ღ♥ Mon aire de repos ღ♥

André Gide: "Le plus grand bonheur après qu'Aimer est de confesser son Amour..."... pour sa passion. Mon aire de repos : un temps de pause, des pensées, des écrits (scolaires ou non), du ciné, des livres… I’m lovin’ it !

mercredi 28 octobre 2009

Rondeau II, Au même baigneur,

The_Love_Letter

Rondeau II

Au même baigneur,

000

Tant est subtil qu’au grand jamais je n’ose

Défendre auprès de toi ma noble cause

Noble cause ? Enclos où mon être est pris !

Car de toi tout entier il s’est épris,

Toi qui chaque jour à ma pensée s’impose.

000

O j’aimerais que mon cœur se propose

A s’ouvrir, comme au printemps une rose,

Teinte sous la rosée de mille fééries

Tant est subtil.

000

J’aimerais te parler en toute prose,

Que pour toi mes mots soient des virtuoses,

De douces pensées sans prix,

Te dire que l’Amour tu me l’as appris

Te dire que dans tes bras, mon cœur repose

Tant est subtil.

Posté par MelanieLP à 22:02:00 - ღMღ. MES POEMES (ou semblant de) - Quelques mots? [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


jeudi 22 octobre 2009

Rondeau I, A un baigneur, quelques mots,

goutte_20d_eauRondeau I

A un baigneur, quelques mots,

000

Tant seulement de toi je suis accro

Au cœur de moi, toujours brille ton flambeau

Loin de toi chaque jour me semble carême,

Loin de toi, désert et vie de bohème

Et, en mon sein, de ce feu le berceau.

000

O toi inconnu ôte ce rideau

De mystères, sois joyeux, bavard et beau,

Sois mon extrême, mon suprême, mon poème

Tant seulement.

000

Je ne suis que glace ou sucre en morceau,

Je ne suis que fragile, je fonds dans l’eau,

Par ta seule présence, ô toi que j’aime.

Accorde-moi ta peau, je serai crème,

Et hors de l’eau, tu seras le gâteau

Tant seulement.

            Petit exercice de jeunesse en deux rimes, pas les plus riches, destiné à illustrer le rondeau et à adorer quelqu’un. Aucune prétention de belle écriture, aucune concurrence avec Clément Marot.

            Amis du soir, curieux de rondeau, je vous le peins en quelques mots. Remarquez la forme générale ronde du poème, « après avoir discouru toute la circonférence », on retourne toujours au premier point duquel le « discours » avait commencé. En terme littéraire, cela s’appelle un « rentrement ». Pour un rondeau en décasyllabe (noble), comme c’est le cas ici, ce rentrement sera de quatre syllabes : « tant seulement ». Ce rentrement, aux dires de Thomas Sébillet entraîne plus de vivacité et de grâce mais aussi un phénomène de suspens dilatatoire (ou tout du moins il s’y essaie). Effet de suspension repris, de facto, à trois fois. Il est de coutume de dire que ce type de rondeau est composé d’un quintil  (rimes aabba), d’un tercet (rimes aab) et d’un autre quintil. Comme votre œil d’aigle l’aura relevé, on ne tient pas compte du rentrement.

            De manière plus fantaisiste, vous ressentirez la rime en [èm] (que je n’arrive pas  à retranscrire en phonétique) comme rappelant constamment le « aime », vous vous arrêterez sur l’anaphore, l’insistance sur l’eau, l’attente de l’auteure, les apostrophes et ô combien d’autres choses joyeuses.

            Méfiez-vous d’une chose cependant, déjà au temps de Clément Marot (XVIème siècle), ce type d’écrit était considéré comme de la vieille école… Je vous laisse imaginer aujourd’hui… Il vaut donc mieux qu’il y ait un site internet permettant la diffusion de ce genre d’âneries, cela évite d’avoir l’air bête en face du ô feu ténébreux…

            Pour ce qui est du reste, et bien… c’est à lire ^^.

Posté par MelanieLP à 21:24:00 - ღMღ. MES POEMES (ou semblant de) - Quelques mots? [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 6 octobre 2009

Commentaire éclair sur Le maître de Garamond, d’Anne CUNEO,

gothique         L’intérêt de mêler histoire et roman ? On découvre un personnage historique que l’on ne connaissait pas (ce qui ne nous rendait pas ignare pour autant mais passons). Ce personnage, on apprend à l’aimer, l’on y parvient, ça y est, on l’aime, comme un ami, comme un frère, comme un mari épousé un beau dimanche à Poitiers… Il faut bien reconnaître que l’on a tout le temps d’en apprécier la compagnie et de se familiariser avec le personnage aux vues du nombre d’heures passées avec le bouquin entre les mains… L’auteur, bien souvent très habile de ses mains et de ses pensées, crée aisément une dépendance, ou tout comme, de sorte que l’on ne trouve plus l’oxygène, le vrai, que dans ces douces pages, de sorte que l’on en viendrait à regretter de n’être pas d’un siècle aussi démuni que le XVI ème, de sorte que l’on ait en horreur le fait de n’avoir étudié à l’école ni le latin ni le grec… Et là, bam, c’est le drame : IL meurt. LUI. Sur un bûcher. Et nous, lecteurs, on se retrouve abandonné dans un état allant d’une solitude que l’on ne peut partager à l’effondrement le plus profond. Comme si d’une mort ne suffisait pas, la vraie mort, celle de celui dont on n’avait jamais entendu parler avant d’ouvrir ce livre (et dont, de facto, on se foutait), il faut qu’elle ressuscite sous nos yeux. « Maître Antoine Augereau, mort deux fois, en exclusivité  pour vous lecteurs ce soir… ». Vrai que de nos jours nous sommes tellement épanouis dans notre quotidien que l’on peut se permettre ce duplicata…  Au final, l’on souffre encore plus du sentiment d’injustice que s’il n’y avait eu là que roman et chevalerie, et bien heureux notre siècle qui n’est pas en espérance d’une Révolution… Je serais déjà dans la rue, le poing brandi… A moins que je ne fus déjà en feu sur un dernier bûcher commun avec le chevalier de Berquin… Et ce genre de réjouissance ne pouvant arriver seule, l'on finit de vous désarmer... Comment? Assez simplement... le livre s'achève. Ces douces heures passées cramponné à votre recueil ne sont plus qu'un cuisant souvenir, vous avez désormais tout votre temps voire plus que nécessaire pour pleurer tant de pertes... Joyeux.

         Ciel, ciel, que d’émotion ne serait-ce que de taper ceci sur un clavier… Aviez-vous déjà remarqué que chaque lettre dactylographiée avait une petite voûte sous la plante ? Un empattement avec une légère courbure, pratiquement imperceptible, mais qui rend la lecture plus douce au regard ? N’est-ce pas magnifique ?

         Ah, avant que l'idée ne parte aussi vite qu'elle m'est venue je voudrais encore signaler quelque chose. J'ai très souvent préféré la plume masculine à la féminine. Pas cette fois. Je m'explique. Nous sommes au milieu de XVI ème siècle au moment de l'histoire, les femmes présentes dans le roman sont toujours d'une douce sagesse, d'un grand esprit et offrent à leurs maris tout l'amour dont on peut rêver... Vous pensez réellement qu'un auteur HOMME aurait mis tant de délicatesse dans la représentation féminine? Non, non, surtout en ce siècle (rgardez la mysoginie de Voltaire par exemple, et cela deux siècles après !...). Non, non, franchement, il nous fallait UNE auteur(e)! Merci à elle.

Posté par MelanieLP à 21:42:00 - ღ0ღ. LETTRES MODERNES - Quelques mots? [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 3 octobre 2009

Mozart, l’Opéra Rock

Pourquoi une rubrique réservée à Mozart, L’Opéra Rock ? Parce que voilà la plus profonde révérence que je puisse faire ici pour montrer ô comme j’idolâtre ces joyaux là! Il faut bien reconnaître que l’impétuosité et l’impertinence de Wolfgang Amadeus est saisissante. « Il leur fallait quelqu’un d’un peu taré » comme l’a gentiment précisé Mikelangelo Loconte, son interprète.

Le chef-d’œuvre de cette troupe c’est sa divine musique aux notes parfois scintillantes parfois sibyllines, ses timbres ensorcelant, ses sublimes figures où se côtoient corsets et jupons, satin et velours, escarpins et plis Watteau, vestes de brocard et jabots blancs… Tout y est exquis.

Le trait noir ne souligne pas seulement le regard de Mikelangelo, il est le cœur devenu visible de la déception, de l’austérité, du génie non reconnu… Le voilà notre homme fatal, notre héros romantique… Mozart s’éteindra seul et démuni en 1791, à l’aube (ou crépuscule ?) de la période romantique…

Je serais tentée, par pure provocation de dire : Amen.

mikelangelo

 

Posté par MelanieLP à 15:12:00 - ღUღ. MOZART, L'OPERA ROCK - Quelques mots? [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 2 octobre 2009

Extrait de René [Chateaubriand] : commentaire de texte

Photo_034

TEXTE

« On m'accuse d'avoir des goûts inconstants; de ne pouvoir jouir longtemps de la même chimère, d'être la proie d'une imagination qui se hâte d'arriver au fond de mes plaisirs, comme si elle était accablée de leur durée on m'accuse de passer toujours le but que je puis atteindre: hélas! je cherche seulement un bien inconnu, dont l'instinct me poursuit. Est‑ce ma faute, si je trouve par tout des bornes, si ce qui est fini n'a pour moi aucune valeur? Cependant je sens que j'aime la monotonie des sentiments de la vie, et si j'avais encore la folie de croire au bonheur, je le chercherais dans l'habitude.

La solitude absolue, le spectacle de la nature, me plongèrent bientôt dans un  état presque impossible à décrire. Sans parents, sans amis, pour ainsi dire seul sur la terre, n'ayant point encore aimé, j'étais accablé d'une surabondance de vie. Quelquefois je rougissais subitement, et je sentais couler dans mon cœur comme des ruisseaux d'une lave ardente; quelquefois je poussais des cris involontaires, et la nuit était également troublée de mes songes et de mes veilles. Il me manquait quelque chose pour remplir l'abîme de mon existence : je descendais dans la vallée, je m’élevais sur la montagne, appelant de toute la force de mes désirs l’idéal objet d’une flamme future ; je l’embrassais dans les vents ; je croyais l’entendre dans les gémissements du fleuve ; tout était ce fantôme imaginaire, et les astres dans les cieux, et le principe même de vie dans l’univers. »

Attention ! Ce qui suit n’est qu’une aide pour rédiger un éventuel commentaire. Les grandes idées sont là mais vous êtes vivement encouragés à “broder” autour (et à en trouver d’autres)... Pensez cependant à ménager les transitions. Naturellement votre problématique peut être différente...

INTRODUCTION

-         par Chateaubriand

-         publication en 1802, tout début du XIXème siècle

-         suite d’Atala

-         situation géographique, paysages du Nouveau Monde, tribu de Chactas

-         récit introspectif à la 1ère personne (Attention ! Il semblerait que l’on ait souvent tendance à omettre ce qui nous semble le plus logique : c’est un roman ? dites-le ! une pièce de théâtre ? dites-le ! Pensez au genre !)

PROBLEMATIQUE

        En quoi la description du mal-être et l’extrême sensibilité de René font de ce personnage un héros romantique ?

ou

En quoi les incertitudes de René font de ce personnage un héros romantique ?

ð     Annonce du plan

PLAN

Rq : Bien penser à introduire dans votre commentaire des remarques sur les figures de style, la mise en forme, les changements de temps, de voix... Certes ça ne parait pas toujours d’un intérêt déboussolant mais c’est indispensable ! Ainsi vous montrez que non seulement le texte a été compris mais qu’en plus vous savez vous resservir des outils gentiment donnés par votre professeur (adoré).

I. Une manifestation d’un mal-être moral et physique

1. mal-être moral

=> champ lexical de l’accusation, de la faute « on m’accuse, est-ce ma faute ?, accablé, un état presque impossible à décrire » / champ sémantique de la confusion, René est perdu dans le néant « l’abîme de mon existence »

2. mal-être physique

=> champ lexical de la sensation d’enfermement « proie, instinct me poursuit, fond, borne» / un comportement impulsif quasi bestial « instinct, cris involontaires » / embarras visible, physique « je rougissais subitement»

        II. La douleur d’un état mais aussi ses attraits

1. douleur

=> la négation « ne pouvoir jouir, aucune valeur, n’ayant point encore aimé »  / répétition de la préposition « sans » / interjection « hélas » / souffrance « cris, gémissements, folie, nuit troublée »

2. attraits

=> le bonheur dans la monotonie (cf. vie monastique qui tenta l’auteur comme René) / « une surabondance de vie », René ressent le besoin de s’abandonner dans ses passions (et les passions font vivre…) / une allusion à l’amour, source d’espoir « désirs, flamme, jouir, embrassais, gémissements »

Rq : Contrairement à d’autres héros romantiques comme Oberman de Senancour, René n’est pas si désespéré, au contraire il semblerait tirer quelque satisfaction à sa souffrance qui lui donne une grande imagination et qui confirme sa grandeur d’âme « une grande âme doit contenir plus de douleur qu’une petite »… Et, à la différence du Werther de Goethe, comme l’a dit Ste Beuve pas très gentiment « on sent en le lisant qu’il guérira, ou du moins qu’il se distraira »…

III. Traits essentiels du héros romantique

1. inconstance

=> René, homme de contrastes « goûts inconstants », des plaisirs éphémères / parallélisme de construction « je descendais dans la vallée, je m’élevais dans la montagne » / adverbe « cependant » qui indique plusieurs penchants

2. imagination fertile

=> « chimère », « idéal » / un rapprochement à la nature « vallée, montagne » qui porte à écrire, l’imagination gambade, la poétique des paysages (cf. le 1er romantisme) / abondance des « , » , des « ; » qui font des phrases longues, le lecteur se trouve noyé par un flot d’images à l’image des pensées de René

3. solitude

=> un portrait spirituel et moral à la 1ère personne « m’, je, ma » / une solitude hypertrophiée « sans parents, sans amis, pour ainsi dire seul sur la terre » / remarquer l’absence d’autres personnages pouvant troubler l’introspection du bonhomme / typique du romantisme, un homme sans attache humaine qui n’a de complicité qu’avec l’immense nature, petit René monté sur la haute montagne

4. sentiment d’incomplétude

=> « appelant l’idéal objet d’une flamme future », « manquait », « la folie de croire » / un besoin d’infini « univers, les astres dans les cieux » comme s’il existait un néant des choses terrestres (une quête impossible ?)

CONCLUSION

Une certaine jouissance du personnage à l’analyse de son propre ennui (après tout, c’est son droit). Remarquer les traits communs avec l’auteur, cf. François-René Chateaubriand (le mal de René et « le mal du siècle » de Chateaubriand. Reprendre en une phrase les grands traits du romantique du XIXème. Eventuellement ouvrir intelligemment sur un autre héros du même genre (?)

Posté par MelanieLP à 15:46:00 - ღ0ღ. LETTRES MODERNES - Quelques mots? [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1