dimanche 17 juin 2007
Angel, François Ozon.
Chers amis, chers frères internautes… Il est vrai qu’un retard quant aux mises à jours est fort visible ici… Mais réjouissons-nous, voilà que le bac est terminé. Et comme l’a dit une amie à qui je tiens beaucoup (tu vois l’idée MA Gaby), maintenant que l’éducation du corps a été réalisée grâce aux sciences, nous avons tout le loisir de s’enrichir l’esprit d’effluves littéraires…
Sorti mi-mars 2007… patienter jusqu’à ce lundi 4 juin pour le voir débarquer sur nos écrans de montagnes reculées. Mais ce n’est que trois frêles mois dirons-nous, et puis, de nos jours le romantisme intéresse tant que la salle était si bondée qu’il a presque fallu se battre…avec les sièges (sur moi ! sur moi ! pas lui !)… Bref, Angel, de François Ozon…
Comme il se dit dans le langage novice typique de l’adolescence, « la pure classe » fut que le film soit en VO. Mmmm, succulentes voix anglaises qui n’auraient pu être dépeintes en français (malgré les efforts). J’aime l’anglais (pas seulement en raison de l’excellent bac littéraire qui nous a été proposé en tant que scientifiques). Pas autant que le français, peut-être car il m’arrive de perdre mes mots, mais je le trouve charmant. L’anglais mais aussi les anglais au sens masculin du terme, je n’ai jamais rien eu contre le prince William, le parti est à considérer. Mais que dis-je ? Pas de partis pris dans l’Amour ! Nah ! Voilà que je perds le fil, boucles blondes, yeux bleus, et look point-frenchy, reculez, je m’apprêtais à causer Lettres là.
L’histoire. Situez-vous, Angleterre, début des années 1900. Une épicerie piteuse mais chérie. Deux femmes. L’une est la mère, l’autre la fille. La première travaille avec alacrité à subsister, l’autre est fleur bleue et c’est bien le cas de le dire. (Pour de plus amples informations, se référer à La Cigale et la Fourmi, de ce sardonique de La Fontaine). Angel Deverell ne vit que par et pour le romantisme, n’aspire qu’à écrire et puise chacune de ses inspirations dans les mots… de son cru. Persuadée de son talent, elle ne doute pas que le roman qu’elle rédige sera un chef d’œuvre qui la fera enfin exister aux yeux du monde. Dernier mot déposé sur papier, elle envoie son trésor. Les mois passent puis elle reçoit un courrier de l’éditeur la conviant à Londres. Tadam, Angel la exigeante déboule et se montre outrée lorsque le sieur éditeur lui réclame quelques modifications, la demoiselle ayant la plume bien libre. Hautaine, elle sort mais bien vite il la retrouve (ces moments où un homme court après une femme ont toujours eu un côté sublime à mes yeux). Et la petite Angel devient Angel la snobe, un écrivain prodige à l’ascension fulgurante. Un soir, lors de la promotion de son premier livre, elle fait la connaissance d’Esmé, peintre déchu dont la vision de l’Art est dépréciée. Il peint du sombre, de la fumée, une Londres engluée dans un univers fuligineux. Dans un élan sentimental elle le prie de faire un portrait d’elle. Mauvais peintre aux yeux du monde (l’expression me dérange car le beau est subjectif), il est cependant très bon coureur de jupons. Le temps passe, le portrait s’achève. « Something misses… Is it love ? » lui demandera innocemment Esmé… Le mariage… Le simulacre de bonheur…
Seulement, le film n’a débuté que depuis une demi-heure et dure 2 heures et 14 minutes… La chute aura donc tout son temps… Moment d’hésitation intense de ma part… Faut-il partir afin de conserver cette image de doux bonheur ? Choisir de perdurer dans l’illusion… Non, c’est en voyant tomber les autres que l’on apprend comme l’on le dit dans notre langage rapace de bacheliers… Alors, je suis restée (faut dire aussi que sinon, tu serais parti fumer et ce n’est pas bon pour ta santé très cher). Bref, alors, on assiste lentement à la décadence, la déchéance, le délabrement du corps et de l’esprit. On quitte notre siège sur un monceau de ruines dont on ne peut s’empêcher cependant d’admirer la beauté.
Rencontre
Un écrivain faisant la promotion de son livre... De la poésie... Il me le tend, je le parcours et lui s'écrit: "Mon Dieu, on lit votre passion pour la littérature sur votre visage!"... Mmmm...









