ღ♥ Mon aire de repos ღ♥

André Gide: Le plus grand bonheur après qu'Aimer est de confesser son Amour...... pour sa passion. Mon aire de repos : un temps de pause, des pensées, des écrits (scolaires ou non), du ciné, des livres… I’m lovin’ it !

mardi 27 mars 2007

L’écume des jours, Boris Vian

       l__cume_des_jours

Comme il me l’a été vivement conseillé, je suis partie à la découverte du roman L’Ecume des jours de Boris Vian. Il m’a semblé que ce doit être une œuvre qu’il peut être intéressant d’étudier dans le cadre scolaire, alors, petite mise en garde, il n’y aura dans cet article que quelques idées, des impressions, et en aucun cas de quoi rédiger un quelconque commentaire littéraire…

            Le début est léger et burlesque à souhait, lors des premières pages l’on retient difficilement son fou rire, puis au bout du moment, c’est un grand éclat de rire trop longtemps retenu qui surgit, à la grande incompréhension des gens qui vous entourent… Voici un petit conseil, si l’idée vous dit de l’aborder, alors commencez le chez vous, seul et après… et bien restez chez vous, vous ne serez pas d’une humeur à vous afficher en société, besoin de calme pour réfléchir oblige…

Bref, Boris Vian, s’il vous est inconnu vous paraitra comme le comique de son temps… Voici quelques lignes pour étayer cette idée. Savourez, la suite est moins gaie.

« La porte claqua derrière lui avec le bruit d’une main une sur une fesse nue… Ça  le fit tressaillir…

- Je veux penser à autre chose… Supposons que je me casse la gueule dans l’escalier… »

[…] « La porte extérieure se referma sur lui avec un bruit de baiser sur une épaule nue… »

« Et puis il toussa, car il s’était, par malheur, rencontré avec un piquant de hérisson dissimulé dans le gâteau… »

« Les frères Desmaret s’habillaient pour la noce. Ils étaient très souvent invités comme pédérastes d’honneur car ils présentaient bien. […] Ils avaient embrassé la carrière de pédérastes par nécessité et par goût, mais, comme on les payait bien pour être pédérastes d’honneur, ils ne travaillaient presque plus, et malheureusement, cette oisiveté funeste les poussait au vice de temps à autre. C’est ainsi que, la veille, Coriolan s’était mal conduit avec une fille. […] Ils avaient des culottes spéciales, à braguettes e, arrière, difficile à fermer tout seul. »

Lors du mariage de Colin et Chloé :

«  Devant Colin, accroché à la paroi, on voyait Jésus Christ sur une grande croix noire. Il paraissait heureux d’avoir été invité et regardait tout cela avec intérêt. »

Lors de l’arrivé de « Jean-Sol Partre » :

« Nombreux étaient les cas d’évanouissement dus à l’exaltation intra-utérine qui s’emparait particulièrement du public féminin… »

« Heureusement, la totalité du plafond s’abattit dans la salle, évitant à Isis de donner des détails. »

Chez le « pharmacien » :

« Derrière Chick et Colin, s’étendait une vaste fresque représentant le marchand de remèdes en train de forniquer avec sa mère, dans le costume de César Borgia aux courses. »

« Le libraire fumait le calumet de paix, assis sur les œuvres complètes de Jules Romains qui les a conçues pour cet usage. »

Mais qui commettrait l’affront de rédiger un roman où comme le dirait Leibniz « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes »… à part quelques boutons sur le nez ? Personne… Et Boris Vian n’échappe pas à la règle. Colin, son personnage principal, à qui tout destinait le bonheur, se marie avec Chloé. Nicolas, leur cuisinier que son uniforme métamorphose excelle dans la préparation de mets dont les appâts prêtent à sourire. Chick, ce passionné de Jean-Sole Partre trouve une autre âme à aimer en la personne d’Alise. Hélas, si un tel bonheur pouvait durer, nous ne nous serions pas remis en question une seule fois le long de ces 174 pages.

La vie sourit, le soleil les éclaire de ses rayons bienfaisants jusqu’au jour où la moitié de Colin attrape un « nénuphar ». Ce nénuphar grandit en elle et bouscule l’un de ses poumons en espérant bien se détacher de cet ennuyeux colocataire.  La pire chose qui pourrait arriver serait qu’il fleurisse. Pour éviter cela, un seul remède, Chloé doit vivre entourée de fleurs. Elle est bercée par ces délicats parfums mais souffre, lorsqu’elle approche une fleur pour la respirer, cette dernière se fane. Chloé est confinée dans sa chambre de noce, elle ne peut plus en sortir. Et avec elle, tout se meurt. Cet appartement, dans lequel elle vivait avec Colin rétrécit de jour en jour (au sens propre du terme), le plafond est de plus en plus bas, les murs se rapprochent, et même le soleil refuse d’entrer, si ce n’est par petits faisceaux qu’une souris vaillante offre à la jolie Chloé. « Le plus clair de mon temps, dit Colin, je le passe à l’obscurcir […] la lumière me gène. » Nicolas, le cuisinier vieillit de jour en jour dans une telle atmosphère, Colin n’a plus d’argent, fortune dépensée par amour dans l’achat des fleurs. De son côté, Chick, le meilleur ami de Colin, a choisi. Entre Alise et Jean-Sole Partre, il a choisi... Partre. De désespoir amoureux, Alise tue Jean-Sole Partre ainsi que tous les libraires qu’elle brûle avec leurs librairies, ayant ruiné sa vie ainsi que les économies de celui qu’elle aime. Colin, travaillant désormais dans l’annonce des morts futures voit son nom sur sa liste et comprend que Chloé va mourir. Chloé morte, lui aussi, moralement. Alise et Chick aussi. Il n’y a plus personne. Même la petite souris demande à un chat de la manger. L’auteur pousse même, ce que l’on pourrait appeler du cynisme, dans la chute du roman, en effet le chat refuse au départ, étant bien nourri, seul un réflexe pourrait lui permettre de commettre cet acte. Et c’est en ces mots que prend fin cette triste histoire « Elle ferma ses petits yeux noirs et replaça sa tête en position. Le chat laissa reposer avec précaution ses canines acérées sur le cou doux et gris. Les moustaches noires de la souris se mêlaient aux siennes. Il déroula sa queue touffue et la laissa trainer sur le trottoir. Il venait, en chantant, onze petites filles aveugles de l’orphelinat de Jules l’Apostolique. »

Même si l’humour demeure, malgré les efforts évidents réalisés par l’auteur, il est surpassé par une tragédie que l’on devine aussi rapidement que notre sourire oublie sa présence sur notre visage. La vie apparaît comme un drame. Et c’est un véritable concert de réflexions sur le travail, la religion (et la malhonnêteté), la maladie, la mort mais aussi l’amitié et l’amour. Alors lorsque l’on a reposé ce livre, on s’arrête quelques instants et l’on se dit que Boris Vian n’était pas humoriste à ses heures perdues mais philosophes à plein temps. Et je dis bravo, malgré le malaise que j’ai ressenti en le lisant.


Posté par MelanieBP à 20:47:00 - ღHღ. BIBLIOTHEQUE LITTERAIRE: PERLES et autres plaisirs - Commentaires [106] - Permalien [#]

Commentaires

    Réponse à SooùmM

    "On peut penser que Boris Vian a fait une métaphore sur le mot écume qui est cette mousse blanchâtre qui se forme à la surface d’un liquide que l’on agite, que l’on chauffe ou qui fermente. C’est tout ce qui reste des jours d’une vie, peut être l’amour que se sont portés les protagonistes. Le mot « écume » renvoie peut être aussi à la maison de Colin qui, en se rétrécissant se transforme en marécage. On peut imaginer que ce marécage peut également renvoyer à l’ambiance humide des bayous de la Louisiane, berceau du jazz que Boris Vian adore et dont la musique est omniprésente dans le roman."

    http://www.dissertationsgratuites.fr/dissertations/L-Ecume-Des-Jours-Boris-Vian/52452.html



    Bien à vous.

    Posté par Mélanie BP, samedi 19 novembre 2011 à 13:42:36
  • Besoin urgent d'aide

    J'ai une rédaction a faire ; le sujet est : inventer une suite dont le narrateurs est Colin après la mort de chloé , comment régit - il ?

    Posté par Margaux, jeudi 26 janvier 2012 à 20:40:07
  • DÉSESPÉRÉE

    J'ai un séminaire en littérature demain sur ce livre et je dois absolument répondre à cette question qui est pour moi assez complexe : '' Montrez comment chacun des personnages principaux est affecté par le passage du temps ''

    Merci beaucoup de prendre le temps de répondre aux questions :)

    Posté par Jowie, jeudi 1 mars 2012 à 06:27:49
  • J'aimerais savoir ce que represente la souris. Et aussi pourquoi ce livre est a la fois serieux et fantastique. Merci de votre aide

    Posté par AIDE, dimanche 11 mars 2012 à 14:35:48
  • Finalement quel est le couple "manqué"?

    Bonsoir, si l'on devait donner le couple "manqué", lequel serait-ce?

    Pour moi Colin suit Chloé jusqu'au bout alors que Alise et Chick se quittent d'une manière tragique.

    Posté par kagura, jeudi 3 mai 2012 à 01:56:36
  • Aidez moi.

    J'ai un travaille sur 3 axes d'études à faire, 1) la transformation progressive du paysage. ( les couleurs, les formes, les éléments, matières.) 2) Les 3 personnages, leurs rôle. 3) Le sens possible de ce texte. La critique du monde du travaille.
    C'est sur le chapitre XXIV (24). Biensur je dois faire une intro et c'est toujours là que je bloque le plus. Et je voudrais quelques idées pour m'aider.
    Merci.

    Posté par marie, mercredi 14 novembre 2012 à 21:21:16
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