui n'en épouse pas tout le mérite local. Mais qui peut se flatter d'être jamais compris ? Nous mourons tous inconnus. C'est le mot des femmes et celui des auteurs.

À huit heures et demie du soir, rue Pagevin, dans un temps où la rue Pagevin n'avait pas un mur qui ne répétât un mot infâme, et dans la direction de la rue Sol, la plus étroite et la moins praticable de toutes les rues de Paris, sans en excepter le coin le plus fréquenté de la rue la plus déserte ; au commencement du mois de février, il y a de cette aventure environ treize ans, un jeune homme, par l'un de ces hasards qui n'arrivent pas deux fois dans la vie, tournait, à pied, le coin de la rue Pagevin pour entrer dans la rue des Vieux-Augustins, du côté droit, où se trouve précisément la rue Soly. Là, ce jeune homme, qui demeurait, lui, rue de Bourbon, trouva dans la femme, à quelques pas de laquelle il marchait fort insouciamment, de vagues ressemblances avec la plus jolie femme de Paris, une chaste et délicieuse personne de laquelle il était en secret passionnément amoureux, et amoureux sans espoir : elle était mariée. En un moment son cœur bondit, une chaleur intolérable s’ourdit de son diaphragme et passa dans toutes ses veines, il eut froid dans le dos, et sentit dans sa tête un frémissement superficiel. Il aimait, il était jeune, il connaissait Paris ; et sa perspicacité ne lui permettait pas d'ignorer tout ce qu'il y avait d'infamie possible pour une femme élégante, riche, jeune et jolie, à se promener là, d'un pied criminellement furtif. Elle, dans cette crotte, à cette heure ! L'amour que ce jeune homme avait pour cette femme pourra sembler bien romanesque, et d'autant plus même qu'il était officier dans la garde royale. S'il eût été dans l'infanterie, la chose serait encore vraisemblable ; mais officier supérieur de cavalerie, il appartenait à l'arme française qui veut le plus de rapidité dans ses conquêtes, qui tire vanité de ses mœurs amoureuses autant que de son costume. Cependant la passion de cet officier était vraie, et à beaucoup de jeunes cœurs elle paraîtra grande. Il aimait cette femme parce qu'elle était vertueuse, il en aimait la vertu, la grâce décente, l'imposante sainteté, comme les plus chers trésors de sa passion inconnue. Cette femme était vraiment digne d'inspirer un de ces amours platoniques qui se rencontrent comme des fleurs au milieu de ruines sanglantes dans l'histoire du Moyen Age ; digne d'être secrètement le principe de toutes les actions d'un homme jeune ; amour aussi haut, aussi pur que le ciel quand il est bleu ; amour sans espoir et auquel on s'attache, parce qu'il ne trompe jamais ; amour prodigue de jouissances effrénées, surtout à un âge où le cœur est brûlant, l'imagination mordante, et où les yeux d'un homme voient bien clair. Il se rencontre dans Paris des effets de nuit singuliers, bizarres, inconcevables. Ceux-là seulement qui se sont amusés à les observer savent combien la femme y devient fantastique à la brune. Tantôt la créature que vous y suivez, par hasard ou à dessein, vous paraît svelte ; tantôt le bas, s'il est bien blanc, vous fait croire à des jambes fines et élégantes ; puis la taille, quoique enveloppée d'un châle, d'une pelisse, se révèle jeune et voluptueuse dans l'ombre ; enfin les clartés incertaines d'une boutique ou d'un réverbère donnent à l'inconnue un éclat fugitif, presque toujours trompeur qui réveille, allume l'imagination et la lance au delà du vrai. Les sens s'émeuvent alors, tout se colore et s'anime ; la femme prend un aspect tout nouveau ; son corps s'embellit ; par moments ce n'est plus une femme, c'est un démon, un feu follet qui vous entraîne par un ardent magnétisme jusqu'à une maison décente où la pauvre bourgeoise, ayant peur de votre pas menaçant ou de vos bottes retentissantes, vous ferme la porte cochère au nez sans vous regarder. La lueur vacillante que projetait le vitrage d'une boutique de cordonnier illumina soudain, précisément à la chute des reins, la taille de la femme qui se trouvait devant le jeune homme. Ah ! certes, elle seule était ainsi cambrée ! Elle seule avait le secret de cette chaste démarche qui met innocemment en relief les beautés des formes les plus attrayantes. C'était et son châle du malin et le chapeau de velours du matin. À son bas de soie gris, pas une mouche, à son soulier pas une éclaboussure. Le châle était bien collé sur le buste, il en dessinait vaguement les délicieux contours, et le jeune homme en avait vu les blanches épaules au bal ; il savait tout ce que ce châle couvrait de trésors. À la manière dont s'entortille une Parisienne dans son châle, à la manière dont elle lève le pied dans la rue, un homme d'esprit devine le secret de sa course mystérieuse. Il y a je ne sais quoi de frémissant, de léger dans la personne CM clans la démarche : la femme semble peser moins, elle va, elle va, ou mieux elle file comme une étoile, et vole emportée par une pensée que trahissent les plis et les jeux de sa robe. Le jeune homme hâta le pas, devança la femme, se retourna pour la voir… Pst ! elle avait disparu dans une allée dont la porte à claire-voie et à grelot claquait et sonnait. Le jeune homme revint, et vit cette femme montant au fond de l'allée, non sans recevoir l'obséquieux salut d'une vieille portière, un tortueux escalier dont les premières marches étaient fortement éclairées ; et madame montait lestement, vivement, comme doit monter une femme impatiente.

— Impatiente de quoi ? se dit le jeune homme qui se recula pour se coller en espalier sur le mur de l'autre côté de la rue. Et il regarda, le malheureux, tous les étages de la maison avec l'attention d'un agent de police cherchant son conspirateur. »

Introduction :

            Ferragus de Balzac, paru en 1833 dans La revue de Paris, appartient à une trilogie au titre pour le moins énigmatique : L’histoire des treize. A l’époque des romans feuilletons, « Mme Jules » est le premier extrait de cette anthologie offerte au public. On découvre dans cette Comédie Humaine une véritable fresque de la vie parisienne. Amoureux de sa ville, qu’il connait parfaitement, Balzac nous  projette jusque dans les fins de rues, où l’animation accueille parfois le hasard d’une rencontre… Entre mise en texte du social et entrecroisement fictionnel de destinées diverses, comment Balzac parvient-il à créer l’intrigue ?

I.  Mise en texte du social

                                    

1. Les rues de Paris

            Balzac, que l’on sait passionné du lumineux comme en témoigne le champ sémantique « le matin, neuve, personnes du grand monde, riche, voiture, lueur », commence sur plusieurs antinomies. D’emblée le lecteur est projeté dans un tout autre univers que celui connu du « grand monde » fastueux. L’on découvre un Paris indéniablement sale « rien de neuf, maison a une allée sombre, humide et puante, marécages parisiens, rue n’avait pas un mur qui ne répétât un mot infâme ».

Là où tout se termine, avec le champ sémantique suivant « extrémités de Paris, quitter, fin de rues, au fond de la rue » commence pourtant l’histoire : une histoire de femme(s)…

2. Un défilé de femmes clandestines

C’est le théâtre qui commence « déguisé, défilés du pays parisien », le narrateur épouse la vie qu’il côtoie dans les rues, il y a comme une naturalisation d’un univers à découvir. On y rencontre comme un cliché, tous les types de femmes du grand monde sont représentés « riche, ayant voiture, à pied ou déguisée, honnête femme, jeune, jolie » qui parallèlement se retrouvent dans un lieu où elles ne devraient être. Une sorte de seconde vue permet de deviner la vérité dans toutes les situations possibles lorsque les « deux mondes » se croisent…

3. L’apparence d’une véritable démonstration

            La conjonction « si » en introduction à une protase hypothétique est répétée à 8 reprises.  L’exposition des conditions et des différentes situations s’y adapte  à la limite du syllogisme, le lecteur est convaincu, de toute évidence toutes les possibilités ont été imaginées, il n’y a plus qu’à obtempérer. On remarquera l’absence de l’habituel « alors » ponctuant le « si », devenu inutile par l’implacabilité du raisonnement.

            L’utilisation du présent gnomique vient confirmer cette idée. Ce n’est pas comme si Balzac avait écrit au passé en parlant de plusieurs femmes.

            Les adverbes « mais, enfin, malheureusement » indiquent une sorte de hiérarchie comme un fil de Marianne. Dès les premières lignes, le lecteur est « pris en mains » par ces formes invariables auxquelles il peut se rattacher pour ne pas s’égarer dans le récit.

Transition : Typique du roman balzacien, après une copieuse phase de préparation formée de phrases longues, l’exposition minutieuse laisse place à l’intrigue.

II. Un horizon d’attente

1. La lancement de l’intrigue

          

Le style hypotaxique devient parataxe avec une accumulation de phrases juxtaposées « les sens s’émeuvent alors… ».  De l’abondance d’adjectifs typiques d’un désir descriptif, l’on est précipité dans une avalanche de verbes d’action marquant un véritable dynamisme, « tourner à pied, marcher, bondit, passer, promener, se rencontrer, suivre, lancer, se hâter, revenir, monter ». On constate ainsi une relance continuelle de l’attention du lecteur qui est invité à suivre l’action mais aussi les déambulations des personnages entre démarche pressée de l’inconnue « une femme impatiente » et celle de l’officier qui « marchait fort insoucieusement ».

De plus, les temps évoluent, du présent de vérité général l’on bascule dans le récit fictionnel avec de nombreux verbes à l’imparfait, et enfin le passé simple scelle comme le pacte de lancement du suspens.

L’on passe du général au particulier, laissant mûrir la réflexion sur le cas du rapport des femmes et du dramatique. Tout comme un entonnoir, les lieux et les personnages se précisent. De « Paris » l’on marche dans « des rues, ou des fins de rue » pour arriver à l’« une de ces rues » et enfin la « rue Pagevin ».  L’entrée en scène d’  « un jeune homme » qui devient « ce jeune homme » jusqu’à sa présentation comme un « officier supérieur de cavalerie ». De « certaines maisons » à « une femme » quelconque. Puis « des femmes » en général jusqu’à « la femme ». Il est à noter que l’article indéfini gagne en précision en devenant article défini.          

2. L’observateur

            Le rapport avec le lecteur est immédiat, d’entrée Balzac l’interpelle par une interrogation rhétorique «  à qui n’est-il pas arrivé […] ? », il le prend à partie, « ceux-là sauront ». Le lecteur est incité à réfléchir à des questions pouvant frôler l’existentialisme, « Mais qui peut se flatter d’être jamais compris ? ». On constate une évolution dans les pronoms qui d’impersonnels en viennent à impliquer l’auteur et le lecteur même, n’en faisant qu’un groupe uni « nous mourrons tous inconnus ».

            On remarquera à trois fois l’insistance sur l’ « observation ». En effet la focalisation du texte change. Dans le premier paragraphe, elle est externe, d’où cet « observateur » puis interne dans le second où l’on s’immisce jusque dans les pensées de l’officier « impatiente de quoi ? se dit le jeune homme. ».

            Mais le romancier de génie n’est pas seulement un observateur, il pénètre la réalité par l’imagination donnant forme vivante à ses pensées…

3. Mise en œuvre théâtrale

La ville de Paris est vue comme un théâtre où l’on se trouverait de l’autre côté de la scène « il est certaines maisons, inconnues pour la plupart aux personnes du grand monde ». D’où une grande place pour le mystère « déguisée ». Entre mystère et peur il n’y a qu’un pas, que Balzac franchit aisément, en n’hésitant pas à user d’adjectifs axiologiques et d’hyperboles « épouvantables, horrible, effroyablement terrible ». L’on se croirait retourné dans les contes de princesses et de sorcières avec « cette femme et jeune et jolie » qui croise cet « horrible visage de femme aux doigts décharnés ». L’accumulation d’adjectifs augmente le trouble jusqu’à devenir angoissant « allée longue, sombre, humide et puante »

            Balzac use de l’inversion du sujet pour tenir en haleine « si au fond de l’allée tremblote…la lueur pâle d’une lampe »

            Un aperçu du dramatique, en trois lignes, le mot « drame » est répété cinq fois. On imagine aisément, en cette ville parisienne, un drame mondain ou romantique, un crime passionnel « un drame plein de sang et d’amour »…

Transition : Le thème des femmes ravivé par celui du drame se situant en fin de paragraphe semble comme la prémisse d’un prétendu de crise, de violentes passions à venir, ou tout du moins de situations périlleuses...

III. Entrecroisement de destinées diverses

1. Le hasard

            Le schème du hasard est par plusieurs fois présent, apparaissant comme une porte d’entrée de la fiction « par un de ces hasards qui n’arrive pas deux fois dans la vie », il existe un « hasard social » qui veut que l’on naisse, dans une vision assez manichéenne, riche ou pauvre et le « hasard d’une rencontre »…

            Ce récit diptyque semble construit sur un réseau d’antagonisme social.  On retrouve souvent chez Balzac une esthétique socio poétique où se croisent les différentes « classes ». D’une part il y a cette femme du « grand monde », « bourgeoise, élégante, riche, châle du matin, chapeau de velours du matin, madame» et d’autre part ce jeune homme, « officier de la garde royale, officier supérieur de la cavalerie ». On verra ici le désir balzacien de peindre dans son intégralité et non dans sa singularité les mœurs parisiennes. 

Croisée des classes mais aussi croisée des mondes, le contraste est fort avec la présence incongrue « Elle, dans cette crotte, à cette heure ! », d’une femme bourgeoise avançant « d’un pied criminellement furtif » en un lieu où elle ne devrait pas décemment être.

2. Le motif amoureux

Comme Balzac l’écrivit lui-même dans la préface de La peau de chagrin, « il ne s’agit pas seulement de voir, il faut encore […] empreindre ces impressions dans un certain choix de mots et les parer de toute la grâce des images ou leur communiquer le vif des sensations primordiales. ». La « vraie passion de cet officier » se dépeint au travers un champ lexical très fourni de l’amour passionnel, « délicieux, en secret passionnément amoureux, cœur bondit, chaleur, frémissement, il aimait, amour, romanesque, mœurs amoureuses, cœur brûlant ». Balzac n’hésite pas à user de chaînes anaphoriques «amours platoniques […], amour aussi haut […], amour prodigue » ainsi que de déterminatifs portant les marques de l’emphase « La femme». D’autre part la pureté du sentiment est mise en exergue frôlant la redondance  « était vertueuse, grâce, imposante sainteté, digne »

            Le portrait élogieux de la femme aimée est peint par le champ lexical du laudatif « chaste et délicieuse personne, femme élégante, riche, jeune et jolie, vertueuse, grâce décente, imposante sainteté, digne d’inspirer un de ces amours, taille jeune et voluptueuse, son corps s’embellit, chaste démarche, délicieux contours du buste, comme une étoile ». Cette femme n’est plus femme, elle est plus que femme comme le montre la gradation « ce n’est plus une femme, c’est un démon, un feu follet » et la comparaison « elle file comme une étoile » . A cela s’ajoute une profusion d’hyperboles « la plus jolie femme de Paris, plus chers trésors, beautés des formes les plus attrayantes».

            Face à cet imposant tableau de charmes quasi divins où tout semble immensément beau, femme ou nature-même de la passion, Balzac, au moyen de l’antéposition d’adjectifs axiologiques « la jolie femme », « ce jeune homme » ajoute du réalisme à la situation en lui donnant une valeur plus affective donc plus accessible.

3. Le roman noir

La présence d’un officier qui « marchait fort insoucieusement », met en exergue l’énigme de la situation, cet officier est « jeune » (…et fou ?), il ignore la situation dans laquelle il va s’engager à son insu. Il a vu cette femme honorable et soupçonne une infamie possible quand à sa présence en ce lieu. Le lecteur, par la focalisation interne, devient un peu cet homme insouciant, il ne sait pas dans quoi il s’est engagé en lisant cet extrait… sauf à devoir poursuivre sa lecture. L’identification est d’autant plus aisée que les noms propres, qui pourraient personnaliser l’incipit, brillent par leur absence.

Lorsque Balzac nous quitte, le suspens est au plus haut entre        un jeune homme, passionnément amoureux d’une femme mariée et la jolie femme, mariée pourtant, se retrouvant seule à une heure indue dans la rue jusqu’à disparaître dans un escalier tortueux…

En ce sens Ferragus est digne du roman noir revenu à la mode au XIXème siècle, prémisse du roman policier, l’extrait s’achève sur un regard avec « l’attention d’un agent de police cherchant son conspirateur »…

Conclusion

            En conclusion, Balzac tient promesse avec cet incipit de Ferragus.  Il offre à son lecteur un tableau qu’il souhaite exhaustif des rues inconnues parisiennes et de leurs vies clandestines. Par-delà les pas pressés d’une femme dissimulée sous un châle, Paris perd de son brillant au profit d’un obscur mystère, hôte probable du couple passion et drame…

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dimanche 1 novembre 2009

Rondeau III, Au même baigneur, quand il s'en va,

Rondeau III,

Au même baigneur, quand il s’en va,

000

De ton absence me vient tout mon tracas

Mes yeux s’embuent, je ne sais, je me noie,

En suivant tes pas qui s’éloignent trop tôt,

Me laissant combattre ô bien des maux

D’absurde, de solitude, quand tu t’en vas.

000

Je voudrais te prier de rester là

Juste quelques instants encore près de moi

Juste quelques longueurs, je souffre bien trop

De ton absence

000

De tous ces frissons que tu animas

Chacun lentement parcouru mes bras

Car quand tu t’en vas glacée est cette eau

D’avoir perdu des soleils le plus beau

Et elle comme moi faisons un très grand cas

De ton absence.

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